Golden Globes, Fashion Week, les événements Fashion se suivent et une tendance se confirme: l’unisexe.                       (avec déjà un petit article signé Florence pour un peu d’histoire)

Les codes du vestiaire changent. La séparation nette entre masculin et féminin s’efface pour laisser place à un vestiaire unique où chacun s’habille comme il veut. Ce changement dialogue entre mode de rue et mode des podiums, s’inspirant l’un de l’autre, l’un par son audace, l’autre pour son confort et sa pratique.

Combat mené activement dès le XIXe siècle par des figures telles que George Sand et plus tard, au XXe par Colette, Marlène Dietrich, l’unisexe n’est pas encore totalement acquis. La séparation des sexes est tellement ancrée dans les mœurs qu’il faut du temps pour passer à une nouvelle norme.

george-sandGeorge Sand, caricature d’Alcide Joseph Lorentz (1813-1891), 1848

~

Le 8 janvier 2017  a eu lieu la cérémonie des Golden Globes. Le tapis rouge a été foulé par les plus grandes célébrités du petit et grand écran. Pour l’occasion, l’actrice principale de la série Westworld, Evan Rachel Wood s’est présentée en smoking, tout comme l’actrice Octavia Spencer. Ce n’est pas nouveau et l’exercice a été accompli par de nombreuses actrices auparavant, Janelle Monae en ayant même fait une de ses marques de fabrique. Mais dans ce contexte actuel où le débat féministe est vif, ce n’est pas passé inaperçu.  Interviewée, l’actrice explique sa démarche comme un hommage à Marlène Dietrich, à Victor Victoria (film mythique) avec Julie Andrews et autres figures de garçonnes mais aussi comme un rappel que la robe n’est pas la seule option sur un tapis rouge.

« Je porte une robe à chaque fois et j’adore les robes. Je n’essaie pas de protester contre les robes mais je voulais m’assurer que les jeunes filles et les femmes savent que ce n’est pas une obligation ».

« I’ve worn a dress every single time and I love dresses. I’m not trying to protest dresses but I wanted to make sure that young girls and women know that it’s not a requirement ».

Le lendemain, lundi 9 janvier 2017 a eu lieu le défilé de Vivienne Westwood à Londres. Punk, activiste de 75 ans, Vivienne Westwood est connue pour chambouler les codes. Pour présenter sa collection nommée ECOTRICITY, hommes et femmes ont défilé sans distinction, à la fois en pantalon, smoking, robe ou jupe.

« She and he are having fun with Unisex and swapping clothes ».

(Elle et lui s’amusent avec l’unisexe et à échanger leurs vêtements). 

Mais l’unisexe n’est pas la seule idée défendue. Le changement climatique est un combat aussi, s’élevant par la même contre les grosses compagnies du prêt-à-porter, l’une des industries les plus polluantes. Elle préfère mettre en avant le travail, le savoir-faire, la coupe à la quantité, employant même le terme « d’artisan ». 

L’unisexe, idée qui commençait à germer déjà aux Fashion Week précedentes, se généralise avec de plus en plus de maisons et de couturiers qui décident de fusionner leurs collections en une: Kenzo, Paul Smith, etc. Outre l’élan idéologique, c’est aussi un avantage économique non négligeable, réduisant le nombre de pièces à présenter et celui de défilés à produire.

Le débat est vif avec un mouvement féministe très actif et une prise de conscience sur de nombreuses inégalités entre hommes et femmes qui se transcrivent notamment dans la mode. Le pantalon devenu un basique du vestiaire féminin, il n’est pas encore certain que la jupe ait la même destinée et soit portée quotidiennement par l’homme. (Affaire à suivre)