Républicain et banlieusard

La légende dit qu’il est impossible de faire rimer « République » et « Banlieue ». Moi, je dis que nous pouvons lier les deux.

Liberté, Égalité, Fraternité ce sont des idéaux dépassés par les uns, et d’avenir pour les autres.

D’un côté, une partie des antiracistes dénoncent ces valeurs comme faisant partie de la France néocoloniale qui divise la communauté nationale en ethnie, en quartier, en couleur de peau, opposant les uns aux autres. En réaction, ils se renferment sur leurs identités excluant celles et ceux qui ont un privilège : l’homme blanc.

A l’opposé pour les assimilationnistes, les identités consument le pacte républicain. Il faut les laisser à l’uniformisation de gré ou de force. L’apprentissage, la langue, l’éducation, les codes sociaux, les mœurs et même le changement de patronyme servent à supprimer les différences. Tout doit disparaître pour ne laisser qu’un Français nouveau. Qui visent-ils ? Le noir et le maghrébin.

Je continue de croire, comme le dreyfusard Georges Clémenceau, que ce qui nous lie tous est bien « une même solidarité républicaine ».

Ceux qui lie les assimilationnistes et une partie des antiracistes, c’est l’éloge de l’hyper-individualisme et de l’auto-suffisance, le « séparés mais égaux en droits ». Chacun doit vivre sa vie de manière indépendante en fonction de ses appartenances sociales, culturelles, ethniques, religieux (ou non) et économiques.

Les identités deviennent meurtrières alors que celles-ci doivent faire République. Les deux camps convergent.

La France est une nation bâtie comme un corps humain. Nous sommes interdépendants comme nos organes. Nous sommes une communauté de citoyens avec comme chaque fois des remises en question sur notre histoire, sur comment faire nation. Et comme dirait le romancier Émile Zola « savoir si la France est encore la France des droits de l’Homme ».

Je crois en l’universel car c’est l’émancipation de tous. Antiraciste de tout bord, de gauche ou de droite, indépendant, autonome, et ce quelles que soient les formes que vous ayez, vous serez toujours nécessaires.
Mais ne vous laissez pas entraîner à la haine, à la sédition, aux communautarismes, aux racismes, aux discriminations, et à l’abandon de notre République. Ce sont bien certains citoyens animés par d’autres buts qui blessent, qui corrompent et qui minent la République.

Ma république est comme celle du philosophe Emmanuel Levinas « une adhésion à un idéal universel ». Du particulier à l’universel tout simplement, je suis un banlieusard républicain.