« […] Je suis contre cette loi qui vise à discriminer les plus précaires avec la création de facs élitistes et de facs « poubelles » ».

Aussi appelée loi ORE (loi relative à l’Orientation et à la Réussite des Étudiants), la loi Vidal rencontre l’opposition des étudiants qui se traduit par des blocus dans la France entière. On a voulu connaître l’objet de cette loi et comprendre l’opposition massive qu’elle provoque. Dans un premier temps, nous avons consulté le projet de loi disponible sur le site de l’Assemblée Nationale. Nous sommes ensuite allés à la rencontre des étudiants pour recueillir leurs avis.

Le projet de Loi

Dans un premier temps, Frédérique Vidal – ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation – nous explique que cette loi a été proposée en réaction à l’échec d’admission post-bac (APB), ainsi qu’au taux d’échec élevé en premier cycle de l’enseignement supérieur. Le gouvernement entend réformer le régime d’assurance maladie, mettre fin au tirage au sort, renforcer l’encadrement des lycéens ainsi que le dialogue entre les lycées et les universités. Ces mesures auraient pour but d’aider les étudiants à aller jusqu’au bout de leurs études. Jusque-là rien de bien méchant, donc.

La réforme de l’assurance-maladie

Cela fait quelques années que le système d’assurance maladie destiné aux étudiants est contesté. Les étudiants sont nombreux à affirmer avoir eu des problèmes avec leur couverture maladie au moins une fois dans leur cursus. Ainsi, le gouvernement a pour volonté de mettre fin à ces dysfonctionnements en généralisant le régime d’assurance maladie: les étudiants deviendront des assurés comme les autres.

Un parcours personnalisé

La réforme prévoit un suivi personnalisé des lycéens et des étudiants en fonction de leurs spécificités et de leur parcours, grâce à un accompagnement et des parcours de formation en adéquation avec le profil de chaque étudiant. Toutefois, deux questions se posent:

  • Est-ce réellement possible ?
  • Cette mesure ne limiterait-elle pas le choix des étudiants? Ne reviendrait-elle pas à les mettre dans des « moules », en les prédestinant d’avance à certaines formations?

A vous d’en juger !

La fin du tirage au sort

La loi Vidal entend bannir définitivement le tirage au sort, qui était jusqu’alors le mode sur lequel fonctionnaient les admissions à l’Université. Si le système a connu un échec incontestable, il reste à savoir par quoi il sera concrètement remplacé.

La préinscription

La préinscription, c’est en quelque sorte le point de départ des problèmes liés à cette loi. En effet, celle-ci prévoit une préinscription des étudiants aux formations désirées après qu’ils aient été informés de leurs contenus. Selon les prérequis du candidat et sa capacité d’accueil, l’établissement – ou l’autorité académique dans certains cas – se charge d’accepter ou non l’inscription du candidat à la formation.

Si ce système sélectif existe déjà au sein de plusieurs formations de l’enseignement supérieur, la loi prévoit de l’étendre, notamment aux formations à l’Université. De même, si aucune proposition d’inscription n’est faite à un candidat, l’autorité académique sera en droit de lui proposer une ou plusieurs formations que l’étudiant est libre d’accepter ou non.

La sélection

La sélection constitue le principal motif d’opposition à cette loi. En effet, une sélection peut être établie par les établissements d’enseignement supérieur selon les modalités du ministère. Il reste à savoir de quelles modalités il s’agit, bien que la sélection sur dossier reste l’option la plus envisageable.

La priorité aux meilleurs élèves

Les élèves ayant obtenu les meilleurs résultats au baccalauréat bénéficieront d’un accès prioritaire à toutes les formations de l’enseignement supérieur public, y compris aux filières dites «sélectives». Simple méritocratie ou atteinte à l’égalité des chances? Encore une fois, c’est à vous d’en juger.

Un quota d’étudiants boursiers

La loi prévoit un quota obligatoire, qui n’est pas précisé dans le texte, d’étudiants boursiers à accueillir dans chaque formation. Ce quota s’applique uniquement si la capacité d’accueil de l’établissement est insuffisante par rapport au nombre de candidatures. Cette mesure remet la discrimination positive et l’égalité des chances au centre du débat étudiant.

La contribution annuelle

Une contribution de 60€ pour le premier cycle d’enseignement supérieur, de 120€ pour le second et de 150€ pour le troisième est due par tout étudiant inscrit à une formation initiale. Cette contribution a pour but de financer les accompagnements culturels, sanitaires, sociaux et sportifs, ainsi que les opérations de prévention destinées aux étudiants. Elle sera due par tous les étudiants, sauf ceux bénéficiant d’une bourse à l’enseignement supérieur.

L’avis des étudiants

Et vous, pour ou contre la loi Vidal ? Votre avis nous intéresse!