Impossible de passer à côté de ce buzz. Avec son clip baptisé Kodaikanal Won’t, Sofia Ashraf a propulsé la cause d’employés d’une usine de thermomètres basée en Inde, qui souhaitent faire reconnaître leur empoisonnement au mercure. Décryptage.

Son combat : Unilever. Ses armes : la toile et le rap. En Inde, un clip de rap cherche à réveiller les consciences. La militante et rappeuse Sofia Ashraf a détourné la chanson Anaconda de Nicki Minaj afin de faire passer un message : elle y dénonce la pollution au mercure d’une ville au sud du pays et des habitants. Elle attribue ces méfaits à la multinationale Unilever (responsable des marques Dove, Carte d’Or, Ben & Jerry’s, Magnum, Lipton, Amora, etc.)

C’est un peu le combat de David contre Goliath. Mais la chanteuse a su attirer l’attention du grand public sur ce fait de santé publique en Inde. L’entreprise Unilever serait en effet responsable, via l’une de ses usines construisant des thermomètres, d’une contamination de Kodaikanal et de sa forêt environnementale il y a près de 14 ans maintenant.

Un scandale écologique et sanitaire qui aura valu à la société anglo-néerlandaise la fermeture de ce site. Mais Unilever a « omis » d’assainir la totalité du site et d’indemniser les victimes. Car selon les associations et activistes locaux, 45 personnes seraient décédées suite à l’incident industriel, sans compter les individus sujets à des malformations importantes. Qui plus est, l’entreprise n’a jamais prévenu les ouvriers des dangers du mercure pour leur santé et n’a donc pas entrepris de mesures de protection adéquates.

Face à l’ampleur qu’a pris le clip de Sofia Ashraf sur Youtube – visionné pour le moment plus de 2,5 millions de fois en l’espace de 2 semaines à peine – l’entreprise a réagi à deux reprises : à la fois par un communiqué et par un tweet du PDG, Paul Polman. « Nous travaillons activement pour trouver une solution à ‘Kodai’ et nous sommes déjà déterminés à résoudre ce problème. Nous avons besoin des autres et de faits, pas de fausses émotions », a ainsi taclé le chef de l’entreprise.

Cette secousse sur les réseaux sociaux a permis de faire décoller la pétition lancée par la plateforme citoyenne Jhatkaa. Pour l’heure, elle a atteint les 70 000 signatures.