Prendre la décision de partir faire ses études seuls à l’étranger n’est jamais anodine. Cela doit être un choix réfléchi, conscient de tous les changements que cela entraîne dans notre vie. C’est également une expérience de vie inédite au cours de laquelle on est constamment confronté à de nouvelles chose. Il arrive d’ailleurs souvent que la réalité ne colle pas (ou peu) à certaines idées que l’on se faisait dudit pays. Voici l’expérience d’Ecaterina, jeune Moldave qui a pris la décision il y a quelques années de venir faire ses études en France.

 

Alors je m’appelle Ecaterina Daranuta, j’ai 22 ans et je viens de Moldavie de Kishinau et c’est ma troisième année en France. Je fais une licence en langues, cultures et civilisations étrangères (chinois). Et jusqu’à présent ça s’est bien passé. Après avoir fini l’école en Moldavie, j’ai commencé une licence d’archéologie dans mon pays, et en même temps j’ai fait un semestre d’échange en Chine et ça m’a beaucoup plu mais j’me suis dit que faire toute la formation en Chine c’est pas une très bonne idée, et que pour mon futur la qualité d’études françaises c’est mieux. C’est pourquoi je suis venue en France après un an, et j’ai fait les deux licences en parallèle, la licence en archéologie et ma licence en chinois.

Pourquoi avoir choisi la France ?

Déjà je pense que c’était un choix que j’ai fait quand j’avais 8 ans (rires), parce que mes parents ont décidé de me… mettre dans une école bilingue roumaine/française, et quand tous mes copains apprenaient l’anglais moi j’apprenais le français, et c’était ma première langue étrangère. Et déjà quand on apprenait la langue on apprenait aussi la culture, la civilisation, … et ça m’a toujours fascinée, ça m’a toujours paru un pays très loin, très civilisé avec une histoire et une culture. Et après déjà quand j’étais au lycée je savais que je voulais pas rester dans mon pays, premièrement découvrir un autre pays et aussi comme j’ai dit pour la qualité des études j’avais besoin de quelque chose de plus que les études moldaves. C’est pourquoi je me suis retournée vers la France, qui est réputée pour la qualité des études mais aussi pour le fait que l’éducation universitaire est gratuite pour tous et ça c’est vraiment un point important. Je trouve que ça prouve le développement d’un pays, qu’il puisse offrir des opportunités égales à tout le monde et même les étrangers.

Quelles difficultés as-tu rencontrées lorsque tu es arrivée en France ?

Quand je suis venue en France ça m’a tellement choquée toute l’administration et la bureaucratie, tous les secrétariats qu’il y a partout. Et quand je suis venue je connaissais personne, et même dans notre classe j’étais pas très familière avec personne au début, j’étais trop perdue, je comprenais rien, toutes ces procédures d’inscription … Alors que voilà maintenant en troisième année toutes les inscriptions me paraissent très faciles, mais en première année c’était pédagogique, administrative, il fallait parler avec tout le monde et déjà je pense que dans les premiers temps j’avais une petite barrière de langue, c’était pas si facile de m’exprimer en français. Et surtout, quand j’essayais de parler français les gens étaient « we can speak english if you want ? », j’étais là « eeeeuh, ok » (rires), je pensais que je pouvais parler français mais non.

Et culturellement, est-ce que t’avais des idées reçues sur la France ? Des choses qui t’ont choquées ?

J’étais assez libre d’esprit, j’avais pas de stéréotype fixe que je m’attendais à voir en France, mais c’est vrai que quand j’étais en Chine il y avait un groupe de français qui ne parlaient avec personnes et qui étaient tellement arrogants et j’avais l’impression que quand je vais aller en France ça va être l’arrogance niveau 100 et moi quelque part là-bas. Ce qui n’était pas le cas, finalement. Parce que le monde est grand, la France est grande et on ne peut pas généraliser. Mais c’était juste un petit arrière-goût que j’avais après la Chine. Et aussi je ne sais pas pourquoi j’avais l’impression que en France les gens sont, comment dire… j’avais l’impression que les gens étaient pas tellement sérieux, par exemple que les jeunes ne pensent jamais à rien, faire la fête tout le temps, et ce qui bien sûr n’est pas le cas parce qu’on peut pas généraliser et dans chaque pays y’en a qui font la fête mais y’en a aussi des sérieux. Et aussi ce qui m’a plu aussi c’est que les gens sont beaucoup plus matures, ce qui n’est peut-être pas le cas dans mon pays. Mais il faut aussi dire que ce qui était difficile quand je suis venue en France c’est que les gens ils sont un peu… ils ont un espace personnel qui est difficile à franchir quand on vient de l’extérieur. Et comme je dis à mes copains de ma classe, au début c’était pas vraiment facile d’aller vers eux. Bien sûr ça peut être quelque chose qui vient de moi et pas des français, mais j’ai trouvé vraiment difficile au début de m’encadrer et de devenir amie avec des français qui sont pas dans ma classe. Mais en France j’adore la culture alimentaire, qu’on accorde beaucoup d’importance aux pauses des repas, au temps passé à manger, à ce qu’on mange, ça se voit que c’est une partie super importante de la vie des Français.