Le mercredi 17 décembre 2014, Roger Mansuy a disparu, figure d’Epinay sur Seine, pilier de la « Rue de Jarrow ».

Je commence ma série de portraits par ce Spinassien historique car il m’a marqué par son engagement, sa ténacité, ses convictions, et sa passion pour l’Autre.

Il m’a offert son livre « Epinay-sur-Seine : Un peu d’histoire » et j’ai vu ma ville autrement.
Il a fait un travail remarquable comme le disent ses amis et proches.

Roger a fait ce livre « à la main », « avec temps », « précision », « tendresse », « larmes , avec « nostalgie et gros sur la patate » et d’autres mots encore avaient traversé son esprit lors de nos nombreuses rencontres au « Café des Mobiles » le dimanche matin.

Roger était un vrai communiste, militant syndical bien sûr à la CGT, élu conseiller municipal puis adjoint au maire chargé des fêtes et cérémonies de 1983 à 2001. Il a travaillé dans l’artisanat, puis l’industrie toute sa vie durant.

Il a transmis le goût de l’Histoire de ma ville et ses personnages historiques.

Roger parle pour toute une génération de jeunes d’Epinay sur Seine dans son livre, il nous a fait une visite historique de notre ville, de « l’avenue de la République » en passant l’ « avenue de Lattre de Tassigny ».Tous les quartiers y étaient passés : Orgemont, La Briche – Blumenthal, La Source – Les Presles, Les Econdeaux, le Centre-Ville. De l’Eglise Saint-Médard aux nombreux monuments aux morts de la 1ère et 2nde guerre mondiale, les personnages et élus de la société civile, les fleuves, les ponts, les places, les magasins, les zones agricoles, les HLM, les habitants. Epinay, comme Roger le souligne, a été de toutes les périodes historiques depuis le Moyen-Age !

La constance de son engagement et la clarté de ses idées communistes étaient pures dans le fond et la forme sans opportunisme ni vantardise ni calcul politicien. C’est un exemple pour moi qui est invité à discuter avec Roger depuis tout jeune. La loyauté et la fidélité à sa ligne politique et associative en font un exemple pour moi. C’est ce que je retiens de Roger. C’est que tôt ou tard la lutte paie de ton vivant ou après ta mort.

Transmettre c’est son mot d’ordre, il me disait que nous les jeunes ne devions pas nous laisser aller, nous devions aller chercher les responsabilités et les prendre pleinement, nous engager dans notre société, que ni la couleur de peau ni la religion ne devaient être un frein.

Roger disait qu’il faut aller manifester, il faut être sur le terrain « sentir le peuple et le charbon ». Il disait que notre génération a le devoir de perpétuer la mémoire des Ainé(e)s et leur combat pour les droits de la Femme et de l’Homme. Roger croyait fermement en l’Humain.
Nous avons terminé notre dernier café le dimanche 14 décembre à Boulevard Foch par son livre qu’il m’a dédicacé et offert.

Ces mots universels de Jean Jaurès: « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ».

Slimane