#MeTooInceste

La femme que je suis devenue a été rythmée par cette victoire. La parole a été libérée en mars 2015 à la cour d’assises de Bobigny :

La présidente juge :
« monsieur…, vous avez été reconnu coupable de viols sur mineur.e.s de moins de 15 ans. Vous êtes condamné à une peine de 10 ans ferme et une interdiction d’exercer une profession qui vous mettrait en contact avec des mineurs de moins de 18 ans à vie. Cette condamnation est immédiate, veuillez passer dans le box des accusés … » (bruits de menottes)

La procureure :
 » Ils avaient 3 ans, 2 ans, 9 ans, 6 ans, 5 ans et 10 ans. Ils rêvaient de chevaliers, de châteaux et de princesses et tous ces enfants, aujourd’hui devenus adultes se battent pour récupérer leur dignité et leur enfance volée. Je réclame la peine maximale de 15 ans de réclusion criminelle…. « 

L’avocat de la défense :
 » Mon client ne devrait pas être seul sur le banc des accusés… »

Interpole l’a retrouvé grâce à nos témoignages. Il sévissait en Asie après son départ et nos menaces. Il était mon beau-père, j’ai vécu 10 ans avec lui. Je me suis mise à dos ma famille, mon grand-frère en est mort (paix à son âme) rongé par la haine. L’école savait, le collège savait, le lycée savait, on nous a tourné le dos et malgré cela j’ai continué à me battre car je ne pouvais accepter que ce qui m’était arrivé puisse arriver à un autre enfant sur cette planète.

Ceux qui ferment les yeux sont autant coupables que les bourreaux eux-mêmes.

Vous n’êtes pas seul.e.s, je serais toujours là pour vous renseigner et vous accompagner, vous pouvez compter sur moi. Il n’est plus question de courage, il est question de dignité, de compassion et de fraternité.

Puisse le très haut vous donner la force de briser le silence car c’est lui qui m’a donné cette force et non cette fatalité.

Je m’appelle MANELA VESAPHONG, et je suis encore debout. Que ce nom vous aide à vous relever et à briser le silence.

Bien à vous,

Manela VESAPHONG

*Photo par Manela Vesaphong