Le Monde est à nous est une nouvelle émission de bande pour  la grille d’été de RFI.  Elle est diffusée tous les dimanches de l’été jusqu’au 28 août à 16h10 (TU).

Pensée et crée par et pour des jeunes, découverte d’un projet original qui a pour ambition de bousculer quelque peu les habitudes radios. Pour l’occasion, rencontre avec Oumar, membre régulier de la bande de l’émission.

 

Est-ce que vous pourriez m’expliquer, avec vos mots, l’esprit de cette nouvelle émission ?

Le Monde est à nous, ce sont huit émissions qui seront diffusées tout au long de l’été sur RFI, jusqu’à la fin août. Elle est préparée entièrement par une quinzaine de jeunes – dont je fais partie- et qui ont entre 18 et 25 ans. Chaque émission a une thématique bien particulière à la jeunesse. A chaque fois, nous avons un ou deux invités en plateau, et il y a entre 3 et 5 jeunes qui l’interviewent. C’est un format de 47 minutes qui est coupé par le journal habituel de RFI. Dans le contenu, il y a aussi quatre rubriques sonores originales.

 

Plus personnellement, comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

Je suis rédacteur pour le Bondy Blog et j’avais publié un papier sur ce site. Pauline Maucort, une journaliste qui travaille avec nous sur l’émission m’a remarquée pour cet article. Elle voulait m’interviewer pour son émission « Les Pieds sur Terre » sur France Culture. Elle m’a interviewée pour ce papier, comme ça allait bien avec la thématique de son émission à l’époque. Par la suite, elle m’a proposé de participer à cette nouvelle émission sur RFI.

L’émission joue aussi avec l’esprit de bande. Comment se passe le travail en groupe ? Comment les missions se répartissent-elles ?

C’est une émission faite par les jeunes, mais il faut bien noter que c’est aussi supervisé par des journalistes qu’on entend à l’antenne, Alice Milot et Pauline Maucort.

Ce travail de groupe commence chez Pauline et Alice justement, chez qui on fait une réunion pour chaque thème. A la suite de ça, on voit qui veut être en plateau ou faire une rubrique. Pour chaque émission, on se retrouve en solo, en binôme ou en trio pour faire notre partie. Puis, on va en reportage, on écrit nos revues de presse, on enregistre nos plateaux.

L’émission ratisse plutôt large au niveau des thèmes. On passe des jobs étudiants à une émission sur les jeunes migrants par exemple. Comment sont choisis les sujets évoqués ?

Alice et Pauline sont arrivées avec les huit thématiques à la base. Par la suite, deux idées se sont transformées. On a proposé une émission sur la popularité par exemple. Pour la dernière, on a une émission fictionnelle dans laquelle on va vraiment revoir le monde à notre façon, notre vision des choses comme si les jeunes prenaient véritablement le flambeau.

Il y a des profils assez différents dans ce panel de jeunes qui participent à l’émission. Est-ce que vous êtes tous intéressés par le journalisme ?  

On vient tous d’horizons différents. Certains sont arrivés sur le projet d’émission grâce à un atelier radio, et ils participent à l’émission parce que ça les amuse. D’autres préparent les concours d’entrées aux écoles de journalisme. Certains sont déjà journalistes, comme Fanny ou Clara. Il y en a beaucoup dans la bande qui veulent faire ce métier de journaliste. Dans l’équipe, on a aussi trois jeunes de chez «  Passeport avenir », une association qui milite pour la promotion des jeunes de banlieues.

Dans l’émission, vous venez tous de région parisienne. Ce n’est pas un peu problématique, si on veut représenter la jeunesse du pays ?

Notre but n’est pas de représenter la jeunesse. Alice et Pauline veulent qu’on nous entende nous, tels que nous sommes, nos ressentis. Elles ne veulent pas qu’on devienne des mini-journalistes, qu’on devienne des clones. On nous demande de donner nos avis, donc c’est subjectif. A partir de ça, c’est compliqué de représenter la jeunesse dans sa globalité. On est quand même une quinzaine dans l’équipe donc je pense qu’on a une diversité d‘opinions.

Je cite le dossier de presse de l’émission : « L’objectif n’est pas de façonner des mini-journalistes ». Comment avez-vous essayé d’éviter le formatage ?

Aux journalistes, on leur apprend à ne pas donner leur point de vue mais donner celui des autres. Pour nous, la démarche de l’émission est un peu différente. On nous demande de donner notre avis, de rajouter de la personnalité à l’antenne pour que les gens qui nous écoutent comprennent notre vision des choses. Concernant le formatage, les journalistes ne sont pas censés donner leur avis, mais une nouvelle fois ce n’était pas l’exercice qui nous était demandé pour l’émission.

L’émission est ponctuée de formats sonores originaux. Quelles sont ces différentes idées ? Se différencient-elles vraiment des autres formats déjà existants ?

Notre ton est différent puisqu’on ne parle pas en tant que journaliste. Il y a une revue de presse, un témoignage, un reportage, et il y a une chronique qui s’appelle «  la chronique de pépé et mémé ». Dans cette dernière partie on fait intervenir une personne âgée pour qu’elle nous parle de la thématique et pour nous faire un retour d’expérience.

Notre différence réside dans le fait qu’on n’a pas forcément l’habitude d’entendre des jeunes de 18-25 ans parler de ces choses dans les médias.

Le but aussi affiché de l’émission est de faire venir de jeunes auditeurs vers RFI pour découvrir « Le Monde est à Nous ». Comment adapter le ton de RFI à une audience jeune ? Est-ce qu’il y a même un ton différent à adopter ?

On réfléchit beaucoup à cette question. On n’a pas envie d’être systématiquement dans le côté «  On est jeune, on est cool », ça risque de dérouter une partie du public. De l’autre côté, on n’a pas envie d’être trop sérieux parce que ça ne nous ressemble pas trop non plus. D’autant plus que c’est une émission d’été. On tente de trouver un équilibre entre ce que souhaite l’auditeur lambda de RFI et ce qui pourrait aussi attirer un jeune. Parfois, on va plus dans le fun et d’autres moments peuvent êtres plus riches en contenu. Tout dépend aussi de la gravité de la thématique abordée.

La dernière des huit émissions sera un peu spéciale : il s’agira d’un numéro fictionnel. Que pouvez-vous nous en dire ?

On était chez Alice et Pauline (ndlr, les journalistes de l’émission), et on parlait de la dernière. Initialement l’émission devait porter sur «  la jeunesse alternative », celle qui vit dans son propre monde ou qui se crée son propre monde. En partant de ça, on a trouvé intéressant d’évoquer toutes les propositions alternatives qui existent pour changer le monde. Un décor totalement fictionnel va être planté, on aura aussi nos rubriques habituelles qui seront tournées d’une manière particulière vu le thème de l’émission. Ces rubriques seront tournées totalement différemment pour l’occasion. L’esprit de cette émission, ça sera de considérer que le monde est à nous, on tentera de le refaire à notre niveau avec nos suggestions. Ça sera aussi une émission plus légère, comme ça sera la dernière de l’été.

 

Vous avez aussi réussi à faire venir Christiane Taubira dans l’émission. Comment ça s’est passé ?

On a pensé à Christiane Taubira parce que c’est une figure politique importante. Elle est à l’origine de la loi sur le Mariage pour Tous, elle avait déclaré l’esclavage comme crime contre l’Humanité. Elle était vraiment engagée dans le thème de l’émission qui portait sur les discriminations. Après quelques mails, on a tenté une autre approche.

On a fait une photo qu’on a postée sur Twitter pour la faire venir dans l’émission. Elle nous a directement répondu sur les réseaux, et elle est venue dans les studios récemment pour participer à l’émission. Etonnamment, ça s’est fait très naturellement.

 

Nacer Boubekeur