Pour commencer ce mois de novembre en douceur et avec – un peu – de chaleur, quoi de mieux que d’aller s’enfoncer dans un siège de cinéma, pour quitter, le temps d’une soirée hivernale, son morne quotidien ? Sorti en salle ce 1er novembre, c’est ainsi que j’ai pu assister à la projection du premier film de Léonor Serraille, Jeune femme. Un film attachant, sans fard, itinéraire d’une jeune femme paumée dans un Paris-capitale.

Paula, la trentaine, vient de se faire larguer par son homme, un photographe en vogue, après leur retour du Mexique. Elle vient d’arriver à Paris, elle se retrouve paumée et sans toit, désespérée d’amour. Un chat sous le bras, elle va tenter de se reconstruire dans une ville froide de solitude.

Dit comme ça, on pourrait croire à un de ces innombrables films où l’on suit la trajectoire pathétique d’une héroïne tragique. Que d’chi. Ici, c’est avec humour et légèreté que la gravité est traitée. La jeune femme, jouée admirablement par Laetitia Dosch, se cogne la tête, tombe, se heurte à la vie mais finit tant bien que mal, par des manières vaudevillesques, par retomber sur ses pieds. Enchaînant les petites annonces, on la retrouve tantôt en baby-sitter délurée, tantôt en vendeuse improvisée dans un « bar à culottes »; jouant des tours pour rester dans sa chambre de bonne en compagnie du chat de son ex, qu’elle a tenté, en vain,  d’abandonner dans un cimetière. On la voit se prendre une porte, on la voit rire, danser, se moquer d’une amie enceinte dont elle plaint le couple, on la voit pleureur, hurler après un docteur qui la croit folle…

Bref, c’est la tranche de vie d’un sacré bout de femme qui est capturée avec panache, bande son détonante à l’appui. Un récit sans pathos, dans un moment où lorsque tout pourrait s’effondrer, c’est l’espoir qui fait vivre, les rencontres insolites, ces petits détails de bonheur qui laissent s’entrouvrir des lendemains qui chantent.

http://www.unifrance.org/film/41472/jeune-femme

——–> Un film à savourer, actuellement au cinéma.