À l’occasion de la sortie de son second EP éponyme, prévue le 8 avril prochain, nous avons rencontré Mila Auguste. Un album aux ondes positives, où il souffle un agréable vent de printemps.

Ton premier EP remonte à 2011. Quand à ton prochain opus, il est attendu dans les bacs pour le 8 avril. Pourquoi avoir attendu autant de temps entre les deux ?

J’ai changé de partenaires, j’ai rencontré d’autres gens… Le temps que ça se fasse, trouver les bonnes personnes… Et après, prendre un peu de temps pour écrire, pour chercher le nouveau son que je voulais développer.

Pour ce deuxième EP, tu as collaboré avec Florent Livet (Cassius, Phoenix) et Pavle Kovacevic (Sébastien Tellier) : comment se sont passées ces rencontres ?

C’est une rencontre un peu incroyable pour moi. Humainement, ce sont des gars géniaux, très simples. C’est mon éditrice qui nous a présentés. On s’est tout de suite très bien entendu. Je leur ai fait écouter mes maquettes : ils ont « kiffé ». Je savais que j’étais au bout de ce que je pouvais faire, mais je voulais que l’on pousse plus loin. Et ils sont allés dans le sens que je voulais en mieux, il n’y a pas eu de jugement, ils ont adhéré à ce que je voulais. C’est rare, je pense, d’avoir des gens comme ça.

A travers ton univers, souhaites-tu briser les conventions, ou du moins, bouleverser les codes ?

Je ne sais pas si c’est briser les conventions, mais en tout cas, je ne veux pas me donner de barrières, ni de contraintes. Je veux justement laisser libre cours à mon imagination, à tout ce que je pourrais entendre, et du coup ça donne parfois lieu à des mélanges étranges. Mais j’aime ça, j’aime la bizarrerie. Pour moi, cela ne me semble pas étrange. Il y a une harmonie qui naît de ça et c’est ça que j’attends.

Ton précédent EP est plus jazzy, alors que le second est davantage électro-pop. Quelles ont été tes influences pour ce nouvel album ?

Je n’ai plus écouté justement de musique avant d’écrire et de composer l’EP. Je voulais être complètement défaite de tout ce que j’ai pu entendre avant.

Après, ce que j’écoutais, c’est Florence and The Machine, Likke Li, des musiques africaines, des percussions balkaniques, du classique… C’est très varié.

Pour rebondir sur les musiques africaines, tu as fait une escale en Côte d’Ivoire, à Abidjan. Quelle place occupe cette étape dans ton parcours ?

J’étais petite, j’avais 6-7 ans. On est resté un an et demi là-bas. Mais quand t’es petite, c’est très marquant la vie en Afrique : l’état d’esprit, la musique, le rapport au corps, à la liberté de danser, de chanter, etc.

Ça a été très marquant pour nous pour le côté humain. Pour la musique, je rêve de pouvoir développer encore plus le côté africain dans mes morceaux. Ça y est un peu dans l’EP mais je rêve de le développer encore plus : de jouer avec un joueur de kora, d’essayer de faire rencontrer la pop et la musique africaine.

Ces sonorités africaines se retrouvent notamment dans ton titre Danse: comment le réalisation de ce morceau s’est faite ?

Souvent, pour ce genre de rythmes-là, ce sont les percussions et la guitare à l’accroche. Puis ensuite, je développe et j’essaie d’amener quelque chose d’un peu plus éthéré, avec des xylophones ou des choses qui viennent contrebalancer, pour pas que ça ne soit trop lourd. Généralement, la voix vient avec le début.

Pourquoi cette « fracture »  de style entre tes deux opus ? Ou du moins, quelles en sont les différences ?

Pour moi, il n’est pas complètement à l’opposé. Le 1er EP c’était un test : c’était la première fois que j’écrivais, que je composais, que je faisais de l’arrangement. Pour le coup, je ne l’ai pas structuré et je l’ai enregistré très vite. Donc, je n’ai pas eu le temps de le digérer.

Mais il y a un des titres, Help Myself, qui est le précurseur de là où je voulais aller. Pour moi, Help Myself, dans une version plus aboutie, il aurait pu être dans celui-ci [Mila Auguste, dans les bacs le 8 avril].

Ce 2e album est plus abouti, j’ai pris plus de temps pour le faire. Il est plus mûri et mieux construit, j’ai travaillé avec d’autres personnes, qui l’ont porté plus haut que le précédent.

Par rapport au clip de ton dernier titre, Guerre au cœur, quelle est son histoire ? Comment ça s’est passé avec la réalisatrice, Margot Malingue ?

 Avec Margot, c’est la deuxième fois que l’on collabore sur un clip. Ce qui a de génial avec elle, c’est que l’on ne se dit rien, on réfléchit chacune de notre côté et on arrive sur la table en se demandant ce que pense l’autre. Et généralement, ce sont tout à fait les mêmes directions.

Là, c’est l’histoire d’un combat, d’un mec qui n’est pas bien et d’une femme qui a une position positive sur l’histoire, qui essaie de tirer vers le haut. C’est un combat positif, lumineux. On s’est inspiré des danses japonaises et des arts martiaux.

Justement, pourquoi ces références à l’univers asiatique ?

En fait, il y a un passage dans le morceau avec un instrument et une phrase qui sont très japonisants. J’avais déjà cette idée en tête. Le texte me fait penser aux arts martiaux, au combat : du coup, cela tombait très bien avec la culture japonaise.

Envisages-tu de faire des concerts à Paris ?

Oui, le prochain est le 27 mai au FGO-Barbara, à Barbès. Et après, je n’en ai pas, vu que c’est moi qui démarche.