NewVo fait le portrait : Ludovic Mendes

1- Pouvez-vous présenter ?

Je suis Ludovic MENDES, j’ai 28 ans, je viens de Metz. Après différentes expériences à Nancy, Lille et Lyon, je suis revenu dans ma ville natale pour entreprendre.

J’ai lancé ma première structure à 24 ans, dans le nettoyage écologique, même si cette expérience ne s’est pas soldée de la façon dont j’aurai pu l’imaginer au départ, elle a été source d’enrichissement et me permet d’être préparé pour les prochains défis que je souhaite me lancer.

Je suis un enfant de la République, autodidacte, par mon parcours atypique, au niveau scolaire comme professionnel. J’ai d’ailleurs pu le mettre en avant, dans un récit sur l’apprentissage, en essayant d’envoyer un petit message d’espoir à une jeunesse qui se sent abandonnée et dépourvue de possibilités.
2- Quels sont vos engagements politiques et citoyens ?

Après plusieurs années d’errance politique, à débattre sur des sujets de société, d’actualité et économiques, j’ai décidé de prendre ma carte au Parti socialiste. Ça devait être en 2010, à Lille.

Depuis, j’ai continué mon engagement en Moselle, où je me suis investi au sein de ma section en entrant au bureau, ainsi qu’auprès de ma fédération en intégrant le conseil et le secrétariat fédéral.

En parallèle, étant profondément humaniste et faisant du vivre ensemble un pilier de notre société, et que depuis quelque temps, je suis indigné et exaspéré de voir comment évolue le pays. J’ai donc participé à la prise de position dans différentes tribunes, pétitions et manifestations; mais je trouvais que ce n’était pas assez concret.

Avec des camarades et amis mosellans, nous avons donc décidé d’agir au niveau local, en créant l’association Avenir Ensemble, dont je suis actuellement président.

Nous avons pour but, de fédérer un maximum d’acteurs engagés dans l’espace public, d’initier des débats sur l’actualité et sur la cité tout en invitant chacun d’entre nous à une réflexion constante pour imaginer et préparer l’avenir, grâce à des actions de terrain.

Nous avons organisé une manifestations avec un village associatif, pour informer sur la situation des réfugiés dans le monde, tout en organisant une collecte de vêtements, de chaussures et de couvertures, qui fut un véritable succès, car nous avons récolté 12 tonnes de dons en une journée.

Nous portons des projets autour de la solidarité, afin de renouer avec la fraternité, comme prochainement, nous organiserons un repas fraternel où chacun pourra participer à sa hauteur, l’objectif étant de réunir des personnes de tous horizons le temps d’un repas.

Nous travaillons, sur l’implantation « d’étagères du partage » dans le centre-ville de Metz, afin que des denrées alimentaires puissent être redistribuées aux plus démunies. Nous essayons de porter des projets économiques dans des quartiers dits  » sensibles « .
3- Vous êtes originaire de Lorraine, dans quels états d’esprit sont les habitants suite aux attaques de novembre 2015 ?

Ici, comme dans toute la France, la population a été choquée et fortement touchée. D’ailleurs, la ville fut endeuillée par la mort d’un couple de jeunes fortement appréciés. Nous avons donc vécu au rythme des recueillements et des rassemblements en leur mémoire.

On sent une véritable fracture et une peur qui s’installe fortement, cela se ressent dans les urnes, où le Front National arrive en tête au premier tour de l’élection régionale. Le mal est plus profond, car cela fait maintenant plusieurs échéances électorales où nous voyons ce parti atteindre des scores importants, ils ont même réussi à prendre les commandes de la ville de Hayange.

Mais les échanges que nous pouvons avoir avec les personnes que nous rencontrons, sont plutôt négatifs et pessimistes. Dans les quartiers, on ressent une forme de peur par l’amalgame et dans les zones plus rurales, une forme de rejet de l’autre. Les attentats sont venus renforcer les stigmates d’une société déchirée et ne percevant plus d’espoir pour un idéal français.

4- Vous avez lancé une pétition contre la déchéance de nationalité et l’état d’urgence. Quels sont vos objectifs ?

Nous avons lancé et rédigé cette pétition avec Nisrine ZAIBI, car nous pensons que, d’une part le tout sécuritaire ne répondra en rien à la problématique actuelle, que cela renforce la peur et les doutes; que d’autre part la constitutionnalisation de la déchéance de la nationalité, c’est inefficace et violent.

Pour nous, comme pour Pierre Joxe ou différents juristes, l’article 25 du code civil est suffisant pour répondre à cette demande. La modification constitutionnelle créera une inégalité des français binationaux devant la loi, c’est donc contraire à l’article 1er de la constitution. Elle est dans la situation actuelle du pays, une forme de discrimination complémentaire, qui donne à une partie de la population l’impression d’un racisme qui ne dit pas son nom.

Nous pensons qu’elle met en péril l’avenir de la nation. Imaginons que demain, par le jeu du système électoral, des conservateurs antirépublicains remportent les élections présidentielles; qui peut nous dire comment ils peuvent interpréter ce texte? Cette modification, ouvre la possibilité de déchoir de la nationalité une personne pour un délit portant atteinte à la nation. N’est-ce pas là un danger, qui pourra priver les citoyens de libertés fondamentales, comme exprimer une opinion ou manifester?

Notre objectif avec cette pétition, est de pouvoir porter le débat au plus près des citoyens par le biais d’un référendum. Nous souhaitons des propositions concrètes sur le vivre ensemble, afin de réduire l’envie de certaines personnes, de s’enrôler dans des actions extrémistes et d’être à la botte du fanatisme; mais aussi sur une solution plus égalitaire qui est la peine d’indignité nationale, qui permet de déchoir des droits civiques et rappelle donc à chacun ses droits et devoirs.

Nous pensons que la meilleure réponse à apporter aux français pour repenser l’avenir, est inscrite sur les frontons de nos mairies, « Liberté, Égalité, Fraternité », sans cela, je crains que nous ne puissions redonner de l’espérance à un peuple qui se sent désorienté et en quête d’identité passéistes; alors que, avec ces trois mots nous pouvons réécrire un idéal français.