En politique, la mode joue aussi un rôle majeur. Au lendemain de l’élection de Donald Trump, on réalise l’importance de l’image et de la communication.

Trump, tout juste président, a fait son discours en costume sombre et cravate rouge, comme pour tous les discours de sa campagne. En bleu, en blanc, en rouge, il s’affiche aux couleurs de son pays. Couleurs combinées au fameux costume/cravate, Donald Trump se montre dans l’uniforme de l’homme politique. En somme, de l’homme capable d’assumer ses responsabilités. Ainsi, il tend à inspirer confiance et donc, s’attirer les votes du peuple (et il a réussi). Pour les américains, il reflète bien le self made man, qui a fait sa fortune en travaillant dur et de lui-même. N’oublions pas que malgré ses banqueroutes et autres embrouilles, Donald Trump est avant tout un homme d’affaires qui a gagné beaucoup d’argent, magnat de l’immobilier. Nombreux de ses partisans sont d’ailleurs issus du même milieu de riches entrepreneurs.

Donald-Trump donaldtrumpmelaniatrump

Cravate bleue, cravate rouge, toujours avec une chemise blanche. Notre cher Donald reste dans le thème de la bannière étoilée et s’inspire du drapeau américain pour s’habiller!

En comparaison, notre cher président François Hollande paraît bien moins impressionnant. Souvent l’objet de critiques, il est dénigré, surnommé même Flamby. Les critiques attaquent régulièrement ses tenues débraillées: la cravate tournée, la braguette ouverte… Il est considéré comme l’un des présidents les moins biens habillés. Refusant de céder au luxe, il persiste à acheter ses costumes en prêt-à-porter et les fait retoucher par un petit tailleur du XVIIe, mais mal. Très mal. Mais c’est aussi politique: en agissant ainsi, il s’oppose à l’image bling bling de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.

Ses déboires vestimentaires sont tels qu’un site s’amuse même à les répertorier: François, ta cravate!

 François-Hollande

Cette cravate! Grrrrr….

Les politiques ont ainsi compris l’importance d’avoir un conseiller en image. Chaque tenue peut être vecteur d’un message, surtout en campagne.

Toujours la cravate: le dernier scandale en date est celui concernant Bruno Le Maire. Lors du premier débat de la primaire à droite, le candidat s’est présenté SANS cravate. Je me souviens avoir regardé ce débat (et avoir eu le sentiment comme beaucoup d’avoir perdu ma soirée) et c’est l’une des premières choses que j’ai remarqué. C’était flagrant car c’était le seul. Malin. Par ce choix vestimentaire, Bruno Le Maire se démarque et ose sortir de la tradition. Pour certains, ce geste est perçu comme moderne, jeune mais pour d’autres, c’est un manque de sérieux et donc de crédibilité.

Bruno-LeMaire

Le rebelle Bruno Le Maire

Pour la petite histoire, la cravate viendrait des soldats croates engagés sous Louis XIII qui portaient un foulard noué autour de leur cou. Mais la cravate moderne date de 1926 et est l’oeuvre du new-yorkais Jesse Langsdorf. Il est celui qui pense sa coupe en diagonale dans le tissu et en trois parties pour plus d’élasticité. Aujourd’hui, la cravate est l’indispensable de tout élégant et la nouer est tout un art.

Qu’importe sa couleur, sa taille, la cravate montre ô combien la mode en politique à ses codes et que l’apparence est bien souvent le reflet des valeurs que le politicien veut défendre. Même si l’habit ne fait pas toujours le moine, cela est plus fréquent qu’on ne le pense.

L’arrivée des femmes en politique a également soulevé bien des questions car  elles sont encore nouvelles dans ce paysage mais ça, c’est encore une autre Histoire/histoire. Affaire à suivre…

Père-Castor