NewVo fait le portrait : Ouafa Mameche

1- Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Ouafa Mameche, j’ai 25 ans et je suis aujourd’hui éditrice. Après un master d’histoire et un master professionnel d’édition, j’ai monté une petite maison d’édition indépendante en statut associatif.

2- Parlez-nous de vos engagements ?
Mes engagements portent autour de la culture et l’éducation en général. Ma volonté a toujours été d’amener des thèmes là où on ne les attend pas, de faire rencontrer des gens différents et de monter des projets positifs.

Non le rap n’est pas une musique que de racailles vulgaires, non l’histoire n’est pas une discipline ennuyeuse. Il faut savoir s’adapter pour se faire comprendre et intéresser les gens : vulgariser un discours trop scientifique et intellectualiser un discours considéré comme intellectuellement vide.

Au niveau social, ça s’exprime surtout dans le fait de créer des ponts entre les domaines et montrer aux plus jeunes (généralement issus des quartiers) qu’il ne faut jamais baisser les bras, que rien n’est réellement fermé et que tous les rêves sont possibles. Tout passe par la confiance en soi au départ puis par la connaissance des mécanismes des milieux concernés, on n’y échappe pas.

3- Quel effet d’être la plus jeune directrice d’une maison d’édition en France ? Quels sont vos projets ?
C’est un fait que j’apprends, en réalité je ne me suis jamais posé la question, mais il est vrai que les gens sont souvent étonnés par mon jeune âge. Pour ma part je ne vois pas ça comme un exploit car j’ai simplement intégré une association avec un projet, je ne suis pas encore devenue PDG.

Le milieu éditorial est tellement sacralisé et très loin de la réalité d’une personne lambda que mon projet paraît ambitieux et audacieux à la fois, ce qui est une très bonne chose car cela me donne encore plus de motivation.
Nous avons vu que nous étions capables de produire un livre et de le vendre sans avoir de diffuseur.

Nous avons également constaté un réel engouement de la part des médias et des lecteurs autour de notre démarche. Le but est de désormais se structurer en entreprise, se professionnaliser encore plus dans tous les domaines qui touchent à l’édition et sortir un maximum de livres. Et bien sûr de vivre de ça, mais c’est une autre histoire.
4- Passionnée de musique, qu’en pensez-vous de la Culture urbaine ?

Je pense que les disciplines culturelles auxquelles on pense avec cette expression un peu fourre-tout qu’est la « culture urbaine » ont un avenir certain. Je pourrais même dire qu’ils sont l’avenir car ils se développent très rapidement et touchent un public qui dépasse celui des quartiers.

Le hip-hop par exemple a gagné sa légitimité avec le temps et ses codes sont utilisés dans des domaines totalement différents. Le développement culturel naîtra de ses mélanges de genres, en tout cas c’est une manière de penser que j’ai intégrée depuis une dizaine d’années dans ma propre vie.

C’est le rap qui m’a poussée à faire de l’histoire ; c’est le domaine associatif et le milieu hip-hop qui ont fait de moi la débrouillarde que je suis. Je ne peux que remercier ces « cultures urbaines » qui me donnent toute cette énergie et cette force qui me permettent d’avancer.