Son nom ne vous dit sûrement rien, pourtant, du haut de ses 23 ans, Boyan Slat essaye de changer le monde… en le nettoyant ! Il n’est ni président, ni super héros mais un simple individu doté d’une vision novatrice. Il n’a que 16 ans lorsqu’il décide de faire de la pollution maritime son combat personnel (au détriment de ses études). Il montre à cette occasion que chacun a son rôle à jouer pour la préservation de l’environnement. De là, va naître Ocean CleanUp, une idée très bien pensée.

Comme le dit si bien notre inventeur de génie, Boyan Slat : »il y a eu l’âge de Pierre, du Bronze… Nous sommes tristement entrés dans l’âge de Plastique ». Lors de ces multiples conférences, il martèle ces chiffres alarmants : « Chaque année, c’est plus de 320 millions de déchets plastiques qui sont produits sur notre planète et ce sont entre 8 et 10 millions qui finissent dans les océans (le Pacifique est le plus pollué). Cela représente un septième continent. Dire de la situation qu’elle est urgente est un euphémisme tant les dégâts sont considérables » ! Il faut sensibiliser le public à cette grande cause, assène-t-il. Personnellement, l’envie d’aborder ce thème m’est venu après la visualisation de campagnes chocs très bien réalisées. En premier, une simple affiche visible partout dans les transports. On y voit un pélican avec, ce qui semble être, une bouteille en plastique logé au milieu de son cou. La légende dit : en 2050, 9 oiseaux marins sur 10 auront avalé du plastique. Puis, il y eu cette vidéo de Rich Horner qui nous promettait une plongée en mer splendide au large de Bali. Les images parlent d’elles-mêmes et les mots ne sont, pour une fois, pas assez forts pour décrire ce que l’on voit. Enfin, il y a eu cette campagne déchirante de l’ONG Sea Sheperd où l’on voit des animaux marins agoniser sous une mer de plastique. Allez jeter un œil pour vous faire une idée. Voilà l’origine de cette ébauche mais revenons à nos moutons.

L’invention Ocean CleanUp

Boyan Slat n’a jamais baissé les bras malgré plusieurs essais manqués et des critiques acerbes quant à la viabilité de son projet. Notre génie néerlandais n’en a que faire et prouve son efficacité en agissant. Le lauréat du prix « Champion de la Terre » décerné par l’ONU, a commencé par créer sa propre fondation avant de lancer un fond participatif via le crowdfunding. Il a ainsi récolté 2 millions d’euros, nécessaires aux multiples phases de test. Aujourd’hui, c’est plus de 20 millions d’investissements qui ont été levés. Son idée est en réalité assez simple : c’est un collecteur de déchets placé en plein gyre (fameux tourbillon maritime, on en compte cinq dans le monde) afin d’en utiliser les courants circulaires. Il s’agit de boudins flottants en polyéthylène d’1 ou 2 kms de long avec un angle en forme de V qui permet de bloquer le ramas d’ordures en son centre. Les bouées, qui s’enfoncent jusqu’à trois mètres de profondeur, laissent passer les poissons et recueillent les amas de plastique à la surface. Voilà, l’un des points noir de ce système. En effet, certains disent que le gros du problème concerne les plastiques microscopiques qui se perdent au fin fond de l’océan… Les structures gonflables sont arrimées à leurs extrémités par une ancre noyée à 600 mètres de profondeur, l’ensemble permet de jouer le rôle d’une côte artificielle. Après avoir récolté les détritus en son centre, le courant les emmène dans un silo amarré en pleine mer qui va à son tour les récupérer à l’aide d’une pompe. Cette dernière est écologique puisqu’elle fonctionne à l’énergie solaire. Enfin, toutes les six semaines, un bateau se rend sur place pour extraire le contenu de la plateforme.

L’intérêt de ce projet

Tout cela est mis en œuvre avec comme but principal d’éviter la propagation de ce fléau. Boyan souhaite traiter 50% des déchets plastiques en 10 ans sur la seule surface où il est implanté, c’est-à-dire le vortex du Pacifique Nord qui représente, à lui seul, 150.000 tonnes d’amas plastifiés. D’après son concepteur, les barrières déployées seraient en mesure d’en récolter 25 tonnes par jour. Le jeune homme met également l’accent sur l’importance de trier les plastiques car tous n’ont pas la même valeur. 1/3 des déchets sont recyclés dans des objets finissant rapidement à la poubelle. Notre mode de consommation doit changer et faire oublier cette matière très néfaste pour la survie de notre écosystème. Le plastique met plus d’un millier d’années avant de totalement disparaître. La force de cette innovation réside dans son autonomie et sa propreté. Elle se sert de la nature notamment des courants pour fonctionner et adopte le même comportement que les plastiques qui dérivent. Le coût estimé de l’opération (1 kilo de plastique retiré de l’océan coûterait 4,50 €: source surf prévention blog) est à prendre avec recul puisque cela reste moindre par rapport à toutes autres innovations sur le marché. La différence s’effectue dans les dépenses liées au fonctionnement de l’invention. Boyan Slat espère compter sur une flotte de 50 engins nettoyants grâce au sponsoring de certaines entreprises. Même si la démarche est à féliciter, ce n’est pas LA solution. Slat défend son projet en rappelant que le nettoyage des océans est inévitable.

Au final, l’idéal serait de ne pas polluer en ramassant et triant ses ordures et ainsi éviter le rejet dans les océans. C’est très important puisque l’écosystème déjà en danger est très fragilisé. Les récifs coralliens qui recouvrent 0.2% des fonds marins sont la source de vie de 30% de la biodiversité marine. Aujourd’hui, 20% des espèces ont disparu et 35% sont menacés d’extinction en 2050. Si rien n’est fait, il y aura (à cette même date) autant de poissons que de plastiques !! Sachez que l’on peut tous agir. Alors, si vous n’avez pas la foi de monter une telle entreprise, rien de plus simple que de traiter le mal à la racine.

Rendez-vous sur ces pages pour donner de votre temps ou argent pour faire avancer cette noble cause.
https://www.theoceancleanup.com/
https://www.initiativesoceanes.org/