Date d’entrevue : 06/02/2018

Entrevue par OLO

J’ai découvert Sabrina Bellaouel lors de ce projet costaud d’Orfèvre Label (tenu par Espiiem) de publier des EP 3 titres  exclusif chaque semaine. Elle a depuis sortie son EP Illusion fin 2017.

Amour, Algérie, écriture, inspiration, bienvenue dans l’univers de Sabrina Bellaouel.

 

Ton dernier projet c’est un mélange de soul et pop futuriste, que veux-tu rajouter pour décrire le projet Illusion ?

Ca m’est très compliqué de décrire mes projets, ma musique parce que je collabore avec des compositeurs et des arrangeurs qui viennent de milieux complètement différents. C’est vraiment un mélange d’influences et l’élément qui manque dans cette liste, c’est l’amour (rires). C’est un projet avec beaucoup d’amour, d’énergie et de recherche de sons, c’est très expérimental.

Quels éléments t’ont inspirée pour la création de l’EP ?

Je me suis inspirée de ma vie, de mes rencontres ces dernières années qui m’ont beaucoup influencées, je suis également inspirée par des tableaux, des couleurs, des paysages. Pour cette EP, j’ai notamment étais inspirée par un peintre qui s’appelle Félix Valoton puis l’inspiration vient aussi de l’Algérie. C’est un pays qui me subjugue, j’y retourne souvent et à chaque fois je sors la plume. J’écris des textes, des mélodies, c’est là-bas que j’arrive à cristalliser toutes mes émotions et tout ce que j’ai envie de dire.   

J’avais lu dans une interview que tu avais écris l’EP en Algérie

Oui je l’ai écrit sur place et je l’ai écrit en dix jours.

De combien de personnes est composé le Vénus Gang et quelles sont les fonctions précisent dedans ?

C’est un mystère ! Alors c’est le Vénus City Gang (rires), pour l’instant on compte ces membres avec les doigts de la main, on est peu en ce qui concerne le noyau du Vénus City Gang après on collabore avec pas mal de personnes qui gravitent autour, elles font partie du Vénus et développent en périphérie l’aura qu’on a envie de développer. Le Vénus c’est beaucoup de lumière, je ne peux pas trop en dire ! Nous on ne dit pas, on fait.

Pour les personnes présentes ce soir au concert, elles ont pu voir un clip en exclusivité. Est-ce qu’on peut dire quand est-ce qu’il sort ?

Le clip sort demain, on a montré le clip en exclusivité ici car on a eu l’occasion de le projeter en grand écran et on trouvait ça merveilleux sur une première projection.

Quand j’ai vu le clip j’ai eu l’impression que c’était comme la bande-annonce d’un film, on est impatient de voir la suite, ça colle vraiment bien avec l’ambiance

Merci beaucoup, ce clip je le supporte énormément car il a été tourné en Algérie par Hannah Rosselin qui est une artiste que j’admire énormément par son esthétisme et sa dévotion. Elle a un œil particulièrement intéressant, on est tombé amoureuse l’une de l’autre artistiquement puisqu’on adore les rituels et le symbolisme. Je trouvais que l’amener en Algérie, c’était intéressant pour qu’elle puisse créer dans mon univers, elle a beaucoup voyagé et tourner de belles images notamment en Palestine et à Cuba. Elle est très proche des humains. Le c’est simplement l’expérience d’un bain salvateur une sorte d’épuration mentale et physique ce qui te permet de te renouveler et de t’élever spirituellement. Je pratique ce bain depuis que je suis toute petite avec mes tantes, c’est vraiment un moment de ressources total et ça m’a vraiment fait du bien de le faire.

Tu as dit que tu n’es pas à l’aise dans un cadre médiatique. Est-ce que c’est la caméra, le micro ou l’attitude d’un journaliste qui te perturbe ?

C’est tout, c’est ce tout réunit, c’est le contexte… même la je suis mal à l’aise.

On ne dirait pas !

Tant que ça concerne mon projet ça va (rires). Je suis assez timide et j’apprends de plus en plus à être à l’aise face au micro et à la caméra en dehors de l’art, de la promotion pure quoi ! J’essaye de le faire assez naturellement.

Du coup tu t’es habituée à tout ce qui est shooting photo etc ?

Je ne suis pas du tout à l’aise, je ne suis pas à l’aise avec l’image en revanche toutes les photos qui existent de moi je les trouve bien car ça me représente, il y a un voile épais que je mets devant mon visage et parce que j’ai envie qu’on fasse attention à la musique.  Après le physique, l’attitude ça compte aussi je suis quand même là pour vendre ma musique, la promouvoir donc je vais essayer de me prêter de plus en plus à ce jeu.

via https://www.facebook.com/SabrinaBellaouel/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel est ton dernier morceau coup de cœur ?

Down the lien de Beach Fossils, je l’écoute en boucle ce morceau. C’est un groupe d’américains qui font une pop un peu acidulé, ils sont jeunes, ils ont beaucoup d’énergie et les arrangements sont incroyables.   

Tu disais dans une interview, que t’écris la plupart des textes en anglais mais que t’as également des textes en français et en arabe. Est-ce que dans un avenir proche tu balanceras des morceaux où tu chanteras en arabe ?

Absolument c’est prévu. J’ai envie d’explorer ma voix en français et en arabe, le français c’est une langue très compliqué à articuler en musique mais je trouve que le style de musique que je fais se prête à la perfection, quand je j’évoque ce style je pense à Bonnie Banane qui le pratique à la perfection. Bonnie Banane est une chanteuse et une amie que j’admire énormément et pour l’arabe je n’ai jamais vraiment enregistré de maquettes format chanson c’est plus des intro, des interludes ou encore des outro. L’arabe a une musicalité particulière et la faire sonner dans un r’n’b c’est particulier, je ne vais pas m’aventurer à faire ce truc la mais tu vois c’est d’autres codes que moi je n’ai pas vraiment appris. J’ai grandi avec les codes occidentaux et pas arabe c’est complètement différent. Ma mère écoutait énormément de musique orientale et par mimétisme je chantais à la maison avec elle en faisant à manger, le ménage. Je chantais les Oum Kalthoum, Warda les grandes chanteuses égyptiennes. Je pense que je vais de plus en plus aller vers ça, en tous cas les intégrer comme des ingrédients, des arrangements à des EP’s ou des albums, inch allah !  (Rires)

via https://csosoundsandstories.org/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand tu dis « How many times will I be dying for your feelings » c’est une phrase hyper forte, j’ai l’impression du coup que t’as plusieurs façons d’écrire et de te relire, quel est ce processus d’écriture ?

Explique ce que tu veux dire par plusieurs manières d’écrire et de te relire

En fonction du travail audio qu’on te propose, de l’endroit où tu es, j’ai l’impression que tu as plusieurs techniques pour écrire ou alors tu n’as qu’une seule manière d’écrire et tu essayes à chaque fois de la rendre plus belle et de mieux en mieux ?

Absolument, en fait les maquettes de mes chansons n’ont rien à voir avec les chansons finales qu’on écoute sur Internet, je mets beaucoup d’énergie à faire en sorte que l’harmonie entre la mélodie, les textes, l’instru se fassent du coup mon travail d’écriture il est en plusieurs étapes. J’essaye de peaufiner cela car j’aimerai bien épurer, faire des mélodies plus simples, plus audibles et qu’on digère mieux. A chaque fois, je pars sur des mélodies hyper complexes, puis je trie et du coup ça coupe des mots et je reforme les phrases. Donc je pars d’un processus compliqué, avec de longues phrases et après je scie comme Edward aux mains d’argent et on retrouve le vrai visage de l’EP. J’espère aller vers encore plus simple.  

C’est ça, allé de la complexification à la simplification

C’est ce qui a de plus dure, tu discutes avec n’importe quel musicien il va te dire que le plus difficile en musique c’est de faire des choses simples. Ta chanson elle marche si tu peux la rendre efficace juste en guitare-voix sans artifices. Je trouve que pour L’eau par exemple on a réussi à faire un morceau simple, efficace, joli et quand bien même assez complexe dans les mélodies mais qu’on peut jouer en guitare-voix.