Ce film relate le combat d’une mère qui souhaite que la justice soit rendue à sa fille.

Cela fait plusieurs mois que l’enquête sur la mort violente de sa fille piétine. Mildred Hayes, la mère de la victime, prend alors les choses en main. Elle décide d’afficher un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

Le film de Martin McDonagh a été récompensé lors de la dernière cérémonie des Oscars. En effet dans la nuit de dimanche 4 à lundi 5 mars 2018, Frances McDormand (Fargo) a reçu la prestigieuse statuette dorée en tant que meilleure actrice pour son rôle dans « Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance ». Le rôle qu’elle y interprète est celui de Mildred Hayes, une femme qui se bat pour que justice soit rendue à sa fille, violée et assassinée quelques mois plus tôt. Malgré cet horrible drame, Mildred Hayes n’est pas réduite au statut de mère abattue et affligée envers qui on aurait une grande empathie. Au contraire, elle se révèle odieuse, sadique et irresponsable à plusieurs moments du film. D’ailleurs, le combat de Mildred provoque au sein de la police, chargée d’enquêter sur cette affaire, un véritable raz de marée. Parmi les enquêteurs de police, on retrouve  Woody Harrelson (True Détective ou Hunger Games) mais aussi Sam Rockwell (Moon), qui a d’ailleurs été sacré meilleur acteur dans un second rôle. Il incarne un flic pourri, raciste et alcoolique sur le chemin de la rédemption.

 

L’influence des frères Coen n’est pas des moindres (au delà du fait que l’actrice principale soit mariée à l’un d’eux). A travers leurs films, les Coen n’ont cessé de retracer la face cachée de leur pays et de déformer le mythe du rêve américain. On retrouve ici les grandes lignes de leur cinéma, à savoir : des personnages atypiques oscillant entre les loosers avides, les imbéciles heureux ou des personnages fous, voire complètements improbables, tout cela dans un film à la fois drôle et noir. Martin McDonagh a eu cette facilité déroutante de passer lui aussi du drame social à la comédie cynique, en passant par le thriller sordide, tout en mêlant des instants de grâce et de douceur. « Three Billboards » se passe dans une Amérique où la police est encore fortement raciste et homophobe. Avec  l’héroïne qui s’empare de 3 panneaux publicitaires pour clamer sa colère et rappeler l’enquête inachevée sur le meurtre de sa fille, le réalisateur Martin McDonagh nous propose un film en 3 parties : la colère, la rédemption et la vengeance, et tout ceci avec une bonne dose d’humour et de sarcasme. Il y fait évoluer des personnages loufoques, décalés avec des caractères bien trempés.

Three Billboard nous fait passer du rire aux larmes pendant près de deux heures. Ce film à la fois sensible et drôle est un véritable ascenseur émotionnel.