Bleu-Blanc-Rouge

107703292Banlieusard et républicain, une réalité que beaucoup nient.

Le jeune de quartier doit être à l’image de son ghetto : violent, sexiste, homophobe, complotiste, drogué, alcoolisé, islamisé ou évangélisé.

Certes, cette description a une petite part de vérité. Néanmoins ce n’est évidemment pas une vérité absolue de ce que sont nos compatriotes noirs, maghrébins, d’Europe de l’Est et d’Asie du Sud-Est.

Cette majorité silencieuse qui aspire à faire vivre notre société avec la richesse de nos identités.

Seulement, la réalité est bien plus dure et complexe pour ces français d’apparence.

La négation de l’intolérance, du racisme et des discriminations qui peut le nier ? Personne, celui qui dit le contraire, est de mauvaise foi et/ou aveuglé par d’autres buts peu reluisant.

Qui n’aurait pas vu les pressions de groupes racistes et réactionnaires de gauche et de droite sur les pouvoirs politiques, les acteurs publics, sociaux et économiques sur l’accès des classes populaires « bleu-blanc-rouge » aux stages, à l’apprentissage, à l’embauche, à l’emploi, à la carrière, à l’accès aux biens et aux services, à l’accès à la santé et à l’attribution de logement notamment social.

L’apprentissage d’une langue étrangère, la non-venue d’une star du monde hip-hop à Verdun, les débats de la sélection française pour le Championnat des Nations européennes (EURO 2016), les critiques du film d’Yvan Attal (« ils sont partout ») traduisent une nouvelle fois ce fossé entre les damnées des banlieues et une certaine France. L’arbre qui cache la forêt de notre passé que nous arrivons à digérer et à transcender.

Le portefeuille des victimes n’évite pas le racisme et les discriminations.

Le mirage de 1998 « Black-Blanc-Beur » n’a jamais existé. Nous sommes « Bleu-Blanc-Rouge » car la nation française porte en elle un grand projet idéaliste de rassembler nos identités et nos différences en un collectif.

Notre peuple a toujours été métis. Notre pays est une communauté de citoyens où nous ne demandons pas d’où tu viens mais où va-t-il avec nous. Nous devons nous politiser et sortir de notre dépression collective. Nous avons un désir secret d’être reconnu en tant que français de cette République française.