Le cas d’école du portail famille de la ville d’Épinay-sur-Seine

Dès 2018, le gouvernement a donné la priorité à la transformation numérique des administrations pour atteindre l’objectif fixé par le président de la République de 100 % de services publics dématérialisés à horizon 2022 (cf. « Dématérialisation et inégalités d’accès aux services publics » – Rapport du Défenseur des Droits en 2019).

En effet, 57 % des Français ayant des revenus inférieurs à 900 euros par mois ne sont pas équipés d’Internet à domicile. L’accès aux télécommunications pour eux se manifeste à la fois par une moins bonne connaissance des outils numériques et par le sous-équipement des foyers, ne cesse de se creuser. Ainsi, les plus précaires subissent ce fossé qui les éloignent plus encore du marché du travail, cassent les liens sociaux et vont avoir une possibilité de s’informer nettement restreinte.

En Seine-Saint-Denis…

Or, nous savons que les habitants de notre département de Seine-Saint-Denis sont les plus touchés par la précarité numérique (les séniors, les familles en grande précarité (enfants inclus), les résidents étrangers etc…). Ils se rendent dans les administrations déconcentrées et décentralisées telles que les services sociaux (CCAS, RSA, CAF, MDPH…), les préfectures, les pôles emploi, les mairies, les écoles etc…. Ces institutions se sont converties plus ou moins rapidement au numérique avec une communication « grand public » inexistante.

C’est pourquoi, depuis 2016, avec la création d’un Conseil du Numérique Départemental la Seine-Saint-Denis modernise son administration et ses politiques publiques. L’objectif est de répondre aux besoins des usagers et optimiser son fonctionnement (démarches en ligne, accès aux données publiques, lieux d’accueil revisités…). Ainsi nous avons 2 exemples :

  • Le « SP Lab » : il s’agit d’une équipe innovante qui a développé cette année un prototype de robot pour la salle d’attente de notre Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH),
  • Sur le volet « éducation » pour assurer la continuité pédagogique et lutter contre le décrochage scolaire, le département a fait le don de tablettes individuelles ou collectives, et de tableaux numériques interactifs aux collégiens du département suite au Covid-19,
  • Accompagnement par l’association « Emmaüs Connect » avec un abonnement internet avec une tarification sociale auprès des opérateurs de télécommunication.

… à Plaine Commune

Du côté de Plaine Commune, la réduction de la fracture numérique passe par exemple par les espaces Maison de l’emploi qui proposent une gamme de prestations gratuites, dont l’accès aux cyberbases. En libre accès, ouvertes à tout public souhaitant bénéficier d’un ordinateur et d’un accès internet pour chercher un emploi, elles sont placées sous la responsabilité d’un ou plusieurs animateurs et proposent des ateliers thématiques (apprentissage de l’outil informatique, rédaction de CV et lettres de motivation, création de boîtes mail…).

L’intercommunalité a renforcé ses actions de formation aux outils numériques, Plaine Commune prend appui :

  • Sur son réseau des médiathèques via un partenariat avec les acteurs de la formation et de l’insertion professionnelle (Pôle Emploi…),
  • Sur des ateliers d’initiation d’actualisation des droits en présence d’un conseiller.

L’exemple du « Portrait famille » de la ville d’Épinay-sur-Seine

Le Portail famille d’Épinay-sur-Seine est une démarche obligatoire pour tout parent d’élèves et permet d’accéder à un compte famille afin de consulter et de payer les factures en ligne, de réaliser les préinscriptions en crèche, à l’école, aux activités périscolaires (restauration scolaire, centres de loisirs, étude dirigée, EMS, stage de révisions…), au Conservatoire, aux séjours de vacances et classes de découverte.

Tout passe par la dématérialisation (ou presque) … sauf une partie des parents ne sont pas au courant de cette plateforme (absence d’une campagne de communication), ne sont pas accompagnés pour effectuer leurs démarches administratives (absence de structures et/ou des personnels communaux formés à l’outil etc…).

Enfin, nous avons 2 propositions pour améliorer l’accès au numérique de notre ville l’une c’est de créer des postes d’animateurs en charge du numérique pour accompagner les familles et agents et l’autre c’est de créer des permanences au sein même des établissements scolaires.

Une pétition lancée vous pouvez la retrouver ici pour faire bouger les lignes.

Manela Vesaphong, Mariama Sané, Slimane Tirera du collectif des Fédérateurs