De base, elle n’était qu’une frimousse quelconque disponible dans une banque de voix de Vocaloid, un logiciel de la société Yamaha qui permet aux utilisateurs de créer des chansons grâce à des voix préenregistrées. A chacune de ces voix est associé un personnage bien défini, des caractéristiques physiques les plus basiques (poids, taille…) au style vestimentaire. Certains se demanderont de quoi je peux bien parler, mais ceux qui connaissent le milieu auront sûrement deviné à qui je fais allusion: Hatsune Miku, l’idole virtuelle la plus populaire du monde. Il faut croire qu’elle avait ce petit quelque chose d’insolite que les autres n’avaient pas, puisque qu’elle devint rapidement un phénomène musical incontrôlable. Sur son site officiel, on apprend ainsi qu’elle a « chanté » plus de 100.000 chansons, et elle dispose d’ailleurs d’une chaîne youtube qui compte à ce jour un peu plus de 320.000 abonnés ! Et la folie ne s’arrête pas là, puisqu’un opéra a même été composé en son honneur.

 

 

C’est un succès qui n’étonne au final pas tant que cela si l’on considère l’omniprésence des nouvelles technologies dans la société nippone. Ce succès en a inspiré plus d’un puisqu’en 2015, une collaboration franco-japonaise a permis à Alys de voir le jour: du haut de ses 21 ans, 1m65 et 54 kg, elle peut interpréter des chansons en français, anglais

Alys

et japonais. Son développement a été assuré par Voxwave, une société française spécialisée dans les concerts de chanteuses virtuelles (qui a notamment gagné en popularité grâce à Alys). Elle donne régulièrement des concerts en France, et sa notoriété dépasse dorénavant les frontières de l’Hexagone puisqu’elle s’est déjà produite dans d’autres pays.

 

 

 

 

 

 

L’expansion de ce genre de pratiques pose néanmoins de nouvelles problématiques: Repenser les codes de la performance artistique en allant jusqu’à remettre en cause la place centrale de l’artiste est un concept intéressant. Mais un artiste virtuel est-il moins « légitime » qu’un chanteur en chair et en os ? N’y-a t’il pas un risque qu’un jour ces idoles envahissent les devants de la scène musicale en dépit des vrais artistes ? Car si de tels événements musicaux sont organisés, cela signifie qu’il y a un public demandeur.

Dans un monde où le virtuel tend à occuper de plus en plus de place dans nos vies quotidiennes, on peut s’attendre à tout…