Soumis chaque jour à un certain nombre de regards, critiqué comme admiré , l’idéal  féminin a , au fil  du temps, évolué. Retour sur les différentes phases de cette évolution.

Dans les années suivant la Révolution, les femmes voient leur statut doucement évoluer : elles obtiennent entre autres  le droit égal à l’héritage et l’abrogation de la puissance paternelle à leur majorité mais au début du XIXe siècle,  leur quotidien reste très dur et  dominé par les hommes. En cause : le Code Napoléonien. En 1810, le droit au divorce est supprimé.
La mode contrôle aussi le corps des femmes : l’idée est d’avoir une taille affinée et une belle poitrine maintenue. Pour se faire, le corset devient un accessoire incontournable de leur dressing.
En parallèle, avec la percée du mouvement réaliste, le corps féminin est représenté nu dans de nombreux tableaux :

Olympia , Edouard Manet,1863


L’évolution du corset

Dans les premières années du XXe siècle, on observe ainsi  les prémices d’un certain relâchement avec Paul Poiret et l’apparition d’une robe qui ne nécessite pas le port de corset. Le corps de la femme connaît donc une première période de libération vestimentaire.

Robe d’été Paul Poiret

Les années 1920 :

Au sortir de la Première Guerre Mondiale, on observe un certain élan de modernité chez la femme avec les « années folles ». Il s’agit désormais de se sentir à l’aise, confortable  dans ce que l’on porte mais on peut également parler de << fausse libération>> tant la société de ces années là montrait ses limites :  la femme était certes plus libre dans ses vêtements mais dans une société où le corps devait toutefois rester svelte. Beaucoup de produits de cosmétiques viennent  d’ailleurs appuyer un sentiment  de lipophobie en n’étant qu’axés sur la maigreur de la femme.

Les années 1930/1940 :

Avec l’apparition des premiers congés payés , les plages sont beaucoup plus fréquentées,  il y a de moins en moins de pudeur, le corps se doit donc d’être toujours aussi svelte .

Années 1950  :

Femmes dans les années 50

A la Libération, Hollywood est en pleine expansion et  la France adopte peu à peu le style de vie américain ( American way of life), prometteur d’une certaine abondance.  Les femmes recherchent donc l’élégance et une nouvelle féminité dans leurs tenues, inspirées par les actrices américaines glamour  telles qu’Audrey Hepburn ou Marilyn Monroe. Le look pin-up connaît donc un franc-succès : pleine de vie et pimpante , la femme s’affiche donc, entre autres dans des robes cintrées.

 

Pin-up , années 1950

Années 1960/70 :

Le corps se libère , les jupes  raccourcissent notamment avec André Courrège ou Mary Quant : elles arrivent maintenant au dessus du genou. A la moitié de la décennie , le mouvement hippie se développe assez rapidement. Les hommes, comme les femmes portent des jeans à pattes d’éléphant, marchent pieds nus (ou en sandales) et arborent des t-shirts multicolores ou chemises militaires. Leurs cheveux sont longs, parés de fleurs et attachés à l’aide de bandeaux. Des vestes en daim à franges font également partie la tenue ainsi que des tuniques colorées. Les premiers imprimés psychédéliques sont arrivés à cette époque.

Années 80/90 :Un corps sportif comme idéal féminin

Dans la première partie des années 80,on a un retour de la silhouette sportive : il s’agit , pour les femmes de cette décennie << d’être en forme>>. Exercices physiques , gymnastique d’entretien…tout est bon pour modeler, pour transformer ce corps dont une allure sportive se révèle être une norme à atteindre. Dans la seconde , les représentations du corps se diversifient : on a toujours cette idée du corps « dynamique » et <<en forme>> mais les femmes délaissent les exercices physiques et ne font plus du muscle une norme à atteindre. Au début des années 1980, le  cinéma , avec  le film Flashdance , illustre cet idéal :

Les années 2000 sont marquées par un retour à l’importance du corps, aux éléments de mode des années 80’s. La mode féminine se veut sportive, les survêtements, baskets montantes ..reviennent à l’ordre du jour .

 

Ces dernières années, un phénomène surtout marque les esprits : celui du corps svelte et élancé que la femme doit avoir, vanté par de nombreux magazines féminins. On notera donc un certain retour à l’importance du corps ,aux exercices physiques pour l’entretenir. En 2015, ce phénomène se trouve un nom : le  « Beach Body ready « . Le corps svelte et  élancé d’un mannequin, légendé de cette question <<Votre corps est-il prêt pour la plage? » se retrouvait donc affiché dans les rues londoniennes.

 

Controversées, les affiches ont vite été retirées, se retrouvant accusées de prôner un l’image d’un corps impossible à atteindre.

Une grossophobie ambiante ?

L’année dernière, les regards se tournaient vers l’adaptation de la bande dessinée Tamara. Dans la bande dessinée, l’héroïne est une lycéenne qui pèse 83 kilos, que les dessinateurs voulaient <<enrobée>> mais <<séduisante>>. A l’écran, l’actrice qui campe le personnage principal est seulement qualifiée de <<ronde>> et encore , l’actrice a même dû prendre du poids pour le rôle. Si l’idée d’adapter à l’écran une bande dessinée mettant à l’honneur une jeune fille enrobée était intéressante, le choix de l’actrice suscite donc de nombreuses interrogations quant aux conséquences sur l’image de la femme , notamment <<pourquoi ne pas avoir directement pris une actrice ronde ? >> . Quelles conséquences aussi sur les complexes adolescents ?

« Cadrée » par des médias et par la publicité qui nous impose certains critères de beauté et exposée avec le développement des réseaux sociaux , et , de ce fait par le jugement des autres, l’apparence physique n’a  jamais eu une place aussi importante dans notre société qu’à notre époque , à l’heure où nous devrions plutôt nous sentir libres d’être qui on est et de porter ce que l’on veut .