Depuis des semaines, le vélo a le vent en poupe. Grèves dans les transports, confinement puis déconfinement progressif ont entraînés un boom de ce moyen de transport écologique, peu onéreux, qui permet de pratiquer un sport et qui est adapté à beaucoup de déplacements jusqu’à 20 kms. Dans notre département, comme par miracle, des pistes demandées depuis des années se débloquent.

De gros chantiers sont mis en place sur toute la métropole. Toutes les listes aux élections municipales étant devenues, là aussi, par miracle (ou calcul ?) écologistes, ont fait de belles phrases sur le développement du vélo. Une fois les nouvelles équipes municipales élues, plusieurs pistes envisagées ont été lancées pendant le confinement.

On n’a pas la sensation que toutes les collectivités se parlent vraiment. Quand une fait une piste « éphémère » sur un territoire, une autre strate de collectivité rechigne ou critique. Un des enjeux est de permettre la cohabitation, la plus pacifique possible entre cyclistes et automobiles et cyclistes et piétons. Et quelquefois, les investissements risquent d’aboutir au rejet du vélo. On se demande même parfois si ce n’est pas le vrai but recherché.

Prenons un exemple : les pistes à Épinay sur Seine. Elles existent sur une bonne partie du territoire grâce à l’arrivée du tram il y a quelques années. Pour les pratiquer quotidiennement, elles sont plutôt bien sur toute une partie de l’axe central de la ville, l’avenue de la République qui traverse toute une partie de la commune. Pour autant, la pratique du vélo nécessiterait déjà de solutionner 4 points : les carrefours (comme aux Mobiles) ou les croisements (comme vers Canyon et Feyder) n’ont pas été pensés. Il y a donc des voitures en quasiment permanence stationnées sur les pistes à ces endroits.

Des plots ont été sciés à certains endroits et jamais remplacés (pourquoi y investir de l’argent, alors ?). Quelles campagnes de sensibilisation ou de verbalisations sont mises en place ? Quid des véhicules des polices nationales ou municipales ou de Plaine commune ou de leurs partenaires qui y stationnent ?

Ensuite, quelles consignes sont donnés pour que les professionnels puissent travailler sans empêcher l’utilisation de ces pistes ? Le garage de la villa Nicolas, l’entreprise de changement de glaces ou du garage vers la rue H. Poincaré doivent pouvoir travailler mais aucune demande ne semble exister pour réguler le flot de voitures qui y stationnent.

Pour poursuivre, quelles consignes précises sont données aux bailleurs et aux propriétaires pour les sorties des containers de poubelles ou pour les encombrants ? Ils sont très régulièrement posés sur les pistes cyclables. Peu importe, les cyclistes n’ont qu’à se mettre en danger en descendant sur la voirie automobile ou zigzaguer au milieu des piétons aux risques et périls des un.e.s et des autres.

Enfin, quelles attaches sont prévues pour sécuriser les vélos ? Quasiment aucune devant la mairie, aucune quasiment devant tous les groupes scolaires alors même que la plupart ont des espaces piétons depuis Bonnemaison. Pas d’attaches non plus pour les collégien.ne.s ou lycéen.ne.s. Mais peu importe, un.e cycliste doit prendre des risques ! Et dernièrement, les ingénieur.e.s et élu.e.s ont entamé des travaux sur le pont d’Epinay pour créer des pistes cyclables dans les 2 sens. Avec un timing digne des pires scénarii : on installe un radar puis une piste cyclable.

Comme ça on est sûrs de bien énerver les automobilistes. Pour les pistes, il y a une place largement suffisante pour la faire passer sur les 2 trottoirs très larges. En effet, ce pont est tous les jours un endroit d’embouteillages massifs aux heures de pointe générant une pollution atmosphérique et sonore importante. Mais surtout ne soyons pas inventifs. Ennuyons bien les automobilistes. Puis suscitons carrément leur colère. Et supprimons les pistes éphémères. « Vous comprenez, ma bonne dame, la population n’est pas prête ».

Il y a eu des réunions régulières des instances vélo à Plaine commune ou au département. Mais rien au niveau local. Il y a bien eu des réunions publiques sur le vélo, des cyclistes sont identifié.e.s qui, ô surprise, pourraient même avoir des idées ! Des tours à vélo ont été organisées par Bicyclo / la maison du vélo (j’ai participé à 2 d’entre elles) avec la mairie. Mais jamais de compte-rendu par la mairie. Et surtout jamais de suivi.

L’élue à l’écologie urbaine, déjà marginalisée avec peu de moyens et de personnels, mais largement mise en avant dans la communication de la mairie (future candidate tête de liste à la mairie ?) devait déjà résoudre les problèmes existants et concerter avant de lancer des travaux qui risquent en fin de compte de revenir en arrière au bout de quelques semaines. Mais c’est vrai, j’oubliais, la démocratie participative et l’écologie sont au cœur des priorités ! Vaste rigolade !

Mathieu Glaymann, spinassien sans permis de conduire et cycliste pratiquant quasi quotidien.