Vendredi 27 janvier 2017, dans les beaux quartiers du Louvre à Paris, 21h30. Le silence se fait dans la salle comble lorsque les lumières s’abaissent. Le défilé va commencer, et pas n’importe lequel. Il s’agit du premier défilé de la Maison ARG en collaboration avec Myriam Rahali et les ateliers Rahali qui ont entièrement conçus les pièces présentées.  Voici un compte-rendu du défilé et des rencontres faites lors de celui-ci.

Le défilé en lui-même était en plusieurs parties. La première partie présentait des pièces assez classiques mais aux associations de couleurs vives et aux détails originaux. Les mannequins ont ensuite laissé place à un jeune rappeur qui a surgit d’on ne sait où pour plusieurs morceaux. Bien que doté d’un talent certain, le public attendait le retour des mannequins avec une impatience croissante. Après son passage, le défilé reprend avec cette fois-ci un duo de danseurs hip hop pour mettre en scène le défilé. Les danseurs, chacun leur tour, suivent les mannequins avançant sur le catwalk, comme frappés par leur beauté. Entre deux passages, les danseurs, en alternance, livrent des solos assez impressionnant. Cette seconde partie présentait des pièces toutes aussi colorées mais exacerbant plus la féminité. Arrive enfin le final avec la pièce maîtresse de la ligne, une longue robe bustier pour une mariée disco et le passage de tous les mannequins.

Ce premier défilé pour la maison ARG et les ateliers Rahali mais aussi pour certains mannequins, le défi a été relevé.

La ligne créée par Myriam Rahali met en avant plusieurs facettes de la femme, reflet aussi de plusieurs influences. On peut y voir la femme sensuelle mais toute en puissance, un peu dans cet esprit années 1980 du power dressing*, combinant des coupes tailleurs à des tissus brocards aux motifs fleuris et aux couleurs vives.

On retrouve aussi un esprit très 1970/disco avec notamment dans les coups de cœur, une longue robe brillante très Diana Ross. On peut aussi déceler la candeur et la douceur avec les robes courtes et droites très babydoll des années 1960.

Avant le défilé, les répétitions s’enchaînent et en backstage, c’est une véritable fourmilière. De nombreuses petites mains s’affairent autour des mannequins pour les préparer, les maquiller, les coiffer, chacune en accord avec sa tenue. On ne s’en rend pas compte mais l’équipe est nombreuse et le travail bien souvent titanesque.

Pendant les préparatifs, Jeanne, qui défile pour la robe finale et Belhassen Abassi ont pris de leur précieux temps pour nous parler de leur expérience et leur ressenti juste avant l’heure fatidique.

  • Peux tu te présenter et nous dire depuis combien de temps tu es dans le milieu?

Je m’appelle Jeanne et je suis modèle photo/mannequin depuis un an, un an et demi. Je travaille avec Destiné, le créateur de la Maison ARG depuis deux mois. C’est très streetwear, j’aime beaucoup le style. Pour ce défilé, avec les ateliers Rahali, c’est beaucoup plus élégant et féminin, très robes, princesse avec des infuences ethniques. ça va être très sympa!

  • Que ressens tu à l’instant, juste avant le défilé?

Je suis un petit peu stressée! Surtout que j’ai une très longue robe et il ne faut pas que je me prenne les pieds dedans. Après je sais que tout vas bien se passer et j’ai hâte!

  • Que ressens-tu en portant les créations de la marque?

Pour ce défilé, il y a beaucoup de robes, c’est pailleté, ça fait très princesse.  On se sent pousser des ailes, j’aime beaucoup.

  • Quelles sont les qualités importantes pour être une bonne mannequin?

Il y a  des attitudes à adopter: se tenir bien droit, avoir un regard haut et droit mais le plus important, il faut avoir confiance en soi et être sûr de ce que l’on dégage, tout simplement.

  • Quels sont tes conseils à donner pour les autres qui veulent se lancer, vis à vis de ton expérience, bonne ou mauvaise?

Lancez-vous! Après je touche du bois, je n’ai pas eu de mauvaises expériences. Mais oui, lancez-vous.  Je rêve de faire ça depuis longtemps, depuis mes 16 ans et je n’ai commencé que là, récemment et aujourd’hui j’en ai 26 ans. J’ai mis du temps mais je l’ai fait. Qui ne tente rien n’a rien, je le dis toujours. Il faut se lancer dans ses rêves et les vivre à fond.

  • Que nous réserves-tu pour 2017? On a le droit à des petites  exclusivités? 

Beaucoup de choses! J’ai pas mal de shootings prévus avec Destiné pour la Maison ARG après, ça va être à l’international. On va voir où exactement mais on y travaille!


  • Peux-tu te présenter et parler de ton parcours?

Alors je m’appelle Belasen Abbasi. J’ai 26 ans. Je suis diplomé de STAPS fac de sport. J’ai enchaîné plein de petits boulots mais le système économique actuel ne m’a vraiment pas plu. J’avais besoin de plus d’honnêteté et d’humanité. Je me suis retrouvé chez ARG suite à une annonce et j’espère acquérir mon expérience auprès d’eux. Mon rêve est de changer la vision de l’artistique que je trouve trop plate.

  • Depuis combien de temps es-tu dans le mannequinat?

Alors je débute mais depuis tout petit je regarde des films de cow-boy, cinéma américain à l’ancienne. ça m’a donné envie de jouer devant mon miroir, je défilais dans ma chambre comme les gosses mais ça reste entre nous! (rires). L’annonce ARG qui m’a fait intégrer l’équipe stipulait bien qu’aucune expérience était requise. J’ai tenté le coup et ils ont aimé mon profil, puis je me suis senti à l’aise avec l’équipe. Du coup là, c’est ma troisième expérience dans le mannequinat avec eux.

  • Justement, qu’est-ce qu’il te plaît dans cette marque et dans la collection?

Alors tout simplement, on revient à ces notions d’humanité, de vrai. Ce que j’apprécie, c’est que c’est une jeune créatrice d’à peine 28 ans, qui se débrouille seule avec ses propres moyens. Elle fait tout à la main, elle a du génie et son travail, bien que simple s’approche de la Haute Couture. J’ai toujours voulu bosser avec des personnes qui me reflètent et cette marque, dans le tissu, dans le dessin, dans la production, cela représente la créatrice elle-même. Je ne m’y connais pas spécialement en Haute Couture mais je ressens cette humanité, cette passion et voilà pourquoi je veux travailler chez eux, pour commencer.

  • Pour toi, qu’est-ce qui fait un bon mannequin?

C’est quelqu’un en adéquation avec ce qu’il présente, qui connaît son travail et a un petit plus. Ce n’est pas la définition globale car pour le milieu, il y a un genre prédéfini, ce sont des robots. Il faudrait mettre un peu plus du sien, de son vécu tout en respectant l’esprit du défilé, la manière de tenir son corps, la cadence. Il faut rajouter un peu d’épices, sa sauce personnelle, ce qui rajoutera plus de charme.

 


 

Après le défilé et après s’être faufilé entre les embrassades et les personnes félicitant les créateurs, Myriam Rahali a répondu à quelques une de nos questions:

  • Quel est votre parcours et comment en êtes vous arrivée à la couture?

Ma mère et ma tante sont couturières, c’est de famille. Après, j’ai toujours fait du sport depuis petite, je m’étais concentrée dessus j’étais athlète de haut niveau en jujitsu combat. J’avais envie de faire autre chose, de retrouver aussi la compicité avec ma mère et cette passion qu’on a en commun. Aujourd’hui je ne souhaite faire que ça!

  • Quelles sont vos inspirations? Comment imaginez vous vos pièces?

Alors la première partie est colorée, ethnique. Je suis d’origine marocaine et j’ai vraiment voulu faire un clin d’œil à ce pays que j’aime tant, que je trouve magnifique resplendissant et qui me caractérise car je suis une fille très joyeuse, folklorique; Je voulais partager ça. Après je fais aussi des tenues plus working girl, j’aime modeler la femme, qu’on puisse voir ses formes, que ce soit bien cintré. J’aime aussi les silhouettes longilignes.

  • Quels sont vos couturiers favoris qui vous ont inspiré mais aussi de manière générale?

Alors en premier, je mettrais Jean-Paul Gaultier! Ça se voit, je crois?  (rires) J’ai aussi Azzedine Alaïa. J’ai essayé de reprendre son travail des robes à godets. Bon, je ne suis pas encore à son niveau! Il y aussi Balmain, que je trouve exceptionnel. La dernière collection était très colorée, d’esprit ethnique mais sophistiqué, ce qui m’a beaucoup inspiré. Pour moi, ces couturiers sont vraiment des génies pour moi.

  • Comment vous sentez-vous, maintenant que le défilé est terminé?

Soulagée! C’est beaucoup de travail mais tout s’est très bien passé, les mannequins ont très bien géré alors que pour certaines c’était le premier défilé, le rap, les danseurs. J’aime ce dialogue entre ces différentes professions car il ne faut pas oublier que ce sont de véritables métiers.

  • Que prévoyez vous pour la suite? Quels sont vos futurs projets?

Dans un premier temps, on veut s’étendre à l’étranger et faire défiler cette collection à New York ou Los Angeles, on essaie de se placer dessus. En tant que jeune créateur, c’est très important d’aller voir ailleurs car c’est très difficile en France,  à Paris. Il y a beaucoup de concurrence et on le sait.

Il y aussi la volonté de faire des collections hommes car nous sommes en fusion, les ateliers Rahali avec la maison ARG.

« Desty » de la maison ARG, Jeanne dans la robe du final et Myriam Rahali qui a dessiné toute la collection.

Pour suivre l’aventure de ces jeunes créateurs:

Le site de la maison ARG / sa page facebook

La page facebook de Myriam Rahali