Bon, je suis déjà allée à la philharmonie de Paris plusieurs fois (trois). C’est intéressant d’y passer un peu de temps en temps, même si ce n’est pas tellement habituel à notre époque. Après tu peux faire genre : « je suis allé à la philharmonie la semaine dernière, c’était génial, le premier violon Philippe Aïche déchire. Maintenant, venez on va tous se masturber devant Crime et Chatiment ». Pourquoi ce livre ? Car c’est mon auteur russe préféré : Dostoievski. Ce titre me sert à créer une image d’une petite bourgeoise-bohème, laquelle va au concert de musique classique, aime bien la littérature russe, prend le champagne pendant les entractes. Malgré ce joli tableau de la généralité totale, nous sommes loin de la vérité.

La Philharmonie n’est plus un endroit ni de la bourgeoise ni de l’aristocratie et les concerts peuvent vraiment déchirer, encore plus que le dernier Boiler Room. Vous savez, là où vous avez fini à moitié à poil avec la vodka qui coulait sur votre menton. Les prix des billets les plus bas oscillent entre 8 et 15 euros. Par contre il faut avoir une réactivité de ninja de ouf pour les chopper vite avant les autres. C’est plus ou moins comme Pokémon Go, si tu restes à l’affût, tu peux voir un concert d’Ibrahim Maalouf pour 10€, chose qui peut relever, d’ordinaire, du domaine de l’impossible. Le Pokémon rare on dira. Si vous ne savez pas qui est Ibrahim, je vous conseille d’utiliser dès maintenant les outils traditionnels de recherche contemporains : Google, Wikipédia, Youtube, Tinder.

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Aujourd’hui mes chers lecteurs, je voudrais surtout essayer de convaincre tous les sceptiques de se convertir et fréquenter la Philharmonie tous les dimanches. On peut acheter des bonbons Haribo Croco à 3 euros, c’est moins cher qu’au cinéma (3,50 euros). Bon en vrai je rigole, par contre vous pouvez venir vraiment minimum une seule fois dans votre vie, ça en vaut sincèrement la peine. L’ambiance est primordiale, vous avez des vieux, des jeunes, des bobos, des classes moyennes, des noirs, des blancs , des asiates, des métisses, des gens stylés et pas stylés du tout, mais notamment LA MUSIQUE. 

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Le dimanche 18 septembre, l’Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding m’a montré la porte du paradis. La chorale, les solistes et les musiciens présentaient la « Scène de Faust » de Shumann. Faust c’est un livre de Goethe, que sans doute seules vos arrières grands-mères connaissent dans votre famille, sauf si vous êtes passé par kagne hypokagne, ou que vous avez fait votre lycée en Pologne, où on apprend beaucoup de choses pas forcément utiles (oui, je suis polonaise). Bref LA MUSIQUE = septième ciel, je n’ai éprouvé cette sensation qu’une seule fois dans ma vie, ou peut-être deux fois avec le concert de Coldplay. Je suis convaincu que cette représentation aurait pu convertir les pires adversaires de la musique classique. En fait pour ne rien ressentir devant une telle performance, il faudrait avoir une sensibilité proche de celle d’une chèvre.

Je vous recommande donc d’aller y faire un tour pour vous faire un avis par vous-même. Moi je vous dis à la semaine prochaine, et les chèvres sont importantes, il faut les protéger !