Strasbourg, par des choix politiques dans le domaine de la mobilité, a désormais une tradition cycliste qui la distingue nettement des autres grandes villes françaises. En facilitant le déplacement des cyclistes, la capitale alsacienne défend une vision globale de la mobilité urbaine, visant à encourager l’abandon de la voiture au cœur de la ville et dans les quartiers, au profit d’un ensemble d’autres modes de déplacement actifs. Cette démarche s’intègre dans une politique volontariste dans les domaines des déplacements urbains, de la santé, de la pratique sportive, ainsi que du développement durable.

AUJOURD’HUI LE VÉLO À STRASBOURG, C’EST :

–          Le 1er réseau de France avec 560 km d’aménagements cyclables dans la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS).
–          121 000 déplacements à vélo par jour sur 1 596 000 déplacements au total sur la CUS.
–          Plus de 360 rues à sens unique équipées d’un double sens cyclable sur le territoire de la CUS (soit 64 km).
–          10 000 arceaux permettent le stationnement de 20 000 vélos dans l’espace public.
–          310 000 vélos chez les particuliers de la CUS (Enquête ménages déplacements).
–          Un système de vélos partagés original, Vélhop, qui permet la location de 4400 vélos sur toute l’agglomération, en courte ou longue durée.


Depuis Novembre 2012, une mesure expérimentale de la ville de Strasbourg fait polémique lorsqu’elle décide de mettre en place les amendes minorées. L’objectif de ce dispositif, conjointement mis en place par la Ville, la préfecture du Bas-Rhin et le procureur de la République.

 

Les amendes vélo à Strasbourg

Il s’agit des amendes minorées pour les cyclistes strasbourgeois qui commettent des infractions mineures. En effet, d’après le code de la route, certaines fautes sont passibles d’une amende de 90€, comme pour les automobilistes, ce qui fait qu’elles sont rarement sanctionnées. La mairie en avait assez de ces “petites” infractions et a donc mis en place une amende adaptée et formé des policiers municipaux pour ces cas particuliers.

Coût de l’amende minorée pour les cyclistes en infraction : 45,60 € soit deux fois moins cher que pour le même type d’infractions commis pour un automobiliste.

Cette amende s’applique aux cas suivants :

–          Inobservation de l’arrêt imposé par un feu rouge

–          Circulation en sens interdit

–          Usage d’un téléphone tenu en main

–          Circulation en dehors des heures autorisées en Zone piétonne

–          Refus de priorité à un piéton engagé

–          Inobservation de l’arrêt absolu imposé par le panneau Stop

Le 1er mai, cette expérience unique en France a pris fin. Les amendes minorées sont rangées au placard, les PV retrouve leur “tarif normal”. « Les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qu’on espérait. La clémence accordée n’a pas eu pour corollaire la responsabilisation du cycliste », a indiqué le procureur de la République Michel Senthille au tribunal de grande instance de Strasbourg aux côtés du maire Roland Ries.

L’édile strasbourgeois a reconnu que cela « n’a pas marché sous cette forme, mais ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas tenter autre chose », en matière de prévention notamment.

L’accidentologie et « l’incivisme » ne diminuent pas

En quatre ans et malgré 2.688 amendes dressées entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2016 , l’expérimentation n’a selon le procureur pas permis de faire baisser « l’incivisme » des cyclistes ou la courbe de l’accidentologie. En 2016, 105 incidents ont été comptabilisés, trois cyclistes sont décédés.

Cette même année, le taux de cyclistes responsables dans les accidents corporels impliquant un cycliste s’est élevé à 60 %. Un pourcentage qui n’a donc pas baissé avec l’expérimentation.

Le feu rouge et le panneau “stop” pas assez respectés

Au palmarès de ces infractions, le non-respect du feu de signalisation et du “stop” arrive en tête, avec la moitié des PV dressés par la police en 2016. Soit 436 infractions constatées au feu rouge en 2016 contre 301 en 2014. Suivent l’usage du téléphone et la circulation en sens interdit.

Si l’expérimentation prend fin, cela ne met pas un terme à la verbalisation des cyclistes. Elle sera « renforcée sur les infractions qui amènent le plus de dangerosité », a prévenu Michel Senthille.