« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi », extrait de l’article 10 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.

De la laïcité

La loi de 1905 a été conçue pour que le pouvoir politique ne s’ingère pas dans les affaires cultuelles et inversement que le pouvoir religieux reste dans le domaine de la sphère privée.

Le principe de laïcité est indissociable du principe d’égalité, il est l’une des piliers de notre pacte républicain.

Lorsque Nicolas Sarkozy (alors président de la République) dans son discours de Latran le 20 décembre 2007 parle de « laïcité positive ». Il entretient confusion malsaine qui rend la laïcité punitive. La laïcité n’est pas positive ou négative, ce principe est là pour garantir le vivre ensemble, le respect pour chacun de croire ou de ne pas croire afin de faire société. 

De l’égalité de traitement : Un problème avec l’Islam ?

En France, l’Islam est la 2ème religion avec entre 5 et 6 millions de croyants ou de pratiquants.

En effet, ceux qui pratiquent ce culte ont des difficultés à acquérir des terrains pour construire des lieux de culte ou bien de pouvoir louer ou acheter des locaux pour que les fidèles puissent pratiquer leur religion dignement.

La plupart des musulmans ne demandent pas aux mairies de subventionner leur lieu de culte. Ils veulent eux-mêmes payer la construction de leurs lieux de prière sans intervention politique ou étrangère. Aujourd’hui, il y a plus de 200 projets de construction de mosquée en cours.

Le mauvais exemple de la ville d’Epinay sur Seine

Cependant, les préjugés sont tenaces. En 2010, souvenons-nous de l’apéro saucisson et pinard organisé par l’extrême droite contre « l’islamisation » à la Goutte d’Or (Paris XVIIIème) suite aux prières de rue de la rue Myrha. Du côté d’Epinay-sur-Seine, les incidents entre les musulmans d’Epinay et la Mairie prouvent et nous confirment qu’il faut mettre fin aux instrumentalisations dangereuses et politiciennes du principe de laïcité, d’égalité et de neutralité.

Le malaise et l’incompréhension sont profonds vient des années 1980, des circulaires du ministère de l’Éducation Nationale jusqu’à la première loi sur le « voile » ou dite sur « le port religieux ostensibles » à l’École de 2004. Cette loi interdit le port du voile mais aussi la kippa, et le port de grandes croix. Rappelons-nous également que la loi doit s’appliquer à tous.

Renforcée par la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. Pour certains, ces lois sont stigmatisantes et pour d’autres, il est normal de faire la distinction entre sphère privée et sphère publique.

Mon avis personnel est cette position sur ce principe républicain par cette citation d’Henri Pena-Ruiz : « La laïcité est une valeur essentielle, avec ce souci de la liberté de conscience et de l’égalité de tous les hommes, qu’ils soient croyants, athées ou agnostiques. L’idéal laïc n’est pas un idéal négatif de ressentiment contre la religion. C’est le plus grand contresens que l’on puisse faire sur la laïcité que d’y voir une sorte d’hostilité de principe à la religion. Mais c’est un idéal positif d’affirmation de la liberté de conscience, de l’égalité des croyants et des athées et de l’idée que la loi républicaine doit viser le bien commun et non pas l’intérêt particulier. C’est ce qu’on appelle le principe de neutralité de la sphère publique ». 

De l’enseignement de la morale laïque comme solution d’avenir

L’enseignement de la laïcité à l’École de la République, comme le suggère l’ex-ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon dans son ouvrage « La Révolution française n’est pas terminée », ainsi que les fédérations d’éducation populaire, est une bonne solution car un certain nombre d’enseignants ne sont pas ou peu formés à cette question.

Comme le soulignent les responsables associatifs, les éducateurs et les pouvoirs publics, la loi de 1905 sur la laïcité est appliquée à géométrie variable, posant problème au vivre ensemble et à la cohésion sociale. Nous savons que les jeunes des quartiers populaires ont de plus en plus de problèmes avec leurs identités (origine, culture, lieu d’habitation…).

Le rôle de l’Éducation nationale et de l’Éducation populaire est primordial dans le processus de construction de l’identité du jeune ; il doit être renforcé. Cette transmission dès le plus jeune âge est plus que nécessaire pour la compréhension de l’Autre, de sa culture, de son histoire, de sa religion et de ses origines. En résumé, la laïcité est un outil essentiel pour faire société.

Jean Jaurès disait lui-même : « La démocratie a le devoir d’éduquer l’enfance, et l’enfance a le droit d’être éduquée selon les principes mêmes qui assureront plus tard la liberté de l’homme ».

Bonus : un documentaire de Bibliothèques sans Frontière sur la laïcité française