NewVo fait le portrait : l’artiste Brav

1- Pouvez-vous vous présenter ?

Brav, artiste havrais de la scène rap depuis plus de dix ans. Membre du label Din Records, j’ai débuté ma carrière en duo avec Tiers Monde avec qui je formais le groupe Bouchées Doubles.

Mais ma carrière solo ne commence réellement qu’en 2015 avec la sortie de mon premier album solo Sous France. J’ai sorti en février 2016 mon 2ème album Error 404.

2- Comment a débuté votre carrière dans le Hip Hop français ?

Généralement dans les quartiers populaires, les activités les plus répandues sont le foot et le rap. Il faut croire que j’étais vraiment nul en foot (rires).

Avec mes amis d’enfance (les membres actuels du label), nous avons débuté au départ dans un simple garage que ma grande sœur nous avait mis à disposition et nous nous réunissions tous les mercredis pour exposer aux autres les textes écris la semaine.

Puis au fur et à mesure, le garage est devenu trop petit pour accueillir les personnes qui souhaitaient nous écouter.

3- De « Sous France » à « Error 404 », quelles sont les messages que vous souhaitez nous faire passer ?

J’ai souvent tendance à écrire les choses que je vis et que je vois autour de moi. C’est mon ressenti un peu personnel sur les conditions de vie parfois difficiles de cette France d’en bas d’où je suis issu.

Nous autres, ces gens qui n’en peuvent plus et qui n’ont pas les moyens de le clamer haut et fort. Et comme je pars de zéro, je dirais qu’en bas, il fait forcément sombre.

4- Existe-t-il un Rap tendance « prolétaire » en France ?

Du rap prolétaire ? Je ne sais pas si c’est exactement un style ou un genre mais j’ai tendance à écrire en m’inspirant des choses que je connais le mieux. Et ce que je connais le mieux, c’est la France ouvrière. Pour moi, « prolétaire » désigne cette catégorie de personnes qui n’ont que leurs enfants et leurs bras comme richesses.

Le rap, devenu aujourd’hui une musique très populaire, est avant tout fait par des jeunes qui n’ont pas souvent des notions de solfège, ni même forcément les moyens pour enregistrer en studio. Pourtant, par la simple motivation et la persévérance, cette musique se retrouve aujourd’hui bien souvent sur le podium des meilleures ventes de musique.

Cela fait écho à cet esprit d’effort et de travail. Et comme cette musique se nourrit de ce qui l’entoure et qu’elle est à l’image de notre société, tu trouveras aussi bien du rap de prolo’ que du rap de bobo, etc. C’est la musique du peuple et le peuple n’est pas un, il a de multiples visages.