Lumière sur le sombre SCH

e8476cef0e720ed2c374dc1446f51455-1000x1000x1J’ai connu le rappeur marseillais sur le remix du morceau « On fait pas ça » de Lacrim (extrait du projet Corleone en 2014). Puis deux sons ont achevé de me convaincre du potentiel de ce rappeur du Grand Sud dans la mixtape « R.I.P.R.O. Volume 1 » toujours avec Lacrim. Tout d’abord, le son « 6.35 » avec l’énergique Sadek de Seine-Saint-Denis et le talentueux rappeur de rue Lacrim « Où sont mes scélérats ? J’suis l’indélébile y’a que des Véléda », m’a tout de suite gagné. Et le solo « Millions » où on est frappé par des punchlines comme « J’pars en guerre poto j’ai mis d’l’espoir. J’avais l’regard vide dans l’square. J’souffre encore des stigmates sous mes sapes ».

En 2015, la première mixtape de SCH « A7 » arrive avec des inspirations napolitaines « Gomorra » : « Grandi dans le sang, on devient dit-ban sans le vouloir », « Gedeon », « A7 », le strass et paillettes  « Champs-Elysées », l’intimiste « Fusil », et le meilleur morceau de l’EP « Liquide » avec Lacrim « Le savoir est une arme, j’suis calibré. J’suis cultivé ». Cet album donne un premier panorama de la personnalité d’SCH à la fois sombre et profond.

sch_anarchieEnfin, vient en 2016 le premier album « Anarchie ». Je fus surpris par ce titre éponyme. Le clip est inquiétant, sombre et meurtrier « Mon pays c’est plaqué 1-3, mets-toi un doigt. Tête brûlée, BCBG, avec des PGP bossent H24 en TP, entêtés. On revient pas au début. Y’a des mères qui pleurent leurs fils, hier c’étaient encore leurs bébés ». Le second extrait est très chantant « Je la connais ». Puis le featuring gagnant avec le rappeur italien Sfera Ebbasta « Cartine Cartier », l’hommage à Doc Gynéco « Le doc », la dédicace à sa mère « Allô maman », le très rap de rue « Dix-neuf ». Tout ça sans oublier le sombre « Himalaya » avec les mots acerbes de SCH « Mon père vous a donné sa santé, je suis là pour l’addition. J’ai ses 40 ans d’charbon dans l’âme ». Je conclurai cette critique en rendant hommage à la polyvalence de cet artiste qui conjugue remarquablement art musicale et art visuel. Il suffit de voir le clip de « Anarchie » pour comprendre le talent de cet artiste pour créer des réussites sonores et visuelles. Cela dénote aussi un appétit d’ogre pour la réussite. SCH n’a pas fini de nous impressionner.