NewVo fait le portrait : Teddy Ambroise

1-      Présentez-vous ? Quel est votre parcours ?

Je m’appelle Teddy Ambroise et je suis Coordinateur National du dispositif « Sos Stage » de la Fédération Nationale des Maisons des Potes.  J’ai suivi des études en sciences politiques et plus précisément dans l’évaluation et la conduite de politiques publiques à  l’Université Paris 13 de Villetaneuse. J’insiste souvent sur ce point  puisque bien souvent, les facultés de banlieue parisienne sont dévalorisées voire décriées, pourtant l’enseignement dont nous avons bénéficié n’a rien à envier aux universités parisiennes. Mon choix de m’orienter dans cette filière n’est pas anodin, il a été motivé par la volonté de comprendre et analyser le monde qui m’entoure, mon attrait pour l’intérêt général et pour enrichir mes projets d’apports théoriques. Vouloir s’impliquer pour la cité est tout à fait honorable, encore faut-il être formé pour concrétiser les choses.

2-      Comment vous êtes vous engagé dans l’action politique à Saint Denis ?

Si je devais choisir un « tournant » dans mon désir de m’engager, je dirai que le séisme du 21 avril 2002 a probablement joué un rôle considérable.  La politique semble souvent abstraite surtout  en ce qui concerne des considérations nationales et pour un jeune public. Pourtant, ce jour-là et malgré mes 14 ans, j’ai compris que quelque chose avait changé en France. Ma volonté que les mentalités évoluent et de lutter contre les préjugés et les idées populistes viennent de là.  Je me suis donc engagé en politique à Saint-Denis pour défendre les valeurs auxquelles je crois et tout simplement parce que je considère que cette ville a un gros potentiel. Saint-Denis à l’instar des autres villes de Seine-Saint-Denis est une pépinière de jeunes  talents qui ne demande qu’à s’exprimer.

3-      Vous êtes à la Fédération nationale des Maisons des Potes. Quel est votre rôle ? Quelles sont vos actions ?

Je suis à la Fédération Nationale des Maisons des Potes depuis 2011 où j’y ai effectué un service civique toujours dans l’optique de m’investir pour l’intérêt général. Je pilote aujourd’hui un dispositif nommé « Sos Stage » comme je le mentionnais tout à l’heure qui vise à accompagner individuellement les élèves de lycées professionnels à trouver des stages en entreprise. Il s’agit à la fois d’une mission d’insertion, de lutte contre le décrochage scolaire et de sensibilisation à la problématique des discriminations. Les jeunes que nous suivons sont majoritairement en difficulté scolaire, ont un manque énorme de confiance et sont souvent en situation de « détresse sociale ».  Se contenter uniquement de venir en aide à ces élèves sur la seule question des stages serait inefficace. Un long travail en amont sur l’ensemble des obstacles  est nécessaire pour leur réussite.

4-      Quel état des lieux faites-vous sur l’insertion des jeunes dans les lycées professionnels ? Quelles sont vos solutions ?

Les Périodes de Formation en Milieu Professionnel plus communément appelées « stage » font parties intégrantes de l’enseignement en Baccalauréat Professionnel de la même manière que le français ou encore les mathématiques. Je pense qu’il serait nécessaire   que le Ministère de l’Éducation Nationale effectue un bilan après 30 années d’expérience. Pour rappel, le Bulletin officiel spécial n° 2 du 19 février 2009 conditionne la réussite au baccalauréat à la validation de 22 semaines de stage en entreprise. Nous nous retrouvons donc dans une situation où un brillant élève avec d’excellents résultats dans les matières écrites échouera en raison d’une ou deux semaines non effectuées. Si le professeur principal est tenu d’accompagner ses élèves dans leur recherche de stage, en pratique c’est une autre histoire. On demande à un enseignant qui n’a pas forcément de réseau ni de réelles compétences dans le métier étudié par l’élève de le suivre, c’est ubuesque!  Au final, des élèves de 15 ou 16 ans doivent se heurter à la dure réalité du monde du travail sans en être véritablement préparés.