Newvoradio : hello, je viens de découvrir ton groupe sur YouTube. Moi qui suis assez fan de métal sans être particulièrement spécialiste, j’aimerais que tu m’en dises plus sur le genre que tu représentes ?

Antoine : Le métal est un genre vraiment très riche, c’est vrai. Et bien, ARS NOTORIA est un groupe de métal progressif ou death technique. C’est un genre bien bourrin avec des grosses voix énervées et une batterie qui tape vite et fort.

Newvoradio : Le niveau technique est effectivement impressionnant. Tu dois pratiquer énormément…

Antoine :  J’ai toujours été attiré par l’aspect technique. Mon frère prenait des cours de guitare pendant que j’apprenais la trompette. Mais venant d’une famille de rockeurs, j’ai rapidement voulu moi aussi brancher la disto. J’ai commencé la guitare vers l’âge de 13-14 ans et j’ai débuté en autodidacte. Puis j’ai voulu m’y mettre sérieusement et j’ai donc suivi des cours pendant des années afin de développer mon jeu pour être le plus polyvalent possible. Aujourd’hui, c’est mon gagne-pain, je suis prof de guitare, j’enregistre et je produit également des groupes dans mon home studio.

Nicolas : Pour tout te dire, ça faisait 6 ans que je prenais des cours de gratte. Nos parents ont divorcé et Antoine est parti en emportant l’une de mes premières guitares. L’ambiance était tendue, on ne s’est pas vus pendant un certain temps. Quand on s’est retrouvés pas loin de 6 mois plus tard, il m’avait déjà largement dépassé. Il commençait le sweeping alors que j’en étais encore à apprendre les solos de Metallica, c’est à dire, j’étais vert. Tout le monde sait que c’est à cause de toi que j’ai arrêté d’en jouer. (rires)

Newvoradio : Avant d’en arriver au niveau actuel, j’imagine que vous avez dû jouer dans pas mal de groupes. Quel est votre passé musical ?

Antoine : A l’époque, on était vraiment très fans de NOFX, donc j’ai commencé dans un groupe de punk au collège, puis découvrant de nouvelles influences, je me suis dirigé vers le métal au lycée. Depuis j’ai toujours eu des groupes. J’ai sorti un premier album en 2013 avec Bloody Pride (RIP) et un EP en 2015 avec As We Awake ; nous travaillons d’ailleurs, actuellement sur un album. Je suis passé par des groupes de funk, de jazz et actuellement je joue en duo pop-latino.

Nicolas : De mon côté, c’est tout l’inverse, je privilégie généralement les projets solo voire les duos. J’ai été à la guitare rythmique et au micro sur deux albums de métal industriel. On a pas mal tourné en Europe. Sinon, je produis des albums d’electro dark et j’aime écrire donc ça m’arrive aussi de rapper. Je crois qu’on peut dire qu’on a des gouts assez variés.

Newvoradio : Pour en revenir à l’actualité, peux tu me dire ce que signifie ARS NOTORIA ?

Antoine : C’est une technique magique née en Italie au XIIeme siècle. Cet art aurait été révélé à Salomon par l’entremise d’un ange. C’est un ensemble d’incantations en diverses langues (hébreu, latin, grec…) qui procurent sagesse et intelligence. Superstitieux et hérétique, il est très vite condamné, peut-être surtout car il donnerait accès à une mémoire illimitée. C’est en travaillant sur la méditation que je me suis particulièrement intéressé à celle-ci.

Newvoradio : Antoine, il me semble que c’est toi qui as composé l’ensemble des parties musicales. Peux-tu nous expliquer le processus créatif ?

Antoine : J’ai toujours joué dans des groupes de métal en tant qu’interprète (Bloody Pride, Guilty of Reason, As we awake …), principalement à la guitare mais j’ai aussi pratiqué parfois à la basse. J’avais pas mal d’idées que je ne pouvais utiliser dans ces diverses formations, donc ça faisait un moment que je voulais monter mon propre projet. J’ai simplement commencé à composer un morceau il y a deux ans, et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Au fur et à mesure de l’avancement de la composition, j’ai dû également apprendre à travailler le son (mix et mastering). De fil en aiguille, j’ai composé et produit l’équivalent d’un album.

Nicolas :  C’est vraiment un bosseur et les progrès qu’il a réalisés ces dernières années sont impressionnants. A défaut d’être le guitariste de la famille, j’ai passé des années sur la production électronique mais je dois reconnaitre qu’aujourd’hui, c’est lui qui me donne des conseils.

Newvoradio : Pour toi est-ce le live ou plutôt le studio qui est important ?

Antoine : J’ai toujours aimé le live, comme la plupart des instrumentistes, j’adore jouer, j’ai fait beaucoup de concerts et j’en ai toujours retiré un grand plaisir, mais je viens d’achever ma première production solo et je découvre tout le travail qu’il y a derrière. La production, c’est évidemment super important, mais ça ne va pas sans live. Je trouve ça vraiment dommage de sortir un morceau ou un album et de ne pas pouvoir le jouer en public. Ce sont deux aspects bien différents et complémentaires de la musique, mais j’ai tendance à préférer le live.

Newvoradio : Tu ne seras pas seul sur scène. Peux-tu donc présenter ton groupe live, pourquoi avoir fait le choix de jouer avec ces musiciens ?

Antoine : Même si j’ai réalisé l’ensemble de l’album moi-même, il est clair que la musique est faite pour être partagée. J’ai donc sollicité les conseils de Corentin à la guitare qui a souvent eut le final cut et de Jérémy qui a composé les batteries. Ce sont des musiciens talentueux avec qui j’ai eu l’occasion de travailler par le passé. Je les ai rencontrés en produisant un morceau de leur précédent groupe que j’ai ensuite rejoint, ça s’est donc imposé. Ils font partie de la formation de base. Et j’ai proposé à mon frère de participer pour ce qui concerne la partie texte/voix car ce n’est vraiment pas ce qui m’est le plus intuitif.

Nicolas : Comme quoi, y a au moins un truc que je sais faire mieux que lui.

Newvoradio : Le métal est apparu à la fin des années 60 avec le heavy. C’est donc un genre assez vieux. Comment expliques-tu qu’il perdure et soit toujours autant présent de nos jours ?

Antoine : C’est vrai que nous avons grandi en entendant Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple dès le biberon donc c’est avant tout dans cette conception que j’approche la musique de manière générale, comme des millions de personnes à travers le monde. Ce n’est pas prêt de s’arrêter, il suffit de se rendre en festival pour voir qu’il y a de plus en plus de parents qui emmènent leurs gamins headbanger, le métal est généralement une vraie histoire de famille. Et puis il faut aussi considérer le fait que l’investissement personnel est important dans ce milieu car avec de la volonté et un peu de moyens, il est devenu possible de tout faire soi-même ce qui est extrêmement motivant. Je réalise régulièrement tant les progrès que j’ai effectués que les points sur lesquels je dois encore m’attarder afin de continuer à m’améliorer. Ce qui me motive avant tout, c’est de produire des morceaux qui m’auraient foutu une vraie claque si je les avais entendus plus jeune. C’est une quête sans fin.

Newvoradio : Comment envisages-tu le futur? Penses tu pouvoir pousser le projet plus loin ?

Antoine : Le premier morceau vient tout juste d’être révélé et nous avons pas mal de matière de côté. Nous avons commencé à répéter et sommes actuellement à la recherche de dates de concert. Chacun de notre côté, nous avons eu l’occasion d’écumer pas mal de salles ces dernières années, on cherche maintenant surtout à présenter un plateau de qualité. Je souhaite avant tout que le groupe parviennent à jouer sur de belles scènes mettant réellement en valeur la performance.

Newvoradio : Après toutes ces années d’activité , peux-tu me raconter ton meilleur souvenir ?

Antoine : Le premier qui me vient à l’esprit est sans nul doute la fois où j’ai ouvert pour Black Dahlia Murder. Étant fan du groupe, j’étais sur le cul quand j’ai appris la nouvelle. Ça m’a mis une grosse pression, puis tout est allé très vite. On a passé un super moment en backstage, et tous les concerts de la soirée ont été d’une très grande qualité. Certainement l’un des plus grands moments de ma jeune carrière. Plus récemment, j’ai ouvert avec As we awake pour Trivium à la Laiterie. C’était plein à craquer, une vrai ambiance de furieux. Un grand moment.

Newvoradio : Un petit mot pour finir ? Dédicaces?..

Antoine : Je tiens à remercier les potes de Fractal Universe, Kera et Öbliviön pour m’avoir prêté un guitariste, mais chut, on en reparlera bientôt. Gros bisous à Émilien et Gaétan qui ont taffé sur le logo. A mes frères d’armes Corentin et Jeremy qui m’ont assisté de bout en bout dans la réalisation du projet. A mon frère pour sa disponibilité. A Maxime et Dimitri qui m’ont souvent permis d’y voir plus clair après des heures de tergiversations. A Joffrey qui m’a aidé à travailler mes mixes. Et surtout à ma copine, qui m’a poussé à réaliser ce dont je rêvais. Merci pour votre aide et votre patience.

Nicolas : Le death, c’est la vie. Vive la mort.