« Vous ne savez pas ce que c’est de jouer à la maison. Moi, maintenant, oui »

Samedi soir 27 Janvier 2018, les Rabeats étaient en concert au Cirque Jules Verne, à Amiens. Ce groupe tribute aux Beatles a fait danser toutes les générations de leur ville natale sur le son rock des années 60.

Le groupe, déguisé comme sur la jaquette de l’album Sgt. Peppers Lonely Hearts Club Band

Leur histoire est somme toute classique : une bande de copains qui aiment la même musique, celle des Beatles. Ils se produisent d’abord dans les bars d’Amiens, au Nord de la France, sur les péniches du canal du quartier Saint-Leu, le quartier de la fête. Petit à petit, en plus du répertoire, ils empruntent aussi le look Beatles : coupes au bol, costumes affriolants, lunettes rondes… Même leur matériel reconstitue le son particulier des années Beatles (leurs amplis sont parfaitement conformes à ceux du groupe emblématique). De groupe amateur à professionnel, leur réputation de « tribute band » a même fini par dépasser les frontières d’Amiens.

En arrivant, devant le Cirque, l’étiquette « COMPLET » trônait fièrement sur l’affiche du concert. Ce-dernier s’est d’abord déroulé de façon très linéaire : comme l’annonçait leur publicité, ils ont commencé par le mythique album Sgt. Peppers Lonely Hearts Club Band, suivi de Magical Mystery Tour. Un orchestre symphonique était venu exprès de Belgique, pour recréer à merveille certaines des chansons !

Après un court entracte, feignant la fin du concert, les membres des Rabeats réapparaissent, vêtus non plus des costumes du Sergent Pepper, mais comme les Beatles de la Beatlemania. Les membres du groupe ont fait danser toutes les générations sur Help !, She Loves You, et surtout Twist and Shout. On notera l’excellente performance du batteur, qui a enflammé le public avec un solo exalté, avant de lancer ses baguettes dans la fosse.

Après ce solo, retour des confrères qui avaient momentanément disparu dans les coulisses, et pour cause. Les dernières minutes du concert sont marquées par un instant émotion du chanteur principal. Ce-dernier avait parlé en anglais durant tout le concert, jouant ainsi son rôle à la perfection. Mais il a touché l’assistance avec cette petite réplique en français, courte mais si intense.

« Vous ne savez pas ce que c’est de jouer à la maison. Moi, maintenant, oui »

La maison de ce groupe, ce n’est pas seulement Amiens, leur ville natale, ou les Beatles, leur groupe préféré. C’est les deux à la fois, comme ils l’ont vécu en cette soirée du 27 Janvier. Là, ils étaient vraiment chez eux.

Le concert se finit sur deux chansons de John Lennon. Happy Xmas (War is Over) a amené une chorale d’enfants à se produire sur scène. Applaudis chaudement, ils ont été très courageux de chanter devant autant de monde, et leur reprise fut précise et attendrissante.

Pour finir, Imagine a achevé de captiver la foule, et de la bouleverser. Les lumières de portable sont autant de petites étoiles, se balançant lentement de gauche à droite, pendant que tout le monde chante les paroles de la dernière musique du concert.

Les Rabeats ne nous font pas seulement danser au son des Beatles, ils nous émeuvent aussi, car ils reproduisent à la perfection une époque, qui n’est pas révolue. Le public se composait aussi bien de jeunes à peine sortis de l’adolescence que de personnes qui ont probablement déjà eu l’occasion de voir les Beatles en concert. La nostalgie est palpable, peu importe l’âge ou l’expérience, comme le prouve les plus de 30 minutes de rappel.

A la fin du concert, les musiciens nous annoncent qu’ils ont maintenant fini le répertoire des Beatles et qu’ils vont désormais s’intéresser aux chansons qui ont marqué le répertoire des ex-Beatles après la séparation du groupe en 1970. La fin du groupe rock phare des sixties ne signe donc pas celle des Rabeats, qu’on espère revoir très bientôt sur scène !

Remerciements à A. Lescob