NewVo fait le portrait : Christophe Disic

1- Pouvez-vous vous présenter ?
Français par ma mère et d’origine yougoslave (puis serbe) par mon père, enfant de la Seine-Saint-Denis, j’y ai étudié puis travaillé la majeure partie de ma vie. Aujourd’hui, je suis communicant public et politique, une expertise accumulée depuis près de 20 ans auprès des collectivités locales et plus récemment auprès de l’État.
Après avoir obtenu une licence Infocom à Paris 8-Saint-Denis, j’ai commencé comme journaliste territorial pour atteindre petit-à-petit des postes à responsabilités en communication. Cette expérience m’a ouvert les yeux sur un sujet qui me colle depuis : la démocratie locale, ses rouages, son potentiel et surtout ses limites.

J’ai d’ailleurs repris mes études en 2008, après avoir intégré la fonction publique, par un Master2 au Celsa en communication des institutions. Cela a été l’occasion pour moi de soutenir un mémoire sur le droit d’expression des élus d’opposition dans les collectivités.

Depuis 2013, j’ai également une activité d’auto entrepreneur pour former des élus et des cadres publics aux questions de stratégie de communication interne et externe, de marchés publics de communication et de management de la fonction com dans les organisations.
En synthèse ce qui m’anime, je crois, c’est ce besoin d’égalité et de justice inscrite dans mes gênes, issu de mon environnement social et chevillé à ma volonté de construire toujours ce qui fait intérêt général.

2- Justement, avez-vous des engagements citoyens ?
Je dirais qu’être fonctionnaire est déjà en soi un premier engagement citoyen. Alors que certains rêvent de briser notre patrimoine commun qu’est le service public, j’en suis un défenseur quotidien. L’égalité devant la loi, devant les droits mais surtout l’accès pour tous au même service public est une cause importante à défendre surtout dans un contexte de crise entre le citoyen et le politique.
C’est peut-être un peu pour cela que je prends parfois mon bâton de pèlerin pour prêcher le respect des droits des élus locaux. Car je pense que pour redonner un lien de confiance en nos politiques, il faut parfois les former un peu…

En même temps, je suis militant politique pour changer avec les gens ce qui ne va pas et proposer des pistes d’amélioration. Ce travail de terrain est essentiel pour prendre du recul par rapport au jeu médiatique qui nous enferme parfois dans un monde binaire. La vie en société est plus subtile et je pense, par exemple, qu’enseigner aux plus jeunes ce que sont les institutions et les médias permettent de les ouvrir au monde qui les entoure et d’éveiller leur sens critique.

3- C’est quoi le blog « La parole est à l’opposition » ?
De ma pratique professionnelle, j’ai compris que la démocratie locale pouvait instaurer un jeu de dupes entre une majorité toute puissante et une opposition muselée. Je suis parti d’un principe simple : pour renforcer la démocratie il fallait accréditer la thèse selon laquelle « respecter les droits de l’opposition, c’est valoriser la majorité ».

Concrètement, plus la majorité peut écouter le contradictoire, plus elle peut proposer son argumentaire. Il ne faut pas oublier que les citoyens ont élu la majorité mais ils ont aussi élu l’opposition. Donc devant ce fait démocratique, il m’est alors venu l’idée en 2013 de lancer un blog « La parole est à l’opposition » dans lequel j’analyse le droit d’expression instauré par la loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité. J’y relaie les jurisprudences, j’en tire des stratégies de communication possibles pour les élus minoritaires.

Aujourd’hui, cette niche représente près de 1 000 contacts que j’informe directement et 15 000 visiteurs uniques que sont des élus, des collaborateurs d’élus, des cadres communicants, des juristes, des étudiants… En outre, ce blog témoigne d’un fait simple : il faut sortir parfois d’une posture politique plate qui enferme le débat dans des railleries et éloigne le citoyen.

4- D’où cette passion pour le football d’Europe de l’Est ?
Déjà, je suis passionné de football. Gamin, France Football m’a enseigné la géographie. En effet, j’étais un des rares en 6eme à savoir positionner Tbilissi ou Dniepropetrovsk sur une carte. Et puis le football c’est aussi un vrai support de géopolitique.

Si nos grands-parents on vécu avec la Hongrie de Puskas, nos parents avec le Marseille de Skoblar, moi j’ai connu la génération des Susic-Stojkovic-Savicevic-Vujovic… Je vis avec la nostalgie permanente d’un football yougoslave qui a enchanté plusieurs générations par un style de jeu étonnant fait de gestes techniques au sein d’un collectif harmonieux.

Après le Steaua Bucarest en 1986, l’Etoile Rouge de Belgrade est le seul club qui, en 1991, a réussi à décroché le titre continental avec des moyens bien en deçà des clubs comme Milan, Barcelone, le Bayern ou Marseille. Un temps révolu.

Aujourd’hui, à part dans les grands clubs –et encore je ne vois que Barcelone- nous n’avons plus beaucoup d’exemples de collectifs techniques qui font vivre le ballon et émerveillent le passionné. Cette yougo-nostalgie du ballon rond devient d’ailleurs un phénomène. On ne compte plus les profils Facebook autour de l’Ex-Yu. L’Equipe en a fait récemment un reportage, RMC-Sport une émission. Un site web français Footballski.fr existe depuis deux ans et traite de l’ensemble des footballs tels qu’ils se pratiquent aujourd’hui à l’Est de notre continent.

Ma passion m’a d’ailleurs amené récemment à publié une étude sur Facebook pour analyser comment se comportent aujourd’hui les six républiques qui composaient encore la Yougoslavie en 1992. Et j’imagine toujours ce que serai cette équipe aujourd’hui si elle avait ses stras internationales croates, serbes, slovènes, macédoniennes, monténégrines ou bosniaques…