Le 14 Février s’ouvrait l’exposition de Letizia et Shobha Battaglia à la Maison de la Culture d’Amiens. Ces photographes italiennes, mère et fille, dans un style presque entièrement semblable, dépeignent une société de l’extrême, entre la grande pauvreté et l’immense richesse, le tout sous fond de conflits sanglants.

Letizia Battaglia, mariée à 16 ans, quitte tout du jour au lendemain pour s’adonner à la photographie. A travers des clichés élégants en noir et blanc, elle représente la ville de Palerme dans les heures sombres de la mafia. Mais au-delà de la critique évidente du pouvoir de la mafia, Letizia Battaglia veut aussi capturer la beauté de Palerme, une beauté ambiguë car violente de contrastes. « Pour moi la photographie n’est pas seulement devenue une forme de dénonciation, avec mon appareil photo je peux capter la beauté, la poésie ».

Letizia Battaglia s’apprête d’ailleurs à inaugurer un centre international de la photographie à Palerme.

Sa fille Shobha Battaglia n’est pas en reste avec des photographies tout aussi élégantes, mais qui mettent plutôt l’accent sur le côté « bling-bling » de l’Italie, sur la richesse des familles mafieuses, fondée sur le crime et la violence. Parfaitement complémentaires sur ce point, mère et fille dénoncent tout en montrant la beauté étrange de ces villes dominées par quelques familles influentes. Comment ne pas trouver cette photo de jeune fille sautant dans sa piscine privée pleine de gaieté et d’insouciance, alors qu’elle fait justement partie d’une de ces familles ?

Shobha Battaglia a par ailleurs déjà remporté le Word Press Photo Award à deux reprises, en 1998 et en 2002.

Mais tous les prix du monde ne suffiraient pas à décrire le talent de ces deux photographes : il faut aller les voir… Et vite ! Car il ne vous reste plus que deux jours pour en profiter.