Le recours à la congélation d’ovocytes, notamment pour des raisons d’âge, est une pratique qui s’est généralisée à l’étranger, et particulièrement en Europe et aux Etats-Unis, où les gérants de grandes firmes internationales proposent de financer cette congélation.

Mais quels intérêts ces entreprises auraient-elles à financer la congélation des ovocytes de leurs salariées ?

Plusieurs arguments sont avancés afin de plaider la cause de cette pratique. Tout d’abord, notre société a subi de nombreux changements, où le nombre d’années d’études augmentent, tandis que le chômage reste fortement présent. De nombreux trentenaires se soucis d’obtenir une situation financière stable avant de fonder leur propre famille. L’investissement dans leur travail ou l’absence de partenaire sérieux, sont également des raisons pour les femmes de retarder l’âge de la maternité. Or on le sait, qu’après 35 ans, la fertilité diminue et les grossesses à risques augmentent. En ayant recours à cette pratique, les ovocytes ne vieillissent plus, permettant alors aux femmes de gagner quelques années de fertilité. Certaines études avancent ainsi que les femmes bénéficient donc d’un peu plus de temps pour trouver le bon partenaire ou alors de se concentrer sur leur carrière sans abandonner leur volonté d’avoir des enfants.

Plusieurs pays européens ont cédé à cette pratique. C’est le cas de la Belgique, de l’Italie et de l’Espagne. Néanmoins la législation en France reste réticente face à cette pratique. En effet, la France limite la congélation des ovocytes aux femmes subissant un traitement pouvant altérer leur fertilité (traitement anticancéreux par exemple). Toutefois, en pratique on observe que de nombreuses Françaises décident de partir à l’étranger pour congeler leurs ovocytes.

De l’autre coté de l’Atlantique, la congélation d’ovocytes est une pratique qui se développe de plus en plus, notamment aux Etats-Unis. Certaines entreprises de la Silicone Valley encouragent même leurs salariées à y avoir recours. Ils considèrent que cela permettrait aux femmes de se concentrer sur leur carrière. Ces grands groupes cherchent à attirer les talents féminins, en effet dans des entreprises telles que Apple ou Facebook, les femmes se font plus rares que les hommes. Généralement ce sont des entreprises qui recrutent des trentenaires, or c’est l’âge où « fonder une famille » est une question très présente. Ainsi, leur objectif est d’attirer ces femmes dans le milieu de la High-Tech, en promettant de soutenir financièrement la congélation des ovocytes ce qui permettrait aux femmes désireuses de fonder une famille de repousser leur grossesse et se concentrer d’abord sur leur avenir professionnel. Ces multinationales espèrent permettre aux femmes qui le souhaitent de se concentrer sur leur évolution professionnelle au moment le plus stratégique, l’âge de la trentaine pendant lequel elles s’interrogent aussi sur l’urgence de fonder une famille. Ainsi, elles gagneraient du temps sur la maternité et le consacreraient à leur travail.

Toutefois, certains médecins mettent en garde, rappelant que la congélation d’ovule ne garantit pas à 100% une grossesse. Les chances de réussite sont les mêmes que pour n’importe quelle FIVETE (fécondation in vitro et transfert d’embryon).

Déjà en 2014, ce sujet avait fait polémique, et la ministre de la Santé de l’époque (Marisol Touraine) avait déclaré « Ce n’est pas aux employeurs de s’emparer de ces sujets », et de proposer des contrats comportant le financement de cette pratique. En effet le développement des biotechnologies ouvre de nouvelles perspectives pour la reproduction humaine. En particulier la congélation d’ovocytes.

Mais est-ce que cette pratique va vraiment libérer les femmes ou au contraire les emprisonner en les incitant à mettre leur vie privée de coté ?