Dans la scène musicale indépendante française, un rappeur a su faire parler de lui à plus d’une reprise. Il s’agit de Ludovic Villard, plus connu sous le nom de « Lucio Bukowski », référence au célèbre écrivain américain, membre du collectif lyonnais « l’Animalerie ».

Image Via www.facebook.com/Lanimalerie

Le présenter n’est pas une tâche aisée, tant le personnage dénote de standards habituels et des individus que l’on est habitué à croiser dans ce milieu. Milieu qu’il est le premier à critiquer par ailleurs.

Pour débuter, commençons par un bref retour sur sa carrière. Lucio a donc fait ses débuts avec son collectif à la fin des années 2000, dont certains des membres ont également acquis une certaine notoriété parmi lesquels on peut citer Anton Serra, Kacem Wapalek, Oster Lapwass, et bien d’autres encore.

En effet, c’est en effectuant des freestyles dans l’appartement de ce dernier, leur producteur attitré, qu’ils font leurs premières armes musicales. Puis, petit à petit, les vidéos connaissant un petit succès, les artistes commenceront à effectuer des petits concerts locaux.

 

Couverture de l’album « Oderunt Poetas » (Image Via www.facebook.com/lucio.bukowski)

« Le suffrage universel, c’est rien qu’un album Panini
Des images qui collent aux doigts, qui s’échangent entre partis
Leurs préférées : les plus brillantes, mec, ils votent pour des cravates
Que choisira le bourricot : la carotte ou la cravache ? »

Lucio Bukowski – « Décalage vers le rouge » (Oderunt Poetas

 

 

Parallèlement Lucio lance sa carrière solo en publiant différents projets et s’impose progressivement comme l’une des figures de proue du collectif. Il se met à collaborer, le temps d’un projet, avec d’autres producteurs comme Nestor Kéa, Milka, Mani Deïz, Lionel Soulchildren ou encore Kyo Itachi.

Il va alors, selon l’expression consacrée, « se faire un nom ». Il faut reconnaître que le moins que l’on puisse dire à son propos, c’est qu’il est indéniablement productif. En effet, il compte, en tant que rappeur, pas moins de 14 EP’s et 7 albums, dont un en duo avec Anton Serra.

Concernant la musique en elle-même, il est également compliqué d’y accoler une étiquette. « Cynique », « poétique », « drôle », « mélancolique », « réfléchie » sont autant d’adjectifs qui peuvent lui correspondre selon les morceaux et les projets.

Couverture de l’album « L’Art raffiné de l’ecchymose » (Image Via www.facebook.com/lucio.bukowski)

« Des affiches de lingerie, sépia dans l’imagerie
C’est pas comme j’imagine mais je combats l’hémorragie
Un chien traverse au rouge, les cheveux blonds d’une fille
Dansant dans la brise, elle pensant dans une file
Les nuages se rassemblent, on dirait du Rothko
C’est beau, presque aussi beau que du Rouault »

Lucio Bukowski – « Autre gare, même train » (L’Art raffiné de l’Ecchymose)

 

 

En tout cas, « surprenante » est en revanche une constante. Il est habitué aux titres surprenant comme « Les faiseurs d’illusion sortent des lapins morts de leurs chapeaux », « Ceux qui boivent pour oublier sont priés de payer d’avance », ou encore « Si Chopin avait eût une MPC, Baudelaire aurait rappé ».

Ainsi, lorsque l’on entame un album de Lucio Bukowski, particulièrement les plus récents, on ne sait jamais véritablement à quoi s’attendre tant la forme et l’atmosphère peuvent varier. C’est là la conséquence de collaborer sur des projets entiers avec un seul producteur, et c’est également ce qui lui permet de se renouveler à chaque nouvelle sortie.

Sur le fond des textes, c’est, ici aussi, assez déroutant. Le vocabulaire est varié, les thèmes profonds, le ton tantôt humble, tantôt taquin mais jamais prétentieux. Lucio explique écrire par pulsion au fil de la plume et de la pensée, c’est aussi ce qui explique que l’on peut passer du coq à l’âne dans une même musique.

Malgré tout, il y a des thèmes récurrents comme le ressenti de Lucio par rapport à l’époque, les sujets politiques, l’amour, la féminité et la sensualité, le temps, et les références culturelles, qui sont pléthores, aussi bien littéraires, que philosophique, musicales ou cinématographiques, ce qui lui a valu la réputation d’être un spécialiste du « name droping ».

 

Outre cela, Lucio est également producteur puisque ces EP’s « Golgotha », « Tchouen » et « L’Homme Vivant » ne comportent que des instrus effectuées par ces soins, et qu’il a également sorti quelques projets purement instrumentaux sous les pseudonymes de « Haymaker », « Louise Kabuki », ou encore « Ludo ».

Image Via www.facebook.com/lucio.bukowski

Enfin, il est également l’auteur d’un recueil de poème intitulé « Je demeure paisible au travers de leur gorge » sorti l’an dernier aux éditions « Les gens du blâme » qu’il a fondé récemment.

En conclusion, Lucio est avant tout un artiste qui écrit « par pulsion, pas pour ton blog spé’ », qui aime créer, se renouveler et partager.

À conseiller partout autour de vous.

Couverture de son prochain album « Requiem / Nativité » (Image Via www.facebook.com/lucio.bukowski)

Son prochain album, en commun avec Oster Lapwass, « Requiem / Nativité » sortira le 24 novembre, deux extraits sont déjà disponibles, dont « Stalker » un morceau sans refrain de 13 minutes, une carte de visite idéale pour se faire une idée de son œuvre.

Alors bonne écoute à tous !

Nativité :

Stalker :

 

Précommander « Requiem / Nativité » : http://www.modulor.tv/shop/modcd079/

Profil Facebook : https://www.facebook.com/lucio.bukowski

Site de la Maison d’édition « Les gens du blâme » : https://www.lesgensdublame.com