On ne compte désormais plus les blogs life style qui regorgent de trucs et astuces, de remèdes grand-mère ou de tutos DIY qui invitent tout un chacun à repenser sa façon de consommer et d’envisager le « fait maison », qui jouissait jusqu’à encore récemment d’une image plutôt obsolète, comme une nouvelle façon de vivre. Certains y voient une façon de repenser et d’améliorer leur impact sur le monde, tandis que d’autres y voient une façon de laisser fleurir leur créativité et de s’amuser. Au final, chacun peut y trouver son compte : cuisine, décoration, bricolage, jardinage… Il y en a pour tous les goûts. Je vous propose ici de parler couture et tricot.

« La couture, la broderie, le tricot… c’est des trucs de grand-mère »

Il est vrai que dans l’imaginaire commun, ce type d’activité manuelle est souvent associé à un temps révolu où elles étaient encore apprises à l’école. De plus, la couture était enseignée aux jeunes filles qui étaient alors considérées comme des ménagères en devenir. Vision donc très sexiste et réductrice de la femme qui n’est plus vraiment acceptable de nos jours. Il n’empêche que maintenant, faire un ourlet ou recoudre un bouton paraît être une épreuve insurmontable digne de l’ascension du Mont Everest (et on finit par demander à maman ou mamie de le faire pour nous). Nous sommes en outre confrontés aujourd’hui à un phénomène appelé fast fashion, qui est une « expression anglo-saxonne utilisée pour désigner le renouvellement, le plus rapide possible, des collections d’articles de la mode vestimentaire. Le fast fashion concerne le plus souvent des produits à prix peu élevés et qui ne sont pas destinés à être conservés d’une saison sur l’autre par l’acheteur. » Donc à quoi bon s’amuser à réparer un vêtement s’il suffit juste d’en acheter un nouveau pas cher et de se débarrasser de l’ancien ?

Et si l’on repensait sa façon de consommer ?

Il y a des choses auxquelles on ne pense pas forcément lorsque l’on achète des produits issus de l’industrie du textile. Comme l’explique très bien cet article (que je vous invite à lire pour des informations plus complètes), près de la moitié de la production textile mondiale utilise du coton, qui est la culture la plus polluante au monde. Et les autres étapes de fabrication d’un vêtement, dont la teinture, ne sont pas moins innocentes. Le tout entraîne de ce fait la pollution des eaux, des nappes phréatiques, des effets nocifs sur la santé des ouvriers… Il est aussi important de noter que la main d’œuvre des pays producteurs de vêtements (comme le Bengladesh) se compose pour une grande partie d’enfants parfois très jeunes, qui travaillent dans des conditions inhumaines pour un salaire pire que dérisoire. Si vous voulez en savoir plus sur le sujet, voici un photo reportage  de Jules Toulet sur l’industrie du textile au Bengladesh. Toutes ces raisons posent donc des problèmes éthiques et environnementaux qui nous invitent à changer petit à petit nos habitudes.

Alors oui, certes, il faut toujours de l’eau, de la teinture… pour produire le tissu qui va nous servir à coudre ou la laine que l’on va tricoter. Mais bon, on ne va pas se mettre à déambuler nu dans les rues sous prétexte que toute production textile requiert de l’énergie, n’est-ce pas ? Alors autant tenter d’avoir un impact plus positif sur environnement tout en s’amusant et en privilégiant par exemple les produits fabriqués en France, ou plus globalement en Europe (les conditions de travail et de production étant quand même meilleures que dans des pays comme la Chine ou le Bengladesh). Par exemple, la marque française Bergère de France© s’occupe de « la chaîne de fabrication du fil jusqu’à sa distribution » dans ses locaux établis en Lorraine depuis 1946. Et pour ceux pour qui les activités manuelles n’ont aucun attrait, les vide-dressings ou les friperies permettent de renouveler sa garde-robe sans pour autant acheter de « nouveaux » vêtements.

Comment s’y mettre ?

On trouve en ville des multitudes de magasins où vous pouvez trouver votre bonheur (tissu, laine, aiguilles, livres d’explications, livre de patrons…) ; et si vous vivez dans un coin un peu paumé, internet est votre ami. Si vous souhaitez débuter en couture, pourquoi ne pas acheter une machine à coudre d’occasion ou faire l’acquisition d’une machine très simple et peu onéreuse, qui fait tout à fait l’affaire pour les débutant(e)s et permet de réaliser des projets peu complexes. Les aiguilles à tricoter se dénichent facilement et ont l’avantage d’être moins coûteuses qu’une machine à coudre. Le site Petit Citron est idéal pour ceux et celles qui souhaitent se mettre à la couture et dispose de patrons de couture gratuits, d’un forum, d’explications de techniques… Le style Burda Style met à votre disposition de nombreux patrons peu cher (en dessous de 5€) très bien expliqués.

Vous trouverez moult blogs vous ventant désormais les avantages du tricot qui vous invitent à prendre part à cette aventure tout en mailles et aiguilles, et ce en vous accompagnant pas à pas dans vos débuts. Le site DROPS Design propose par exemple des centaines de patrons gratuits ainsi que des vidéos d’explications des points les plus basiques aux plus complexes. La marque française Phildar© a crée la Phil’Académie, un blog qui fournit des explications sur les bases du tricot et du crochet et vous permet d’échanger avec les passionné(e)s.

L’émergence d’émissions comme « Cousu Main » témoignent aussi de ce retour fulgurant du fait maison. Instagram et ses hashtags tels #jeportecequejecouds ou #knittersofinstagram (« les tricoteurs d’Instagram » en anglais, qui a été utilisé plus de 2 millions de fois) ont permis l’émergence de vraies communautés qui permettent à ses membres de se retrouver, de partager et d’échanger des conseils. Alors si vous avez peur de vous sentir largué(e) en vous lançant, ne craignez-point : vous pourrez toujours trouver quelqu’un pour vous aider.