Franchement, se motiver pour aller à la bibliothèque en période d’examens, et rentrer chez soi parce que la bibliothèque est bondée… Autant dire que t’es vite démotivé (déjà que pour certains, cela relève d’un exploit d’y aller).

Certes certains arrivent à réviser chez soi, mais pour d’autres : impossible de travailler chez soi et ne pas flancher en se posant dans son lit en se disant « allez, je me repose 10 minutes, et ensuite je bosse à fond ».

Mais ce n’est pas 100 % de notre faute du coup, et voici quelques explications.

En France les bibliothèques universitaires comptent bien moins de places par étudiants qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne par exemple. En moyenne, les bibliothèques universitaires ne proposent qu’une place pour douze étudiants. La difficulté pour trouver une place assise dans certaines BU françaises n’est pas nouvelle. C’est entre autres pour y répondre, que le ministère a lancé en 2016 son plan « Bibliothèques ouvertes » prévoyant des horaires d’ouverture plus larges (soirs et week-ends) ainsi que le déploiement de nouveaux dispositifs censés faciliter la vie des étudiants (comptage des places et information en temps réel par Internet, etc.). Le plan « bibliothèques ouvertes » correspond à l’une des 35 mesures du « plan national de vie étudiante ».

D’ici à 2025, les bibliothèques universitaires devraient proposer une place assise pour…

SUSPENSE

12,5 étudiants.

C’est certes mieux qu’en 1989, où il y en avait une pour quinze étudiants, mais bien moins bien qu’au Royaume-Uni et aux Etats-Unis (1 place pour 6 en moyenne) : ce que rapporte l’Inspection générale des bibliothèques (IGB) du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, publié le 31 mars.

Le rapport de l’IGB :

1 mètre carré de bibliothèque universitaire par étudiant, et une place pour dix étudiants sur l’ensemble du territoire : c’est l’objectif de l’IGB.

Sur la période (1995-2020), la population universitaire aura doublé. Et une nouvelle hausse est attendue, liée au boom des naissances dans les années 2000 : les inspecteurs recommandent donc de « doubler le rythme actuel de construction » pour faire face à l’évolution prévisible de la démographie étudiante à l’horizon 2025-2030 ; ce qui reviendrait à créer au moins 34 000 places de plus que celles d’ores et déjà planifiées.

Disparités territoriales : nos amis Parisiens les plus en difficultés

Il faudra au moins ça pour améliorer une situation dont les étudiants d’Île-de-France sont les premières victimes. De fortes disparités existent : une place pour seize étudiants en Île-de-France contre une pour onze étudiants hors Île-de-France, selon des chiffres cités par le rapport.

La situation globalement avantageuse pour la province ne doit cependant pas cacher des disparités parfois forte entre différentes régions : une place pour quinze étudiants dans les universités de Marseille ou Lille, contre une place pour huit étudiants à La Rochelle ou à Strasbourg par exemple.

Places assises en bibliothèques universitaires en Île-de-France : quelques exemples et pour en savoir plus:

On remarque que dans Paris 2: une place seulement pour 78 places!

Universités
(Île-de-France)

Places
par étudiant

Paris 1

1/59

Paris 2

1/78

Paris 3

1/17

Paris 4

1/33

Total général dans toute l’Île-de-France

1/16

D’autres solutions :

Les bibliothèques universitaires vont ouvrir en soirée et le week-end. Au moins une BU par université ouvrira jusqu’à 22h en semaine ainsi que le samedi après-midi : le plan doit se déployer progressivement, entre septembre 2016 et 2019.

Mais cela ne suffit pas : de nombreuses pétitions demandent à ce que soit ouvert le dimanche, les bibliothèques !

Avec leurs 61 heures d’ouverture moyenne par semaine, contre 69 en Allemagne, l’amplitude horaire insuffisante des bibliothèques universitaires françaises a été régulièrement montrée du doigt ces dernières années.

Près de la moitié des 480 BU françaises n’ouvrent en effet pas au-delà de 19 h. Un tiers ouvrent le samedi toute la journée. Seules sept permettent à des étudiants de venir y travailler le dimanche.

Une situation qui perdure malgré les annonces régulières des ministres de l’éducation nationale en la matière. De plus, depuis 2010, fut ainsi avec la création du label « NoctamBU », octroyé aux bibliothèques universitaires ouvrant au moins 65 heures hebdomadaires. Ce label, rebaptisé « NoctamBU + », devrait voir ses objectifs et son périmètre « rehaussés » indique le ministère.

Pour ce nouveau plan, le ministère lancera un appel à projet en direction des universités. Il promet d’investir « jusqu’à 12,7 millions d’euros » sur la période 2016-2019 afin, entre autres, de recruter des étudiants vacataires, puisque c’est sur eux que reposera en grande partie l’extension des horaires d’ouverture. La Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) est contente de cette « bonne nouvelle » et ajoute que « cet élargissement ne devra pas reposer sur l’utilisation de volontaires en service civique mais plutôt permettre de créer des emplois adaptés, valorisables et flexibles pour les étudiants. »

On attend de voir ça, en attendant, m*rde tout le monde pour vos révisions;)