NewVo fait le portrait : Aziz Lasri

1- Pouvez-vous présenter et votre engagement citoyen ?
Aziz LASRI, 31 ans, né à Saint Germain en Laye (78) de mère au foyer et de père ouvrier à la retraite ancien employé de Peugeot. Autodidacte actuellement consultant chef de projet en Buisness Intelligence, habitant à Trappes dans les Yvelines et natif de Vernouillet (78). J’étais engagé depuis tout jeune à l’école en tant que délégué d’élèves, cela a été ma première forme d’engagement avant de vouloir prendre définitivement des postions en m’engageant politiquement en 2014 avec une liste citoyenne « Ensemble agissons pour Trappes ».

2- Dans quelle(s) associations êtes-vous engagés ?
Je suis acteur associatif au sein de plusieurs structures : Banlieue Plus, le Collectif Citoyens, « Pas sans nous » et « Mélange des peuples ». Je suis également membre de mon comité de quartier.
Chaque engagement dans chacune des structures est pour moi différent :
– Pour Banlieue Plus, mon objectif est de casser les clichés véhiculés sur les quartiers populaires. Mon autre but personnel est de mettre des personnes en contact, de créer des synergies pour faire aboutir toute sorte de projet.
– Pour le Collectif Citoyens, l’objectif est de favoriser l’engagement civique et politique afin de lutter contre l’abstentionnisme mais aussi faire émerger des forces politiques au niveau local et national en les accompagnant.
– Pour « Pas sans nous », l’objectif est de superviser la mise en place des conseils citoyens nouvellement mis en place.
– Et pour finir, « Mélange des peuples » a pour but de créer un dialogue interculturel, de favoriser les échanges sur des sujets de société et aider les parents monoparentaux en situation précaire.

3- Pourquoi présentez vous sur une liste indépendante lors des dernières régionales de 2015 ?
Le constat est le suivant plus aucun parti politique ne répond à nos besoins…aucun et je le souligne. Les propositions et les actions menées ne collent pas avec les besoins réels des habitants, qui ont une expertise d’usage et vivent les réalités du quotidien.
Afin de casser avec ce système du « Nous savons mieux que vous, ce qui est bien pour vous », j’ai décidé de me présenter avec l’équipe de « C’est à nous ». Pour faire des propositions qui collent réellement à nos besoins. Chose en partie réussie car ceux qui ont lu notre programme ont vu que ce projet venait de ce que nous appelons « le terrain » avec de très bons retours. « Terrain » qu’une majorité de notre classe politique est déconnecté.

4- Que pensez-vous de la libération de la parole raciste et islamophobe en France ? Et quelles sont vos solutions ?
Depuis ces 25 à 30 dernières années, nous assistons, je dirais plus à la banalisation et à la libération d’un discours stigmatisant. Une partie de la population génère un rejet se présentant sous ces formes : islamophobie, antisémitisme, négro-phobie, homophobie, misogynie etc…
Des solutions peuvent être trouvées, la plus forte est de ne plus faire intervenir des personnalités tenant des discours discriminants et qui tendent vers la haine de l’autre. Ces individus sont identifiés car très souvent ces mêmes personnes sont invitées systématiquement. Certains diront que nous touchons à la liberté d’expression en censurant ces propos, à cela, je dis que fondamentalement, je suis pour la liberté d’expression mais contre des propos qui incitent à la haine de l’autre. Puisque trop souvent les analyses des intervenants sont basées sur un constat et non une analyse fine des choses. Nous nous retrouvons donc face à un monologue d’opinions et non un échange d’idées.
Ce que je propose comme deuxième solution, consiste à mettre face à une personne au discours de division, une personne qui déconstruira ces propos. Il faut cependant des personnes d’expérience de « terrain » qui connaissent les thématiques évoquées et pourront de fait défaire les discours d’amalgames. Et pourtant ces démarches quasiment aucun média ne le fait…