Véritable événement dans le microcosme musical nantais, Elodie Rama revient d’une tournée en Chine. Celle qui a collaboré avec Hocus Pocus ou avec le groupe de jazz Blue Apple Quartet, poursuit désormais son aventure en solo. Elle est notre portrait de la semaine.  

Comment définir l’univers d’Elodie Rama ? Difficile à dire quand on écoute son premier EP solo, Strange Island, sorti en 2013. La nantaise d’origine martiniquaise nous propose en effet huit tableaux au carrefour du jazz, de la soul, de la world music ou encore de la chanson française. Il y est question d’ouverture, de rencontres, mais aussi de destination imaginaire.

En effet, la chanteuse ne souhaite pas se fermer à un style. Ainsi, dans son album, le souhait premier d’Elodie Rama est de proposer une musique « hybride ». Tantôt world, tantôt hip hop, voir même électro, les références y sont multiples. A l’instar du titre City of Hope, où l’histoire consiste à se mettre dans la peau d’une personne qui, à un moment donné de sa vie, rêve de quelque chose de grand, de nouveau. Serait-ce une nouvelle vie ? Un nouveau destin ? Ou tout simplement d’une ville fantasmée qui n’a pas de nom en soi ? Libre à chacun d’en juger.

Par ailleurs, l’œil et l’oreille sont liés chez la jeune femme. Et pour cause, puisqu’avant de se lancer dans sa carrière musicale il y a neuf ans, Elodie Rama a mené des études de design et de stylisme. La chanteuse est ainsi allée puiser dans ce parcours en arts visuels pour confectionner l’artwork de son disque.

Puis, la nantaise a progressivement fait de la musique avec Blue Apple Quartet (qui l’a fait rencontrer Hocus Pocus par la suite). Car sa musique première, c’est le jazz, même si elle reconnaît n’en avoir jamais vraiment entendu chez elle étant enfant. Il faut dire que son père est musicien plutôt de Blues et a accompagné bon nombre d’artistes issus de tous les styles musicaux. Paradoxement, le premier disque de jazz que la jeune femme écoute fait partie de la collection de son paternel : c’est un album d’Ella Fitzgerald.

Une géographie musicale qui ne l’effraie donc pas, au point d’être partie récemment en Chine. Du 10 au 18 juillet dernier, Elodie Rama est allée représenter la scène nantaise à l’autre bout du monde. « Un cadeau inespéré », confie la trentenaire dans les colonnes du Ouest-France avant son départ au début du mois. La question du métissage, si chère à l’artiste, fait plus que jamais résonance.