Focus sur le « cloud rap de rue » PNL (Peace N’Lovés)

pnl2elogoC’est par hasard en surfant sur Youtube que j’ai découvert PNL (2 frères : Ademo et N.O.S) en écoutant des groupes de rap comme La Comera, LMC Click et Baron G. Par le son « Mowgli » du rappeur Ademo qui est un ovni musical, j’ai découvert un croisement entre la « rue » et le « cloud-rap ». Je me suis interrogé : d’où vient-il ? D’où sort ce style ? Le morceau est direct, sans refrain, sans trop d’autotune dans un « rap jeu » trusté par la « trap » et le vocodeur. Lorsqu’Ademo a sorti cette punchline « Gros le rap game ça me plait pas. Je le fais parce que y a peut-être un billet ». Je me suis dis qu’il va continuer à rapper comme tous ceux qui l’ont dit par le passé. J’ai cherché dans les tréfonds d’Internet. J’ai vu les rumeurs d’un projet avec son frère N.O.S et un mystérieux hastag « QLF » : Que la Famille.

1200x630bfPNL n’a aucune communication, aucune interview sur les sites spécialisés. A croire qu’ils n’existent pas réellement. Un mystère ! Mars 2015 sort la mixtape « Que la Famille » avec un certain sens de la non-communication. Après les écoutes et la vision des clips : « Je comprends pas », « La petite voix », « Je vis, je visser », « Différents », « Gala Gala », « Simba ». Mon jugement est sans appel : un univers déroutant, inquiétant, réaliste, post-moderne, tourné sur notre France « d’en bas ». « Je suis comme le bas de mon bâtiment j’ai tous les jours le cafard. Mes yeux clairs regardent l’enfer, l’enfer, l’enfer », extrait de « Je comprends pas ». « Que la Famille » c’est un état des lieux de notre « Sous France » comme celui de Brav de « Din Records » : déshumanisée, désenchantée et désabusée avec quelques touches d’espoir et des sonorités planantes.

visuel_pochette_hdLe succès de l’EP « Que la Famille » a permis de lancer la même année leur premier album « Le Monde Chico » en octobre 2015. Ce dernier fut propulsé par l’intriguant clip « Le Monde ou Rien » : « La famille a faim pas l’temps d’raconter ma life, trêve de balivernes ». Puis viennent les stratosphériques : « Oh la la », « Sur Paname », « Loin des hommes », « Tempête » et les sons de « cloud rap de rue » : « Dans ta rue », « Porte de Mesrine » et « Mexico » inspiré par le légendaire film « Scarface ». « Le Monde Chico » est dans la lignée de « QLF ». Les sons sont plus aboutis. L’orientation est bien définie et marquée « Cloud rap de rue ». L’univers est grave et léger en même temps : paradoxale non ?

Décembre 2015, le son hors sol « Lion » nous annonce qu’un projet se trame pour 2016 : « J’me suis fait tout seul j’sais même pas si j’me suis fini ». Puis, le premier extrait du second album est dévoilé en mars 2016 « La vie est belle » avec un clip en Namibie (Afrique). Le second extrait « Da » est tourné en avril entre Corbeil-Essonne et Paris. En mai « Tchiki tchiki » avec un instrumental japonisant est retiré de Youtube pour cause de problème de droit d’auteurs sur le sample de Ryuici Sakamoto (extrait de la B.O du Furyo). Ensuite arrive « J’Suis QLF », son d’été pour nous faire patienter. Enfin, à J-1 de la sortie de « Dans la Légende » le 16 septembre, « Naha Part.1 » se veut en continuité du scénario du clip « Da ». Par ce projet, ils nous montrent qu’ils ont imposé un espace dans ce « rap jeu ». Ils ont crée leur univers. Ils entrent petit à petit « Dans La Légende ». Je finis par ces mots de N.O.S : «  Mes gouttes de sueur ont l’odeur d’l’Enfer. Ça r’commence on finira par s’y faire. Nique ta célébrité, nique ton buzz. Sans c’putain d’rap t’es rien, puta creuse. J’veux pas qu’on m’invite ». Finalement, l’état d’esprit PNL c’est avancer lentement mais sûrement. Pourtant, à l’heure où j’écris, ils sont déjà disque d’or : rapidement mais sûrement.