Comme en amour, en matière d’éducation, il faut des preuves.

On dit souvent qu’il n’y a pas d’amour ; seulement des preuves d’amour. En matière de coéducation, c’est pareil. Ce matin, une Secrétaire d’État, Nathalie Elimas, avait choisi Épinay-sur-Seine pour venir dans une école, à Romain Rolland pour rencontrer des enseignant.e.s.

Ni la Préfecture, ni la Direction départementale de l’Éducation nationale ni la mairie, pourtant informée depuis mardi matin, n’ont jugé bon d’associer ce « partenaire privilégié de la coéducation » que sont les parents. Les parents l’ont regretté d’autant plus que des inquiétudes majeures existent parmi l’ensemble des parents, d’une manière générale dans ce département, inquiétudes renforcées suite à l’année scolaire 2019/2020 tronquée pour cause de crise sanitaire majeure avec un rôle renforcé donné, de fait, aux parents.

Prévenus par un parent FCPE du groupe scolaire Romain Rolland de l’effervescence devant cette école, 3 parents FCPE d’Épinay sur Seine ont pu être reçus par un conseiller de la nouvelle Secrétaire d’État à l’éducation prioritaire, dont c’était la première sortie, en présence de Madame Cécile Tabarin, Directrice de Cabinet à la Direction départementale de l’Éducation nationale de la Seine Saint-Denis à Bobigny.

A trois, Marie-Pierre AGNES, Présidente de l’union locale de la FCPE et administratrice de la FCPE 93, Bastien AIMARD, parent d’élèves FCPE élu dans les conseils d’écoles du groupe scolaire Romain Rolland et moi comme membre de l’union locale FCPE et élu au Conseil d’administration du collège Évariste Galois, nous avons pu être reçus, à notre demande, par Thomas Leroux, Conseiller de la Ministre.

Au nom de l’union locale de la FCPE, nous avons porté un certain nombre de questions et de revendications des parents d’élèves auprès de l’Éducation Nationale et de la Ville pour que la rentrée 2020 soit réussie après une année scolaire 2019/2020 si perturbée. Les préoccupations majeures des parents portent sur le niveau scolaire et sur la sécurité sanitaire des enfants et des adultes qui les côtoient. Aussi, nous avons demandé :

  • Le remplacement des professeurs absents. Le rapport parlementaire sur les inégalités en matière d’éducation de 2018 a confirmé qu’un élève du 93 perd en moyenne une année de scolarité faute de remplacements.

Sur Épinay comme dans tout le 93, cette question reste sensible depuis 2007 malgré des recrutements en 2012/2013 qui ont été, pour la plupart, affectés aux créations de classes dans ce département à forte augmentation démographique. Pour exemple, l’école Romain Rolland maternelle d’Épinay sur Seine souffre depuis plusieurs années de nombreuses absences d’enseignant.e.s non remplacé.e.s. Parfois avec la moitié des effectifs enseignants.

Il est inconcevable que l’année 2020/2021 soit de nouveau « en pointillé ». La continuité scolaire doit être garantie :

  • La fourniture de masques gratuits pour les élèves. C’est le cas au collège et au lycée grâce au département et à la région. Nous demandons que ce soit également le cas en élémentaire. Le port du masque, s’il n’est pas obligatoire, doit être encouragé et les familles ne doivent pas être obligées de sacrifier d’autres postes de dépenses pour garantir la sécurité de leurs enfants. IL n’est pas question de devoir renoncer aux activités périscolaires sportives, culturelles, à l’étude, pour acheter des masques.
  • Une ATSEM (Agent Technique Spécialisé des Écoles Maternelles) par classe en maternelle, ce qui implique le remplacement systématique du personnel en cas d’absence (revendication vis à vis de la mairie) ce qui n’est pas le cas actuellement.
  • Un accès élargi au soutien scolaire, aux stages de révisions et à tous les dispositifs d’accompagnement à la scolarité, de l’élémentaire au lycée. Ceux-ci doivent être intensifiés, l’offre doit être suffisante et diversifiée et les tarifs accessibles pour toutes les familles,
  • La crise sanitaire du COVID-19 a privé les enfants d’enseignement de la natation, ceci après que la piscine d’Épinay sur Seine ait été fermée plusieurs mois pour travaux. Le savoir-nager est un élément fondamental pour lutter contre le risque de noyade. Nous demandons que le rattrapage des enseignements soit organisé afin qu’une génération ne passe pas à côté de cet engagement national en faveur de l’apprentissage de la natation, dans un département qui devrait accueillir les JOP 2024 et où plus d’un enfant sur deux ne sait pas nager,
  • Nous demandons un moratoire sur les fermetures de classes (4 sur Épinay sur Seine en « surveillance »). Le ministère ayant changé plusieurs fois de position au cours de l’été, des parents risquent de scolariser leurs enfants après quelques jours de classe pour être certains des bonnes conditions d’enseignement. Or les effectifs sont comptabilisés dès le 1er jour. Il est donc essentiel que les enfants soient présents ou officiellement excusés dès le 1er jour. Et que l’Éducation nationale ne soit pas que dans un rôle comptable,
  • Nous souhaitons connaître les scenarii prévus en cas de fermeture de classes liées à des cas de COVID-19 : comment la continuité pédagogique sera-t-elle assurée ? Comment les élèves seront équipés ? Les familles et les enseignants formés ? La rentrée 2020/2021 n’est pas une rentrée comme une autre. Les parents d’Épinay-Sur-Seine sont attentifs à la qualité de la réponse institutionnelle et de l’attention portée à leurs demandes.

Les 3 parents ont pu ensuite échanger avec l’inspecteur de l’Éducation nationale à Épinay sur Seine, Monsieur Guyot et avec le maire-adjoint à l’éducation, Daniel Le Danois.

En nous invitant, nous avons prouvé notre attachement à l’école publique. En nous excluant, le Ministère pensait sûrement renforcer les liens avec les parents ! Maintenant, nous voulons des preuves en ayant des réponses à nos demandes.

Mathieu Glaymann, citoyen engagé, parent d’élève