NewVo fait le portrait : Ibrahima Keita

1- Pouvez-vous vous présenter ?

Je me prénomme Ibrahima KEITA, j’ai 48 ans, je suis consultant/coach en développement personnel et professionnel, diplômé de l’Essec. Je suis Président de la coordination des Élus Français d’Origine Malienne (CEFOM), aussi président de SOS Racisme de Cergy-Pontoise, ainsi que président de l’association initiatives pour la promotion de la diversité (INIPROD) et initiateur du stade Salif KEITA basé à Cergy.

2- D’où vient cet engagement citoyen ?

Mon engagement citoyen vient du fait que je pense que certaines choses ne tournent pas rond dans la société et je considère que cela nécessite un engagement fort pour défendre des causes nobles et justes contribuant à un mieux vivre ensemble dans la cité.

3- Vous êtes engagés dans 2 pays : le Mali et la France. Quel est la différence et quelles sont les points communs ?

Du fait de ma double nationalité et de ma double culture en tant que Franco-Malien, ce sont deux pays culturellement et sociologiquement différents, mais ont une histoire commune à partager et sont complémentaires dans le cadre de la coopération bilatérale. Ce qu’ils ont en commun, ce sont des valeurs partagées d’amitié et de solidarité.

4- Antiracistes, que pensez-vous du climat islamophobes et négrophobes en France ?

Fervent d’un combat égalitaire pour tous et notamment en France, je trouve le climat actuel nauséabond ! La parole raciste s’est complètement libérée, les comportements racistes banalisés et ce depuis les attentats de janvier et novembre 2015 !

L’ignorance et les amalgames sont à l’origine de ce climat délétère avec la complicité des médias et des politiques dont le silence assourdissant ne peut que témoigner d’une adhésion à la division des citoyens (affaire Taubira la comparant à une guenon, déchéance de la nationalité, propos de Laurent Blanc, de Willy Sagnol, de Nadine Morano, Nicolas Sarkozy avec le discours de Dakar) tout ceci faisant le jeu du front national.

Quand on est noir et de confession musulmane en France, on est aujourd’hui rejeté, dénigré et traité comme un sous-homme eu égard à la colonisation ou à l’esclavage !

Traité une personne de « youpin » ou de bougnoule en France n’aurait certainement pas le même écho dans les médias et la classe politique !