Mode rétro, mode vintage, la différence est souvent floue et pourtant, le rétro et le vintage ne cessent de gagner du terrain. Petit tour d’horizon.

En 1971, Yves Saint Laurent sort la collection Libération qui a été l’objet d’un grand scandale (et d’une exposition en 2015 à Paris). Les silhouettes proposées mettent en avant une silhouette à la carrure large, la taille fine avec des pièces colorées et un maquillage prononcé. Le couturier s’est inspiré de la mode des années 1940 et de la période de l’Occupation. Dans les années 1970, les séquelles de la Seconde guerre Mondiale sont encore vives et cette collection ne fait que resurgir de douloureux souvenirs: privations, peur, mort..

Mais cette collection marque un tournant important, étant que le gros point de départ du rétro. Pour Yves Saint Laurent,  » du péplum au collant, tout a été fait et refait cent fois.[…] Je me moque que mes robes plissées ou drapées évoquent pour des gens cultivés la mode des années 1940. L’important c’est que les filles jeunes qui, elles, n’ont jamais connu cette mode, aient envie de les porter. »

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Ainsi, la mode rétrospective, le rétro, concerne toutes les pièces qui s’inspirent d’autres époquesCe filon est bien exploité par les grandes enseignes qui régulièrement s’inspirent des décennies précédentes pour leur collection.

Par exemple, en 2015, la mode était aux années 1970. On pouvait trouver pantalons évasés, longues robes et franges à foison, notamment à H&M:

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Attention à ne pas confondre avec le vintage! Le vintage quant à lui concerne de véritables de pièces, plus ou moins anciennes, à dénicher en boutiques spécialisées vintage ou même parfois en fripes.

Ces deux branches touchent bien des aspects du quotidien, l’habillement mais aussi le design, la décoration. Les marchés et salons se multiplient où l’on peut dénicher robes, chaussures mais aussi vieux vinyles ou meubles.

« Que peut-on appeler « nouveau » dans le costume ? Du péplum au collant, tout a été fait et refait cent fois ». Yves Saint Laurent

Les fripes quant à elles pullulent un peu partout, surtout à Paris, plus précisément dans le quartier du Marais. La demande en pièces anciennes ou contemporaines à des prix accessibles a contribué au phénomène. Curieuse, j’ai posé quelques questions à Anne Onyme sur le phénomène :

Fais-tu la différence entre vintage et rétro?

Franchement, je ne saurais pas trop dire. Mais l’ancien est à la mode et je suis sceptique car je sens que beaucoup en jouent, et surfent juste sur la vague. Même un truc des années 2000 devient hype juste parce que c’est vintage ou rétro.

Est-ce que tu vas beaucoup en friperies?

Pour moi, c’est la base, c’est mon premier réflexe. J’essaie d’y passer au moins une fois par mois. Je vais de moins en moins en magasin.

Pourquoi cet intérêt pour les fripes?

Au début, c’était juste pour une raison économique. Puis il y a eu cette mode bobo portée par Nicole Richie qui se fournissait en friperies du coup ça m’a intriguée, j’ai cherché plus d’adresses. Ça m’a fait réaliser tout le potentiel de la fripe!

Je fonctionne au coup de cœur et je sais qu’en fripes, je suis sûre de trouver une pièce unique mais je sens que les grandes enseignes l’ont compris et s’inspirent désormais du vintage, de la fripe. Par exemple, il n’y avait pas du tout de manteaux en (fausse) fourrure à H&M or les fripes en débordent. Maintenant, H&M en fait de toutes sortes.

Comment trouves-tu tes adresses?

Je vais dans les plus connus, dans le Marais que j’ai trouvé via des blogs ou dans des magazines.

As-tu remarqué une évolution des friperies?

Avant ça pouvait être repoussant mais maintenant, la présentation est mieux, il y a de soin à la présentation comme avec les Emmaüs en général. Les gens sous-estiment trop la fripe. Après, ça s’ouvre. Au début, c’était une sphère fermée mais avec les réseaux sociaux ça s’est développé, comme avec les modèles sur Instagram  qui mettent leur look en photo. Si c’est de la fripe, les gens vont se dire « ah bah tiens, on peut y trouver de bonnes choses, moi aussi je vais y aller« .

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Vintage ou rétro, ce qui intéresse c’est l’originalité, se créer une identité propre avec des pièces originales ou encore s’imprégner d’un style d’une époque, fascinée par celle-ci. Mais qu’importe les vêtements, leur époque, comme le dit Diane Von Furstenberg,

« tout est dans l’attitude ».