Joëlle Ebongue alias Elyon’s est une jeune illustratrice et auteure de bande dessinée d’origine Camerounaise vivant entre sa terre natale et le Congo Brazzaville. Mais pas seulement, elle à aussi créer le premier festival dédiée à la bande dessinée en république démocratique de Congo.

Aujourd’hui, nous nous intéressons à une BD pétillante, dynamique et drôle sur la vie d’une jeune femme noire vivant en Belgique et comme elle le dit si bien : Prenez une cuillère à soupe de « ndem = La poisse  », ajouter une pincée de quiproquos, remuer puis mélanger dans un demi-litre de « nguémè = La dèche ». Chauffer, et vous obtenez …

« La vie d’Ébène Duta ! »

Comment tu es venue la vocation de devenir auteur BD ?

C’est un rêve d’enfant. Je me suis nourrie aux films d’animations Disney, et mes tantes en revenant de France, ramenaient des cassettes de l’émission le « Club Dorothée ». Du coup, à force de voir des personnages dessinés transmettre autant d’émotions, j’ai voulu en créer à mon tour. J’ai commencé à réaliser mes premières BD entre 7 et 9 ans.

Énormément de personnes te suivent les réseaux sociaux, comment expliques-tu ce succès ?

Honnêtement, ça fait super plaisir de voir que les (mésa)ventures d’Ébène Duta suscite un tel intérêt. Surtout que je suis en auto-édition et que je vis en Afrique Sub-Saharienne. Mais d’un autre côté, mon personnage vit pas mal de situations à quiproquos, tout ne se passe pas toujours comme elle le voudrait et c’est une situation à laquelle les personnes et quelles que soient leurs carnations, peuvent s’identifier.

Ébène Duta et Elyon’s seraient-elles la même personne ?

Hahahahahaha ! C’est ma créature disons que je suis son Dieu. Une partie de moi a contribué à faire d’elle ce quelle est, mais nous sommes assez différentes sur plusieurs points.

Alors comment a commencé l’aventure de la vie d’Ebène Duta ? 

On va dire qu’il m’arrive pas mal de situations assez gênantes qui ont toujours fait rire mon entourage. Et j’ai été plusieurs fois encouragée à raconter mes (més)aventures en BD. Ça a servi de matière de base pour créer un personnage qui vivrait une partie de ce que j’ai réellement vécu mais plus encore ! En 2009, Je dessinais mes «minisodes» ( mélange de mini et épisodes ) sur un blog. Et plus tard j’ai sauté le pas en créant une page Facebook. Lorsque j’ai atteint 10 000 likes je me suis lancée sur les conseils de Mathieu Diez, Directeur du festival BD de Lyon, dans le crowdfunding. Et c’est sur la superbe plateforme Ulule que le rêve à pris corps et que j’ai pu passer du virtuel au support papier.

Ce n’est pas courant d’avoir des jeunes femmes noires exercer ce métier, y a-t-il une sorte de nouvelle vague ?

Je ne pense pas que ce soit une nouvelle vague, c’est surtout que la vague gagne en hauteur et devient de plus en plus visible. Vee est une illustratrice-blogueuse martiniquaise, Reine Dibussi est Guadeloupéenne, Fifi Mukuna de la RDC, Joëlle Esso camerounaise. Nous ne sommes pas nombreuses, mais progressivement notre nombre croît et nous gagnons de l’espace.

Que peut-on te souhaiter ? Et surtout quel conseil donnerais-tu aux personnes voulant faire ce métier ?

 Alors, souhaitez moi de continuer l’aventure LVDD ! Le tome 2 est sorti ce 23 Janvier 2017 en France, Dom-Tom, Belgique, Suisse, Canada et le tome 3 est prévu en fin d’année. Il coûte 15 euros, et votre achat me permet de mettre de côté pour sortir les suites. C’est une histoire en 6 tomes, donc oui, souhaitez moi de bonnes ventes, ce qui me permettrait de financer les tomes suivants !

Ensuite pour tout porteur de projet, je dirai de bien préparer votre projet, de rester concentré pendant toute la durée de votre collecte, d’être humble et reconnaissant face à chaque participation et quoi qu’il arrive, ne perdez pas la FOI ! La vie est faite d’obstacles à franchir, donc quelle que soit sa hauteur, ne jamais confondre impasse et obstacle : c’est surmontable !