S’il y a bien une chose à reconnaitre aux émissions de cuisine en tout genre (en particulier les concours du style de TopChef), c’est qu’en plus de nous faire saliver, elles véhiculent une très belle image du métier de cuisinier. Mais la réalité du terrain est-elle aussi idyllique ? Pour en débattre, j’ai eu la chance d’échanger avec Louis, jeune cuisinier dans un restaurant traditionnel alsacien.

X : Salut Louis ! Merci de m’accorder un peu de ton temps ! Pourrais-tu rapidement te présenter ?

L : Avec plaisir ! Alors pour faire bref je suis Louis, 23 ans, jeune cuisinier. Je travaille actuellement dans un restaurant traditionnel en Alsace. Quand je dis ça, les gens s’imaginent souvent que je passe ma journée à faire de la choucroute et des tartes flambées dans une Winstub (brasserie alsacienne très typique). Mais contrairement à ce que l’on pense, mon métier est un peu plus diversifié que ça !

X : J’imagine bien ! Comment en es-tu arrivé là ?

L : De façon assez directe en réalité ! J’ai baigné dans la cuisine depuis petit, mes parents ayant tenu un restaurant eux aussi. Et j’y ai pris goût en grandissant, j’aime beaucoup la façon dont cette profession peut redonner le sourire aux personnes pour lesquelles tu cuisines. Je me suis donc lancé dans ces études un fois mon brevet en poche.

Une fois mon BP en poche, j’ai fait une formation complémentaire traiteur avant de travailler dans mon premier restaurant. Depuis, j’ai changé et travaille depuis chez mon actuel patron, auprès duquel je me plais bien !

X : Un parcours de passionné effectivement ! Comment s’est passé ton apprentissage ? Facilement pour toi au vu de tes antécédents ?

L : C’est ce que je pensais, et ça a été la première désillusion (rires) ! On ne s’improvise pas cuisinier, et selon les enseignants en face de toi, ce n’est vraiment pas facile ! Heureusement, l’entraide était plutôt présente dans le groupe, et la formation dispensée, bien que sévère, était de bonne qualité. Au final, ça a été une belle période de ma vie.

X : Et ta première expérience professionnelle ?

L : C’est ma deuxième désillusion, qui fut encore plus grande que la première. Je n’étais pas encore tombé sur des conditions et un chef difficile pendant mes stages, mais j’ai été servi à la sortie ! Cette période m’a fait me poser beaucoup de questions, notamment sur ma motivation à continuer dans cette voie.

On ne me confiait que les tâches peu intéressantes, voire ingrates (même si j’ai conscience qu’il faut passer par là), et mon « mentor » ne me formait pas. Je me suis donné à fond pendant quelques mois, mais voyant que je stagnais, je suis parti en quête d’horizon plus vert. J’avais tout de même décidé de rester en cuisine, je ne me voyais vraiment pas faire autre chose.

X : Et ça a payé au final ?

L : Tout à fait ! Je suis très épanoui actuellement, je fais ce que j’aime et l’équipe actuelle, notamment mon chef, m’apporte beaucoup, aussi bien sur le plan technique que de la gestion de la cuisine. Le métier de cuisinier n’est pas aussi extraordinaire que l’on nous le montre à la télé.
Il faut beaucoup donner de sa personne, faire des sacrifices et on commence en bas de l’échelle. Mais une fois ces obstacles surmontés, la passion l’emporte et j’espère qu’elle m’animera encore longtemps !