via allociné.fr

Introduction :

Pardon !?

Tu ne connais pas Carbone ? Nous avons un problème et si tu ne veux pas gagner un séjour mensuel à l’hôpital : lis l’article !  Pas de négociations.

Carbone réalisé par Olivier Marchal est dans les salles obscures depuis le 1 novembre. Un film aux castings excellents. Un film bien de chez nous comme on aime. Passionnant et glaciale.

Ne pas oublier que le temps fait ressurgir la vérité. Si l’on ne maîtrise pas l’argent, il finit tôt ou tard par nous grignoter puis se propager tel un mauvais cancer.

 

« Qui veut atteindre les sommets doit s’attendre aux abîmes » Carbone

1 – Résumé

L’argent est une valeur indiscutable dans beaucoup de milieux. Antoine Roca ne peut pas dire le contraire. Il voit l’entreprise de son vieux se diriger vers le dépôt de bilan. Un chef d’entreprise qui se bat comme un lion mais rien n’y fait. Rien, appart une affaire de taxe carbonique et de droits à polluer, qui l’interpelle lorsque son comptable Laurent Melki lui explique le fonctionnement. Apparemment, Antoine Roca aurait une idée de génie en tête…

 

« Les mauvaises nouvelles ont des grandes ailes » Carbone

 

2 – Derrière le film

Emmanuel Naccache et Olivier Marchal se sont occupés du scénario. D’ailleurs, dans ce scénario quelle sont les coulisses de la réalité ?

Ce que l’on appelle l’arnaque du siècle, c’est « la fraude de la Tva sur les quotas d’émission de CO2 ». Il faut distinguer la taxe de carbone et l’émission de CO2. Les émissions de CO2 sont classé en Bourse, certaines entreprises bidon (une fois rentré sur le marché des droits à polluer) ont vendu des quotas de CO2 incluant la Tva mais avec un achat ne comprenant pas la Tva. Donc, bien sûr l’Etat n’a rien perçu.

Les grands malins qui ont fait ce coup, en l’espace de 12 mois, sont devenus vite millionnaires. Car la somme totale escroquée pour les pays de L’Union Européenne est de 5 à 10 milliards et 1,6 milliard pour la France.

Le film a une certaine douceur et il est facilement compréhensible; malgré la complexité de l’affaire.  Les personnages ne sont pas à la recherche de l’argent mais l’argent vient leur faire du pied. Un vide juridique bizarre dont Antoine Roca (Benoît Magimel) saisit l’opportunité.

 

« Plus on est fous, plus on mise, plus on gagne ». Carbone

 

3 – Les personnages

Lors du casting, Idir Chender a obtenu ce rôle en jouant un personnage du film L’impasse. L’acteur est dans la liste des révélations pour les Césars. Son personnage est une ribambelle de personnages qui évolue hyper rapidement durant le film avec la coke. L’argent aussi joue son rôle ainsi que l’appétit des femmes. Sa folie est lancée ! Il est différent à chaque scène.

Gringe rentre dans la cour des grands avec ce film. Il était dans une position confortable pour le film Comment c’est loin avec son pote Orelsan. Il a eu plus de mal pour cette deuxième expérience. Des moments d’angoisses pour le début du tournage a-t-il plusieurs confié en interview. Cependant il s’en sort bien. Un rôle de grand frère pour calmer son frère Eric Wizman (Idir Chender) cocaïné à mort. La devise le silence vaut de l’or lui colle parfaitement à la peau. Un bon choix de l’avoir intégré au casting.

Michael Youn n’a pas eu la tâche facile car Laurent Melki a une fonction cruciale. L’affaire et le déclenchement du suspens repose sur son rôle. Comptable et pote travaillant pour Antoine Roca (Benoît Magimel), il est le chef d’orchestre de la paperasse pour la magouille. Bien que les 4 escrocs travaillent quasiment de la même manière, l’histoire d’amour avec les chiffres est plus forte pour Laurent. Une superbe performance où on apprécie l’acteur qui sort d’un confort humoristique.

Benoît Magimel dans le rôle d’Antoine Roca (chef d’une entreprise en faillite) est brillantissime. Olivier Marchal le dit mieux que moi « Il fait l’amour à la caméra ». Quelque difficulté pour le tournage, mais c’est ici que toute la force d’être acteur devrait supprimer nos problèmes. Antoine Roca cravache pour ne pas voir mourir son entreprise, à côté d’un beau-père (Gérard Depardieu) : « qui n’a qu’une seul qualité : l’argent ». Une femme qui ne l’aide pas et un adorable fils. Il fait preuve d’une super sensualité et intensité par son regard. Des dialogues maîtrisés, un escroc tellement crédible, bref Antoine Roca sera une référence classique du film policier, s’il ne l’est déjà.

Laura Smet se plonge dans la peau de Noa Van Strecht, et également dans les bras d’un autre homme. Noa Van Strecht, est une fille désespérée à la quête d’un bon gars et fréquente les soirées Parisiennes classe. Elle finit par rencontrer ce type bien et charmant mais la relation n’est qu’un puzzle fragile. Laura Smet, actrice charmante, l’est encore plus sous les caméras de Marchal et sa prestation est à saluer.

Dani chanteuse et actrice que je ne connaissais pas, tient le rôle de la mère Wizman, soit Dolly Wizman. Une mère qui protège ses deux fils, encore plus depuis la mort de son mari. Le Bar Péniche lui appartient. Elle participe à l’opération, elle est très utile car Dolly a un contact chez les flics. Une lionne prête à tout pour ses lionceaux.

Gérard Depardieu joue Aron Goldstein, un beau-père très méprisant et puissant. Il a le bras très long. Goldstein déteste Antoine Roca par pure mépris et par un amour de protection pour sa fille. L’homme est glacial et il sait se faire comprendre lorsqu’il a un plan en tête. Depardieu nous livre une superbe performance.

Patrick Catalifo interprète le rôle de Franck Moser. Un ripou qui apparaît dès le début du film. Un homme rusé et patient, qui ne tourne pas autour du pot. Un super acteur, on cerne bien la place qu’il a dans l’histoire au fur et à mesure.

Moussa Maaskri alias Kamel Dafri un homme dangereux, sombre et logiquement violent. Un caïd au pouvoir financier fort avec une équipe d’homme venu droit de la pègre. Fiché pour du grand banditisme, il a de la bouteille. Une performance d’acteur énorme. Une vraie gueule de cinéma. A chaque scène, il remplit la pièce par son charisme.

 

 

4 – Réalisation

Olivier Marchal réalise son 5ème long-métrage, l’histoire a débuté en 2002 avec Gangsters. Marchal n’a pas voulu montrer la nuit dans sa froideur. Un travail de recherche pour que la nuit brille, pour que les scènes soit plus esthétiques. C’est un policier avec des couleurs, l’affiche du film démontre ça.

La signature d’Olivier Marchal est tellement forte, il nous procure des sensations de réflexion, d’angoisse, d’excitation et de plaisir avant tout.

Pour la création du film, si l’on regarde l’atmosphère, le tournage pouvait exclusivement etre de nuit. Beaucoup de personnages ont le tabac au bout des lèvres.

Nous pouvons assister à une magnifique référence à Scarface dans la scène où Idir Chender part en cacahuètes. Un clin d’œil fin avec une scène qui ne sort pas de son contexte.

 

« Seules trois choses donnent la mesure de l’homme : le commandement, la richesse et le malheur. Je ne sais pas si j’ai eu la chance ou la malchance de connaître les trois ». Carbone

 

 

5 – La musique rap

La musique dans le film est très orienté vers le rap. La BO officiel c’est Orelsan – Suicide Social. Les rappeurs sont à l’assault du cinéma, on peut le voir avec Gringe, Sadek, Nekfeu, Kaaris pour ne citer que ceux-là. Je pense que l’intéret des réalisateurs pour les rappeurs n’est qu’à son début, énormément de rappeurs veulent être à l’affiche d’un film.

 

« Regarde-moi bien, est-ce que j’ai une tête à prendre que des pourliche ? ». Carbone

 

6 – Conclusion

Une histoire forte de base qui aboutit à un scénario très solide, une claque cinématographique. Un univers qui a sa propre patte et une atmosphère positivement contagieuse. La réalité froide frappe dès le début. L’histoire suit un fil directionnel sans fautes. Je dois souligner une utilisation pas très pertinente du leitmotiv lors d’une scène.

Note : 18,5

 

 

7 – Leitmotiv