Lunettes de soleil et bedo au coin des lèvres, BoyBandit chante son amour pour le Capri-Sun, la boisson sucrée de Coca-Cola European Partners.

Il n’est pas le seul à le faire d’ailleurs : Edinho ou encore Young Jeune, entre dérision et rimes rappées, célèbrent le Capri-Sun. D’où vient cet intérêt bizarre pour ce jus de fruits dont une dose, d’après l’ONG Foodwatch, équivaut à quatre morceaux de sucre, bien plus que dans un Fanta orange par exemple. La raison est simple et brillamment soulignée par BoyBandit : « c’est une boisson qui ne coûte pas cher chez l’épicier du quartier ». Sachant que les ventes de Capri-Sun sont par conséquent plus importantes dans les quartiers défavorisés, plus touchés qu’ailleurs par l’obésité infantile, un véritable bad buzz a touché la marque sur la toile.

La critique principale étant que la marque s’adresse à de jeunes enfants, et les pousserait alors à consommer du sucre, encore du sucre et toujours du sucre, se remplissant alors les poches au détriment de leur santé. Capri-Sun a en effet été partenaire de films pour enfants, Le Petit Spirou ou Pierre Lapin pour n’en citer que deux. Les placements de produits sont généralement très mal vus à la base, mais là, la critique s’est faite plus acerbe, d’autant plus que le directeur de la communication de Coca affirme respecter la charte Unesda, engageant à ne pas viser des enfants de moins de 12 ans dans leur stratégie de marketing et de communication.

Ces clips de Rap mettent en avant la popularité du Capri-Sun, surtout dans les quartiers défavorisés. Mais la question est en fait bien plus large : la publicité pousse à consommer sucré, mais une autre alimentation n’est-elle pas possible ?

Source : http://www.slate.fr/story/160411/alimentation-culture-boisson-capri-sun-rap-francais-marketing