Les identités meurtrières

L’antiracisme a une vocation universelle et d’émancipation, c’est donc une utopie.

Le système médiatique et politique aime porter une grande attention aux discours racistes et xénophobes notamment dans le service public audiovisuel, dans les chaines privées et dans la presse écrite. Ces médias portent un grand intérêt à ces nouveaux intellectuels tels que Renaud Camus (adepte du grand remplacement) et Ivan Rioufol (éditorialiste au Figaro). Ils vendent des livres, des hebdomadaires, des quotidiens. Ils font des conférences dans des villes qui légitiment les politiques des maires qui les accueillent à bras ouverts. Ces élus de la « République »  peuvent s’enorgueillir d’avoir une caution morale à leurs actions discriminatoires et d’exclusion envers les « gens du voyage », les « Roms », et ceux qui sont pour eux seulement des « Français de papier ».

Ces personnalités militent pour une assimilation plus ou moins forcée de tout ce qui ne les ressemble pas, c’est-à-dire être blanc, homme et hétérosexuel. Le reste n’existe pas.Orient-10

Il est aussi intéressant de souligner que les médias (presse, TV, radio) ne sont pas du tout représentatif de la France du 21ème siècle. Peu de femmes, peu de noir(e)s, peu de maghrébin(e)s, peu d’asiatiques, peu de jeunes, ils manquent donc beaucoup de nos concitoyens.

Vous allez m’accuser de victimisation, de communautarisme et/ou d’indigne de la République car la France nous a tout donné : l’École, pour certain(e)s un emploi, un logement, une vie.

Cependant, c’est oublier des siècles d’esclavage,  de colonisation, de discrimination, de racisme. En résumé de domination et d’aliénation de femmes et d’hommes qui n’ont absolument rien demandé sauf de vivre comme ils le souhaitent.

Nous avons acquis des droits et des devoirs envers notre pays grâce à nos ancêtres lors des processus d’abolition de l’esclavage, des décolonisations violentes, des deux grandes guerres mondiales, des combats syndicaux des immigrés travaillant dans le secteur industriel et lors des marches pour l’égalité et contre le racisme.

Tous ces événements ont un point commun : l’égalité des droits pour tous, sans distinction de couleur de peau, d’origine, de sexe ou de religion. La France est notre bien commun, la République est notre socle, la liberté nous guide vers les chemins de l’égalité et de la fraternité humaine et l’amélioration de la société est notre objectif commun.

Pour finir, c’est dès le plus jeune âge que les ferments de l’inclusion sociale se forment pour l’avenir de nos petites têtes « Bleu-Blanc-Rouge ».  Comme dirait l’historien Benoit Falaize, « si l’on veut enraciner les élèves dans un cadre national, il faut dire sans tabou ce qu’a été la France dans ses ombres et ses lumières ». Je fais partie de ceux qui pense que l’éducation est l’une des solutions permettant au combat antiraciste de l’emporter. Si ce n’est pas le cas, ou ce si n’est pas la seule option, comment permettre à chacun de pouvoir vivre ce rêve « Bleu-Blanc-Rouge », et ce quel que soit leur bagage culturel?