A la fin du moyen-âge, la question de la place de la femme au sein de la société a été posée, puis au milieu du 19ème celle-ci est devenue plus persistante avec ‘’la question de la femme’’, œuvre d’Alexandre Dumas Fils. Puis, durant des siècles, la lutte va prendre diverses formes et différents acteurs se saisiront du combat pour prôner l’égalité des droits civiques et civiles des femmes.

Entre revendications légitimes, incompréhensions et préjugés, le féminisme du 21ème siècle a connu plusieurs succès avec une adhésion de plus en plus importante et des acquis de plus en plus conséquents notamment au Canada.

Cependant, en dépit de cette évolution importante et valorisante pour les femmes ainsi que l’équilibre qui en résulte au sein des sociétés modernes, la polémique reste encore de mise entre différentes tendances. Au nom des principes d’égalité, de justice et de liberté, des hommes se réjouissent des avancées significatives des mouvements féministes alors que d’autres dénoncent vigoureusement la destruction des identités culturelles traditionnelles et une dépravation exponentielle.

Le grand cafouillage du féminisme

En effet, comme dans toutes les idéologies qui bousculent nos comportements et notre façon de penser le monde, deux tendances se dégagent : les progressistes et les conservateurs. Le combat féministe n’a pas échappé à cette règle de base. Toutefois, si toutes les tendances ont contribué à faire émerger le débat sur la parité, il est difficile de dire, que dans les deux camps, le discours et les méthodes ont été adaptés pour réussir sereinement la mutation. Dans l’esprit d’Olympe de Gouges, il fallait rester sur la logique de l’élimination de la pauvreté dans la société française en permettant aux femmes aussi de ‘’monter à la tribune’’ sans pourtant concentrer la lutte sur une supposée domination masculine sur la scène publique. Ceci a surtout fonder les bases du mouvement sur la différence des sexes en engageant un rapport de force radical, et non sur la promotion de l’égalité et de l’excellence. Pour les conservateurs, cette revendication demeure contraire à la culture séculaire dont certains n’hésitent même pas à recourir aux écritures saintes pour justifier la domination masculine. Le débat est donc resté centré sur la domination.

La deuxième observation est aussi celle de l’échec sur la définition même du combat féministe. Entre la défense des droits des femmes et la défense d’une identité culturelle particulière, le féminisme s’est heurté à une forme de sectarisme qui a isolé chaque dynamique dans son microcosme. Le féminisme a manqué d’ouverture et a lui-même catégorisé les femmes en fonction de leur culture, de leur religion et de leur espace géographique.

La particularité du Féminisme africain

Dans la culture africaine, la femme est longtemps restée sous entière domination de l’homme. Avec des droits très limités et des obligations nombreuses. Pourtant, cela n’est pas forcément l’effet des religions, comme le soutient la tendance conservatrice africaine. C’est une question culturelle séculaire qui a progressivement été confondue à la religion comme c’est le cas dans plusieurs autres domaines. Avec l’épanouissement des sociétés et l’émancipation des femmes, le féminisme s’est tout de suite donné comme objectif central, le renversement radical de la domination masculine. Entre la méconnaissance des fondements du mouvement, son isolement et le poids des valeurs culturelles et religieuses, le mouvement a été assimilé à une dépravation des mœurs et les militantes féministes perçues comme des rebelles en manque d’éducation. L’affirmation du féminisme en Afrique coïncide aussi avec l’explosion des médias sociaux. Malheureusement l’évènement des réseaux sociaux ont globalement réussi à présenter les défis de l’Afrique tant sur le plan social, économique, politique mais surtout culturel. Les internautes ont prioritairement mis en avant des éléments qui sont attribués à la dépravation des mœurs.

Tout est dans la démarche…

Le féminisme a été confondu et commenté comme une dépravation des valeurs africaines, particulièrement de l’éducation des filles, alors qu’on observe une augmentation du niveau d’éducation et de revenus des femmes. Cependant, cet épanouissement favorise en même temps l’explosion des tensions et des séparations dans les foyers : les habitudes changent et les femmes s’affirment.

Cependant, si cet épanouissement est salutaire, le choc et les sacrifices sont assez élevés. Alors même qu’une approche méthodologique plus souple et moins brutale aurait permis de faire comprendre ce changement aux hommes et même aux femmes dans des sociétés où le taux d’analphabétisme est extrêmement élevé. En outre, chez les jeunes filles et les jeunes femmes, le féminisme doit aussi se pencher sur l’encadrement de ces catégories qui ne saisissent pas le combat féministe et se livrent aux vices les plus déshonorants.

C’est pourquoi, le féminisme doit être un partage, une vision commune qui devrait emmener les hommes et les femmes à s’affirmer ensemble et à gagner ensemble. Il ne peut pas être un champ de confrontation où une minorité décide des droits à arracher aux uns pour les attribuer aux autres. Le féminisme c’est aussi un encadrement réussi des catégories fragiles pour éviter aux plus jeunes de tomber dans la dépravation. Mais il est, en fin et surtout, la reconnaissance et le respect des droits à toutes les femmes sans différence de culture ou de religion.