Dans l’esprit des lois humaines et des textes religieux, la vie relève du sacré. Dans l’interprétation des hommes cette théorie est relative. Il ya quelques siècles, l’humanisme plaçait ‘’la personne humaine et son épanouissement au-dessus de toutes les autres valeurs’’ en dépit des différences de traitement et une certaine stratification sociale qui, pourtant, étaient parties intégrantes des doctrines sacrées et des théories philosophiques de l’Homme. La tolérance de l’esclavage dans les textes sacrés, la prééminence d’une catégorie de personnes dans les lois humaines qui favorise et garantis la concentration du bien-être au sein d’une poignée de personnes qui dirigent le monde ont été les bases qui ont inspiré le monde jusqu’à nos jours.

La discrimination structurelle ou l’hypocrisie des lois de la République à travers le monde

Dans les pays dits développés où l’opinion retient un réel respect des valeurs humaines à travers le respect des droits de l’homme tel que stipulé dans la déclaration universelle du 10 décembre 1948, d’autres lois internes favorisent la discrimination et exclu ceux qui sont considérés comme ‘’étrangers’’. Qu’il s’agisse de l’accès à l’emploi, au logement ou à la formation, la République ne garantit pas l’égalité entre les différentes composantes de la nation. Le patronyme, la couleur de peau, la religion et les opinions sont les bases même sur lesquelles les lois sont édictées. En France, plusieurs emplois sont encore fermés aux étrangers, les démarches administratives pour les personnes en règle plus lourdes et incertaines que pour les personnes qui ne sont pas en règle. Aux États-Unis, le même système est perpétré avec une ‘’ghettoïsation’’ plus affirmée.  

Les systèmes de quotas, la catégorisation des domaines accessibles aux uns et non pas aux autres, ou encore l’entassement d’une catégorie dans des zones particulières ont accentué le sentiment de frustrations et développé le communautarisme et la haine. Le pilier de la déclaration universelle des droits de l’homme ‘’Tous les hommes naissent égaux en droit’’, n’est qu’une hypocrisie qui rappelle que la société est composée de plusieurs catégories de personnes dont les uns ont tous les droits sur les autres. Ni l’économie ni la justice ne traitent avec égalité les êtres humains. Le rapport de force est en fonction de l’appartenance sociale et raciale. Les lois l’encouragent et le garantissent.

L’échec de la politique internationale et ses conséquences dramatiques

Le développement industriel et technologique a donné l’impression d’un monde sans frontières. La globalisation, la mondialisation et toutes ces doctrines contemporaines qui auraient dû permettre à l’humanité de vivre dignement n’a finalement permis qu’à creuser l’écart de développement et à maintenir dans la dépendance les peuples qui étaient jadis colonisés. Les programmes d’aide au développement qui sont en majorité orientés vers le domaine de l’humanitaire et le parrainage des multinationales qui s’accaparent sans état d’âme les richesses dans le tiers monde sans y laisser des traces de développement durables, le soutien des dictatures du fait de l’ingérence des puissances étrangères dans les affaires internes des états en voie de développement, le refus systématique du transfert effectif des techniques de productions soutenues par des technologies de pointe ont permis aux puissances industrielles de concentrer le développement dans une zone et à maintenir les autres parties du monde dans la misère. Avec un recul dans l’histoire générale du monde on comprend aisément comment le pillage a obligé des peuples à migrer. La géopolitique du monde contemporain, quant à elle, met en lumière les causes des migrations et les conséquences que nous vivons aujourd’hui.

Politique de la ville en France : 40 ans d’échec largement assumé et plébiscité

Depuis des décennies, plusieurs acteurs sont impliqués dans les territoires en difficultés dans le cadre de la politique de la ville pour ‘’revaloriser les zones urbaines en difficulté et réduire les inégalités constatées sur ces territoires’’. Des milliards d’euros sont investis dans le cadre des programmes à travers les divers acteurs dans le domaine de l’action sociale et de l’urbanisme depuis 1980.

Sur le terrain, malgré toutes les communications faites sur l’efficacité de la politique de la ville, la réalité reste celle de 40 ans d’appauvrissement, de discrimination, de violence et de misère. D’abord parce que le mode d’action est complètement déconnecté des réalités et des attentes. Dans la théorie, la politique de la ville devrait réduire les inégalités sociales en permettant aux populations d’avoir accès à l’éducation et de bénéficier d’infrastructures adaptées à leur épanouissement. Dans la réalité, les fonds dédiés à cela ont été engloutis par des organisations qui se sont contentées de propager des discours de victimisation et d’organiser des rencontres publiques qui n’apportent aucun changement dans les conditions de vie des populations. Au contraire, ces réunions ont permis de rappeler aux populations des zones sensibles ce qu’ils savent déjà : leurs douleurs, leurs malheurs et leur exclusion. Ensuite, le ‘’faire pour’’ a été privilégié au détriment du ‘’faire avec’’ laissant ainsi les principaux concernés dans une totale indifférence. Malgré l’implication des associations à travers des projets dédiés surtout aux jeunes, les affrontements entre la police et les jeunes sont restés de mises et les violences dans ces quartiers plus présentes. En fin, la politique d’intégration des étrangers n’a réussi qu’à développer un communautarisme fort concentré dans les quartiers dits populaires. Ce qui bloque dangereusement l’intégration des étrangers et leur amour pour la république.

Étrangers et policiers : les boucs émissaires d’un système défaillant

Le médias et les politiques ont réussi à politiser les relations entre les jeunes et la police, mais aussi la question de l’immigration et du racisme sans poser le véritable diagnostic. Les gros titres et les débats partisans des principaux leaders des tendances politiques (tous bords confondus) n’ont eu aucun impact positif sur l’amélioration de cette relation dont on parle tant aujourd’hui. D’abord parce que la misère dans les quartiers populaires et le communautarisme engendrés et nourris par le système ont fabriqué une catégorie particulière de citoyen hostile à la république. Ensuite, la précarité dans laquelle la police est maintenue et la politisation de la profession ont également forgé une catégorie de policier hostile aux étrangers. Enfin, le laxisme des organes de contrôles des policiers et l’indifférence de la justice face aux dérives des uns et des autres ont contribué à alimenter la défiance et attiser les oppositions. Le problème qui se pose n’est pas dans l’immigration, encore moins dans la police. Il est dans le système politique et de gouvernance, plus particulièrement, dans les lois de la république et les politiques publiques. Il n’y a pas de quiétude sociale sans justice sociale. La police ne vote pas les lois. Les étrangers (noirs) ne sont pas des délinquants. C’est le système qui est défaillant, hostile et inégalitaire.