Rencontre avec un jeune sportif émérite / Vice champion de France de gymnastique artistique

A presque 19 ans, Léo Lamarche est un habitué des compétitions de haut vol. Il prouve qu’avec implication et dextérité, on peut monter très haut. Et c’est d’autant plus vrai dans son sport : la gymnastique artistique. LAMARCHE… ce n’est pas une mais bien plusieurs qu’il a dû franchir, au fil des années, pour collectionner les titres à un rythme effréné. Son palmarès qui force l’admiration, compte déjà LE sacre, autant convoité qu’envié, celui de vice champion de France.

« Le but est de se faire plaisir, la victoire n’est qu’un bonus. »

1/ Tu commences la gym à l’âge de 3 ans, ce sont donc tes parents qui ont flairé ta fibre athlétique : les remercies-tu aujourd’hui ? Pensais-tu arriver à un tel niveau et as-tu eu l’envie à un moment d’arrêter (par découragement ou une envie naturelle d’essayer autre chose) ?
Tout d’abord, mes parents m’ont inscrit à la baby gym afin que je puisse me dégourdir car j’étais un enfant plein d’énergie, puis c’est moi qui ai décidé de continuer car ce sport me plaisait.
Je ne me suis jamais vraiment posé la question de savoir quel niveau je pouvais atteindre, je me suis simplement entraîné en donnant le meilleur de moi-même à chaque entraînement. Mais la première fois que j’ai fait un podium aux Championnats de France, j’ai été très content car c’était le fruit de nombreux efforts.
Évidemment, il y a eu des hauts et des bas mais à aucun moment je me suis posé la question d’arrêter la gym car les rencontres et les affinités que j’ai pu avoir avec les gens du club ont tout de suite pris une place importante dans ma vie. Aujourd’hui, c’est comme une partie de ma famille.

2/ Ton potentiel grandissant, quelle est la personne qui t’a repéré et fait intégrer « la réserve » de l’équipe TOP 12 Clamartoise (Clamart, 92) ? As-tu hésité avant de relever ce défi (nouvelles responsabilités, enjeux à la clé…) ?
Lorsque mon entraîneur m’a dit que j’étais sur la liste 12 j’ai été très heureux et fier de représenter les couleurs de mon club. Le premier match était un mois plus tard et j’ai donc du bien me préparer. J’avais hâte de débuter la compétition et de rejoindre l’équipe de haut niveau du club. Partager des moments avec des sportifs qui ont fait les J.O., ça n’arrive pas tous les jours !

3/Avec ce nouveau statut, l’intensité des entraînements a-t-elle changé ?
Évidemment ! Faisant partie de l’équipe TOP 12, j’avais de nouvelles responsabilités. Cependant, en ce qui me concerne, l’intensité n’a pas évolué après cette assignation car je m’entraînais déjà le maximum que je pouvais.

4/ La gymnastique artistique est une discipline exigeante, complète mais surtout multiple au vu des nombreux agrès que tu te dois de maîtriser (anneaux, cheval-d’arçons, le saut, le sol puis les barres parallèles et enfin la barre fixe). Ma question est simple : gères-tu seul le contenu et le nombre de tes séances ?
Bien sûr que non, c’est pratiquement impossible (rires). Vu le nombre d’agrès et d’éléments que le code (Bible qui regroupe tous les éléments de la gymnastique ainsi que les exigences attendues lors des compétitions) contient, il faut que nous soyons plusieurs à gérer la composition des mouvements. Généralement, je créé mes enchaînements avec mon entraîneur selon les éléments que je sais faire, ainsi qu’avec un deuxième entraîneur qui est également juge lors des compétitions. Cela permet d’éviter au maximum les erreurs de composition de mouvement.

5/ La réserve est un exercice compliqué car tu dois en permanence te tenir prêt et gérer une pression qui peut tomber d’un coup sur tes épaules, appréhendes-tu ces moments lors des rencontres officielles ?
Rentrer dans la cour des grands c’est sûr que ce n’est pas facile. Néanmoins, étant donné que je suis de la réserve de l’équipe, je ne passe pas lors de toutes les rencontres. Je suis surtout là pour remplacer mes coéquipiers lorsqu’ils sont blessés car ils sont bien meilleurs que moi vu qu’ils font partie de L’INSEP (institut national du sport et de l’expertise). Lors des dernières rencontres où je suis passé, j’ai d’abord cherché à donner le maximum de moi-même pour tenter de gagner mon duel. Donc malgré la pression, le but est aussi de se faire plaisir, la victoire n’est qu’un bonus.

6/ Faire partie de la réserve est déjà une certaine marque de reconnaissance quant à ton travail mais as-tu des velléités de devenir « titulaire » ? Est-ce l’un de tes objectifs ?
Tout dépend de la politique qu’entreprend le club. Il se peut que je devienne titulaire dans les années à venir, mais cela deviendra donc plus difficile d’aller jusqu’en finale car mon niveau reste inférieur à celui des titulaires actuels.

6/ La prochaine grande échéance se tiendra à Lyon les 17 et 18 mars prochains pour tenter d’accrocher la 3ème place au Championnat de France, est-ce qu’une préparation particulière se met en place ? Comment, à ce moment précis, arrive-t-on à cumuler vie étudiante et sport à haut niveau ?
Pour ces prochaines échéances je ne serai que spectateur. Je ne suis donc pas de préparation particulière.
Cumuler la vie d’étudiante et le sport n’est qu’une question d’organisation. Il faut juste savoir gérer son emploi du temps pour pouvoir l’exploiter au maximum.

7/ La gym artistique ce sont des épreuves individuelles qui créent une victoire collective. La tension de chacun, qui se rajoute à la tienne, est-elle simple à canaliser ? A-t-on cette crainte légitime de pouvoir faire perdre son équipe (sport individuel Et collectif) ?
Effectivement, c’est la principale source d’erreur. En soit, tous les mouvements que nous présentons nous savons les faire, le plus dur est de savoir les reproduire à un moment donné devant les juges. Cette pression est difficile à gérer car nous ne voulons pas décevoir notre équipe. Malgré cela, il faut savoir passer outre pour minimiser les erreurs.

8/ Tu es l’exemple typique du jeune homme qui prouve qu’efforts et rigueur peuvent être récompensés même si au départ (du moins) ce n’est qu’un simple loisir. Avec un palmarès tel que le tien, est-ce une expérience que tu peux mettre en avant dans la vie quotidienne (lors d’un recrutement etc.) ?
Certainement ! C’est un atout que je peux insérer dans un CV par exemple. En règle générale, les entreprises aiment les sportifs donc j’essaye de le mettre en avant.

9/ Un autre beau message que tu véhicules, c’est le respect et l’égalité entre les 2 sexes, notamment avec le fait que les entraînements soient mixtes (fait assez rare dans le sport pour être souligné). Tu combats aussi les préjugés qui assimilent un sport pour un genre (masculin/féminin) en particulier : en-es tu conscient ?
Oui et non. Je suis conscient que je le fais mais ce n’est (souvent) que de façon involontaire. J’essaye simplement d’exprimer mon point de vue et d’essayer d’éviter les préjugés.

10/ Pour finir, quels sont les 3 mots qui te viennent à l’esprit lorsque l’on évoque ta discipline : la gymnastique artistique ?
Passion – Famille – Fair-play

Léo Lamarche en 5 dates :

2002 : Débute la gymnastique à l’âge de 3 ans
2013 : 3ème en individuel et en équipe
2014 : 2ème en individuel et en équipe
2015 : 3ème en individuel et en équipe
2017 : Vice champion de France de gymnastique artistique masculine (avec le club de Clamart)